WEC Qatar reporté : les GP de Bahreïn et d'Arabie saoudite menacés

Paddock|
Voitures WEC en course au Circuit International de Lusail au Qatar

La FIA reporte la manche WEC du Qatar suite au conflit au Moyen-Orient. Imola ouvre la saison. Les GP F1 de Bahreïn et d'Arabie saoudite sous surveillance.

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Camille M

Camille M est une passionnée de Formule 1 depuis son plus jeune âge et qui souhaite partager sa passion au plus grand nombre.

La première victime du conflit au Moyen-Orient dans le monde du sport automobile est tombée. La FIA a officiellement reporté les Qatar 1812km, manche d'ouverture du Championnat du Monde d'Endurance (WEC) 2026, initialement prévue du 26 au 28 mars au Circuit International de Lusail. Une décision lourde de conséquences qui pose désormais la question du maintien des Grands Prix de Formule 1 à Bahreïn et en Arabie saoudite en avril.

Le WEC contraint de reporter son ouverture de saison

L'épreuve phare qui devait lancer la saison 2026 du WEC ne se tiendra pas comme prévu. Après des jours de discussions entre la direction du WEC et la Fédération Qatarienne du Sport Automobile et Motocycliste (QMMF), la décision a été prise de repousser la course à une date ultérieure.

Le communiqué officiel de la FIA ne laisse aucune place au doute : la sécurité prime sur tout le reste. La direction du WEC a été « en dialogue constant avec la QMMF à la lumière de la situation géopolitique actuelle et évolutive au Moyen-Orient ». Le Prologue prévu les 22-23 mars au même circuit a également été annulé.

Le conflit Iran-États-Unis bouleverse la région

La situation fait suite aux frappes coordonnées des États-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, qui ont provoqué des représailles iraniennes massives. Des frappes de missiles ont touché le Qatar, le Koweït, Bahreïn, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, visant notamment des bases militaires américaines dans la région.

Des explosions ont été rapportées à Doha, à seulement une trentaine de kilomètres du Circuit International de Lusail. La base navale de la Cinquième Flotte américaine à Manama, à Bahreïn, a également été touchée. En conséquence, la plupart des pays du Moyen-Orient ont fermé leur espace aérien, perturbant considérablement la logistique du sport automobile mondial.

Imola reprend le flambeau comme manche d'ouverture

Avec ce report, c'est désormais les 6 Heures d'Imola, en Émilie-Romagne (Italie), qui ouvriront la saison WEC 2026, du 17 au 19 avril. Le CEO du WEC, Frédéric Lequien, a confirmé que la course au Qatar serait reprogrammée dans la seconde moitié de la saison 2026.

Le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, a déclaré que « la sécurité et le bien-être de notre communauté seront toujours la première priorité de la FIA ». Pierre Fillon, président de l'Automobile Club de l'Ouest (ACO), a quant à lui souligné que « dans de tels moments, les intérêts sportifs passent clairement au second plan ».

La F1 sous haute surveillance : Bahreïn et Djeddah en question

C'est maintenant vers la Formule 1 que tous les regards se tournent. Les Qatar 1812km étaient l'une des trois épreuves FIA majeures programmées dans la région dans les semaines à venir, avec le GP de Bahreïn prévu le 12 avril et le GP d'Arabie saoudite le 19 avril.

La F1 a tenté de rassurer en soulignant que ses trois prochaines courses se déroulent en Australie, en Chine et au Japon, loin de la zone de conflit. Mais l'inquiétude grandit quant au maintien des manches moyen-orientales d'avril. Comme l'a rapporté notre article sur la déclaration de Ben Sulayem, la FIA « continue de surveiller les développements dans la région ».

Un test pneus pluie de Pirelli, prévu samedi à Bahreïn avec Mercedes et McLaren, a d'ores et déjà été annulé. Nyck de Vries, pilote d'essais McLaren, est même resté bloqué à Bahreïn après les frappes, témoignant de la gravité de la situation sur place.

Le GP d'Australie maintenu malgré les perturbations

Si la situation au Moyen-Orient a semé le chaos logistique, le GP d'Australie 2026, prévu ce week-end à Melbourne, n'est pas menacé. La fermeture des aéroports de Dubaï et de Doha a toutefois contraint jusqu'à 1 000 membres du personnel F1 à réorganiser leurs vols.

Travis Auld, directeur général du GP d'Australie, s'est montré confiant en assurant que « tout a été réglé, tout le monde sera là et les fans ne remarqueront aucune différence ». Nous avions d'ailleurs déjà analysé les circuits qui pourraient remplacer Bahreïn et Djeddah si la situation devait se dégrader davantage.

Et maintenant ?

La décision de reporter le WEC au Qatar constitue un précédent important. Elle met en lumière la fragilité des calendriers sportifs internationaux face aux crises géopolitiques. Pour la Formule 1, les prochaines semaines seront déterminantes : si le conflit au Moyen-Orient ne s'apaise pas, les GP de Bahreïn et d'Arabie saoudite pourraient subir le même sort.

La FIA a promis de communiquer régulièrement sur l'évolution de la situation. Une chose est sûre : la sécurité des pilotes, des équipes et des fans restera le critère numéro un dans toute prise de décision.