George Russell n'est pas dupe. Le pilote Mercedes a déclaré que Red Bull était « suspicieusement lent » lors du second test de pré-saison à Bahreïn, alimentant les soupçons d'un jeu de poker tactique de la part de l'écurie de Milton Keynes à quelques jours du lancement de la saison 2026.
Red Bull, de la domination au mystère
L'écurie dirigée par Laurent Mekies a fait forte impression lors de la première semaine d'essais à Bahreïn. Max Verstappen et Isack Hadjar ont enchaîné les tours, accumulant un kilométrage impressionnant avec la RB22 et le tout nouveau groupe motopropulseur Red Bull Ford Powertrains. Russell lui-même avait alors qualifié le moteur Red Bull de « pretty scary », estimant que la télémétrie révélait un avantage pouvant aller jusqu'à une seconde au tour en ligne droite grâce au déploiement d'énergie.
Mais lors de la seconde semaine, le rythme de Red Bull a mystérieusement chuté. Et c'est précisément ce contraste qui intrigue le Britannique.
Sept dixièmes perdus en une semaine : Russell n'y croit pas
S'exprimant devant les médias, Russell a livré une analyse sans détour de ce qu'il a observé durant les deux semaines de tests.
« Je pense que Red Bull était suspicieusement lent lors du second test, pour être honnête. Nous les considérions comme potentiellement les plus rapides lors du premier test, et d'après nos données, ils ont perdu sept dixièmes par rapport à eux-mêmes lors du second test. »
Le pilote Mercedes a ajouté que cette perte de performance ne correspondait pas à la dynamique générale du paddock :
« Nous-mêmes et Ferrari avons gagné quelques dixièmes avec de nouvelles améliorations sur la voiture. Donc je peine à comprendre comment ils ont pu perdre sept dixièmes en une semaine. »
Mercedes joue carte sur table, selon Russell
Contrairement à ce que Red Bull semble avoir fait, Russell assure que Mercedes n'a pas joué au poker durant la pré-saison. Le pilote de la W17 a insisté sur la transparence de l'approche de l'équipe de Brackley :
« De notre côté, il n'y a pas vraiment eu de poker stratégique. Nous avons été très constants dans nos plans de roulage au cours des deux semaines, restant assez stables sur les charges de carburant et les modes moteur. Nous n'avons pas modifié nos plans en cours de test en fonction de nos performances. »
Cette déclaration fait écho aux résultats sur la piste : Antonelli avait signé le meilleur temps de la semaine lors du premier test, et Mercedes a continué de figurer en haut des feuilles de temps durant la seconde semaine.
Un paddock dans l'expectative avant Melbourne
Les données de la pré-saison sont toujours à prendre avec précaution. Les charges de carburant, les modes moteur et les programmes de roulage varient considérablement d'une équipe à l'autre, rendant les comparaisons hasardeuses. Mais le contraste entre les deux semaines de Red Bull est suffisamment frappant pour alimenter les spéculations.
Le patron de Red Bull, Laurent Mekies, avait d'ailleurs reconnu que l'équipe avait « beaucoup de travail » devant elle, tout en se montrant confiant dans le potentiel de la RB22 et du moteur Red Bull Ford.
Andrea Stella, de son côté, place Ferrari et Mercedes devant McLaren et Red Bull après les essais, mais ces hiérarchies pourraient être complètement redistribuées dès le GP d'Australie.
Russell s'attend à un Red Bull très compétitif
Malgré ses soupçons, George Russell ne sous-estime pas la menace Red Bull. Bien au contraire :
« Je m'attends à ce qu'ils soient très forts, pour être honnête. Et c'est pourquoi nous sommes tous très impatients de voir comment cela va se dérouler. »
La réponse viendra dès ce week-end, lorsque les feux s'éteindront à Albert Park pour le GP d'Australie 2026. Martin Brundle estime d'ailleurs que Russell est « prêt » pour le titre, tandis que Juan Pablo Montoya prédit un scénario où Red Bull pourrait « dominer ou s'effondrer ». Une chose est sûre : le suspense est à son comble.






