Le monde du sport automobile retient son souffle. Alors que le conflit au Moyen-Orient s'intensifie après les frappes américano-israéliennes sur l'Iran, le président de la FIA Mohammed Ben Sulayem a publié un communiqué officiel exprimant sa solidarité avec les victimes et détaillant la position de la fédération internationale.
Une escalade militaire qui touche directement la F1
Samedi 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une opération militaire conjointe contre l'Iran. En représailles, l'Iran a riposté en frappant des bases militaires américaines dans plusieurs pays de la région, dont Bahreïn, l'Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis — autant de pays qui accueillent des Grands Prix de Formule 1 au calendrier 2026.
Les conséquences ont été immédiates pour le paddock. Le test de pneus pluie de deux jours prévu par Pirelli sur le Bahrain International Circuit a été annulé pour raisons de sécurité. Mercedes et McLaren avaient mis à disposition des voitures « mules » pour ces essais, et plusieurs employés se sont retrouvés bloqués sur place, dont Nyck de Vries, pilote d'essais McLaren.
Le communiqué de Ben Sulayem
Le président de la FIA, lui-même originaire des Émirats arabes unis, a partagé un communiqué sur les réseaux sociaux dans lequel il appelle au calme et à la protection des civils :
« En tant que président de la FIA, mes pensées vont à toutes les personnes touchées par les récents événements au Moyen-Orient. Nous sommes profondément attristés par les pertes humaines et soutenons les familles et communautés touchées. En ce moment d'incertitude, nous espérons le calme, la sécurité et un retour rapide à la stabilité. Le dialogue et la protection des civils doivent rester la priorité absolue. »
Ben Sulayem a également précisé que la FIA reste en contact étroit avec ses clubs membres, les promoteurs, les équipes et le personnel sur place, assurant un suivi prudent et responsable de la situation.
« La sécurité et le bien-être guideront nos décisions alors que nous évaluons les prochains événements prévus pour le Championnat du monde d'endurance FIA et le Championnat du monde de Formule 1. Notre organisation est bâtie sur l'unité et un objectif commun. Cette unité est aujourd'hui plus importante que jamais. »
Quel impact sur le calendrier F1 2026 ?
La F1 a elle aussi réagi rapidement pour rassurer. Un porte-parole a déclaré : « Nos trois prochaines courses sont en Australie, en Chine et au Japon, pas au Moyen-Orient — ces courses ne sont pas avant plusieurs semaines. Comme toujours, nous surveillons de près ce type de situation et travaillons en étroite collaboration avec les autorités compétentes. »
Malgré ces assurances, les interrogations restent nombreuses. Le GP de Bahreïn est programmé le 12 avril et celui d'Arabie saoudite le 19 avril, soit dans environ cinq semaines. L'espace aérien de plusieurs pays de la région, dont Bahreïn et les EAU, reste actuellement fermé, perturbant les liaisons aériennes et les plans de voyage du personnel F1. Le Qatar a d'ailleurs suspendu tous ses événements sportifs suite aux frappes iraniennes.
Le GP d'Australie maintenu sans inquiétude
Bonne nouvelle pour les fans impatients de voir les nouvelles monoplaces 2026 en action : le GP d'Australie, qui ouvre la saison le 8 mars à Melbourne, n'est pas menacé. Les équipes sont déjà présentes sur le sol australien, même si certains membres du personnel ont dû modifier leurs itinéraires de voyage pour éviter les escales au Moyen-Orient.
Ce n'est pas la première fois que la F1 se retrouve confrontée à des tensions géopolitiques dans cette région. En 2022, une frappe de missile avait touché une installation Aramco près du circuit de Djeddah alors que les voitures étaient en piste lors des essais libres. En 2011, le Grand Prix de Bahreïn s'était tenu sur fond de révolte populaire et d'affrontements avec les forces de sécurité.
La situation au Moyen-Orient évolue d'heure en heure. La FIA et la F1 surveillent attentivement les développements avant de prendre toute décision concernant les manches prévues dans la région. Une chose est certaine : la sécurité de toutes les personnes impliquées restera le critère déterminant.






