La révélation bouleversante de Jean Todt : Senna rêvait de Ferrari
Il s’agit sans conteste de l’une des révélations les plus marquantes de ces dernières années dans l’histoire de la Formule 1. Dans le podcast High Performance, Jean Todt, ancien directeur général de la Scuderia Ferrari, a levé le voile sur les détails d’une rencontre secrète avec Ayrton Senna lors du Grand Prix d’Italie 1993, à Monza. Une discussion nocturne de trois heures, dont l’issue aurait pu infléchir le cours de l’histoire du sport automobile.
« Le premier pilote de rêve avec lequel j’ai discuté fut Ayrton Senna, lors du Grand Prix de Monza en 1993 », a confié Todt. « Il est venu dans ma chambre et nous avons passé une partie de la nuit à évoquer son éventuelle arrivée chez Ferrari. Il désirait nous rejoindre. »
Cette entrevue s’est déroulée à l’hôtel Villa d’Este, sur les rives du lac de Côme, dans un cadre presque romanesque. Un décor propice à une conversation dont les deux hommes ne soupçonnaient pas encore l’impact décisif sur l’avenir du triple champion du monde brésilien.
Ferrari en 1993 : une équipe au bord du gouffre
Pour saisir toute la portée de cette rencontre, il convient de replacer Ferrari dans son contexte de l’époque. En 1993, la Scuderia n’est plus que l’ombre d’elle-même. Son dernier titre constructeurs remonte à 1983, et son dernier sacre chez les pilotes date de 1979. Une décennie de disette. Les ingénieurs se renvoient mutuellement la responsabilité des échecs, les départements châssis et moteur ne collaborent guère, et les performances en piste sont désastreuses.
C’est dans ce climat de crise que Luca Cordero di Montezemolo recrute Jean Todt, qui venait de passer douze années chez Peugeot Talbot Sport. Todt prend ses fonctions le 1er juillet 1993. Trois mois plus tard à peine, il se retrouve face à Ayrton Senna pour une discussion dont l’issue aurait pu tout bouleverser.
« Ferrari traversait une période extrêmement difficile et cherchait désespérément quelqu’un capable de redresser la situation », a-t-il rappelé. « Tout le monde me disait : N’y va pas. Tu ne tiendras pas plus de deux ans. »
La nuit où l’Histoire a failli basculer
De son côté, Senna avait toutes les raisons de songer à un départ. Depuis 1992, Williams dominait la Formule 1. Nigel Mansell, puis Alain Prost – son grand rival – s’étaient emparés des deux titres consécutifs au volant de la FW14B et de la FW15C. McLaren, l’écurie du Brésilien, ne pouvait plus lui offrir une monoplace compétitive.
Lorsque Todt arrive chez Ferrari, Senna perçoit immédiatement l’opportunité. Les pourparlers avaient en réalité débuté dès août 1992 et s’étaient concrétisés en mars 1993 – bien avant même que Todt n’occupe officiellement son poste à Maranello. Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que Senna flirtait avec l’idée de rejoindre la Scuderia : en 1991, avec le soutien de Cesare Fiorio, il était allé jusqu’à signer un avant-contrat.






