Russell, le « roi du château » chez Mercedes
Et si 2026 était enfin l'année de George Russell ? C'est en tout cas ce que pense Martin Brundle, ancien pilote et analyste respecté de Sky Sports F1. À quelques jours du Grand Prix d'Australie qui ouvrira la saison le 8 mars prochain, le Britannique de 66 ans a livré une analyse élogieuse des chances de son compatriote.
« Je pense qu'il est prêt », a déclaré Brundle sur Sky Sports. « George a l'équipe derrière lui. Kimi [Antonelli] sera plus fort cette année dans l'autre voiture, mais George est complètement sorti de l'ombre de Lewis [Hamilton]. Il est le roi du château chez Mercedes-Benz. »
Le pilote de 28 ans, qui entame sa huitième saison en Formule 1, est actuellement le favori des bookmakers pour le titre des pilotes 2026. Et pour cause : la Mercedes W17 a impressionné lors des trois sessions d'essais hivernaux, entre le shakedown de Barcelone et les deux tests officiels à Bahreïn.
Une W17 qui fait peur à la concurrence
Les essais de pré-saison ont confirmé le potentiel de Mercedes dans cette nouvelle ère réglementaire. Lors du shakedown à Barcelone, la W17 a parcouru pas moins de 2 325 kilomètres en trois jours — une distance remarquable pour une monoplace construite selon un règlement entièrement nouveau. L'équipe travaillait déjà sur des simulations de qualifications et de course dès le troisième jour, un signe de maturité rare à ce stade.
À Bahreïn, Kimi Antonelli et George Russell ont signé un doublé Mercedes lors de la dernière journée du premier test, avec des temps en constante amélioration. Russell lui-même n'a pas caché sa satisfaction : « Nous avons quitté Barcelone avec un sentiment positif parce que la voiture a réagi comme nous l'avions prévu. »
Toto Wolff a confirmé ce ressenti : « C'est un soulagement que la voiture soit décente. Les pilotes sont assez contents, et au chrono, nous savons que nous ne sommes pas à des kilomètres. » Mercedes ambitionne clairement de mettre fin à quatre années sans être en lutte pour les titres, après avoir dominé la discipline de 2014 à 2021 avec huit titres constructeurs consécutifs. Andrea Stella, patron de McLaren, a lui-même placé Ferrari et Mercedes devant son écurie après les essais.
L'expérience forgée dans l'adversité
Ce qui rend l'analyse de Brundle particulièrement convaincante, c'est la reconnaissance du parcours semé d'embûches de Russell. L'ancien pilote rappelle les années difficiles chez Williams, puis l'arrivée chez Mercedes au moment précis où l'équipe cessait de dominer.
« Il a fait toutes ces années chez Williams, puis il est passé chez Mercedes juste quand ils ont arrêté de dominer. Il a fait le travail de fond », souligne Brundle. « Il a l'expérience, il a le contrôle de la voiture, et je pense qu'il commandera le respect au sein de l'équipe pour aider à piloter ce qui va être une année incroyablement changeante. »
Brundle a également établi un parallèle avec la saison précédente : « L'année dernière, on se demandait si Lando [Norris] et Oscar [Piastri] allaient craquer sous la pression de Max [Verstappen], et ils n'ont pas craqué. Lando a remporté le championnat, bien sûr. Je pense que George est dans une très bonne position face à ce défi. »
Antonelli, le coéquipier qui pousse vers l'excellence
Un facteur souvent sous-estimé dans l'équation Russell : la montée en puissance de Kimi Antonelli. L'Italien de 19 ans, qui entame sa deuxième saison en F1, n'est plus un rookie et affiche un talent immense. Mais loin de voir cela comme une menace, Brundle y voit un catalyseur.
« Je pense que son coéquipier Kimi Antonelli connaîtra également une excellente saison, mais George a toute la confiance dont il a besoin pour gagner des courses et aller remporter un championnat, si cela lui est possible. »
Et quand on lui demande si Russell saura gérer la pression interne, Brundle est catégorique : « Rappelez-vous, il a grandi dans l'ombre de Lewis Hamilton chez Mercedes, et il a géré cela, et finalement, lors de la dernière année où ils étaient coéquipiers, il a clairement battu Lewis. Donc, je n'ai aucun doute sur lui. » Rappelons que Théo Pourchaire a récemment rejoint Mercedes comme pilote de développement, preuve que l'écurie renforce ses rangs à tous les niveaux.
Une saison 2026 grand ouverte
Si Russell et Mercedes font figure de favoris, Brundle prévient toutefois qu'il n'y a « pas de favori clair » à ce stade. Ferrari, McLaren et Red Bull ont également montré des signes encourageants lors des essais hivernaux.
« Je vois Ferrari être forte, je vois les deux pilotes Ferrari être forts », a précisé Brundle. « Les deux pilotes McLaren seront également forts. La Red Bull a l'air vraiment solide, et nous savons à quel point le contrôle de la voiture de Max sera incroyable avec ces nouvelles monoplaces. »
Les nouvelles réglementations 2026, avec leur répartition 50/50 entre puissance thermique et électrique, l'aérodynamique active remplaçant le DRS, et des monoplaces plus légères et plus petites, redistribuent totalement les cartes. Max Verstappen a d'ailleurs vivement critiqué ces nouvelles F1, les qualifiant de « Formule E sous stéroïdes ».
Mais pour George Russell, cette révolution pourrait être exactement ce dont il avait besoin. Avec une Mercedes compétitive, l'expérience accumulée au fil des années et la confiance d'un homme qui a prouvé qu'il pouvait tenir tête aux meilleurs, le Britannique n'a peut-être jamais été aussi proche de son rêve de titre mondial. Rendez-vous à Melbourne le 8 mars pour le début des hostilités.






