Jean Todt, l'homme qui a dit non à Red Bull
Certaines décisions marquent à jamais l'histoire d'un sport. En 2009, au terme d'une décennie flamboyante chez Ferrari, Jean Todt s'est vu proposer une offre susceptible de tout bouleverser : Dietrich Mateschitz en personne lui suggérait de prendre les rênes de Red Bull Racing et de superviser l'ensemble des activités sportives de l'empire autrichien. La réponse du Français fut sans équivoque : non.
Cette confidence, confirmée par Todt lui-même, illustre avec éloquence les arcanes de la Formule 1, où se jouent des négociations aussi discrètes que décisives. Elle soulève également une interrogation vertigineuse : quelle aurait été la trajectoire de Red Bull Racing si Jean Todt en avait accepté la direction ?
Pourquoi Jean Todt a décliné l'offre de Mateschitz
La présidence de la FIA, une ambition plus vaste
En 2009, Jean Todt ne quittait pas Ferrari sans une ambition plus grande encore. Son regard se portait vers la présidence de la Fédération Internationale de l'Automobile (FIA), une institution dont l'influence dépasse largement le cadre d'une simple écurie. En octobre de la même année, il était élu à la tête de la FIA, succédant à Max Mosley. Un poste qu'il occupera pendant douze ans, jusqu'en décembre 2021.
Accepter l'offre de Mateschitz aurait signifié se cantonner au rôle de gestionnaire d'équipe, fût-elle prometteuse. Todt visait plus haut : régir l'ensemble du sport automobile mondial. La logique de ce refus s'impose d'elle-même.
Un héritage Ferrari difficile à surpasser
Après avoir bâti, aux côtés de Michael Schumacher, l'une des dynasties les plus impressionnantes de la Formule 1 – cinq titres constructeurs consécutifs entre 1999 et 2004 –, Todt mesurait parfaitement la difficulté de réitérer une telle domination au sein d'une autre structure. Quitter Ferrari pour rejoindre Red Bull, une équipe encore en pleine construction à l'époque, représentait un risque considérable pour son image et sa réputation, patiemment édifiées.
Red Bull en 2009 : une écurie à l'aube de sa domination
Avec le recul, il est tentant d'imaginer ce qu'aurait pu engendrer cette collaboration. En 2009, Red Bull Racing affichait certes des performances prometteuses, mais n'était pas encore la machine de guerre qu'elle allait devenir. C'est précisément à partir de 2010 que l'écurie de Milton Keynes entame sa première ère de domination, avec Sebastian Vettel remportant quatre titres mondiaux consécutifs sous la direction de Christian Horner et Adrian Newey.
Si Todt avait accepté, la structure hiérarchique aurait été radicalement différente. Horner ne serait peut-être jamais devenu le visage emblématique de l'équipe. Les dynamiques internes, les relations avec les pilotes, les choix stratégiques : tout aurait pu basculer.






