Pirelli mise sur les pneumatiques les plus tendres à Miami et Montréal
Alors que la Formule 1 s’apprête à reprendre après une interruption inhabituelle, consécutive à l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite, Pirelli a officialisé ses choix de pneumatiques pour les deux prochaines manches du championnat. Les composés C3, C4 et C5 – respectivement durs, médiums et tendres – ont été retenus pour le Grand Prix de Miami (1er-3 mai) et celui du Canada, à Montréal (22-24 mai). Une décision identique pour ces deux épreuves, qui mérite pourtant une analyse différenciée tant les défis posés par chaque circuit sont distincts.
Ce choix de la gamme la plus tendre disponible en 2026 n’est pas anodin. Il marque également l’abandon définitif du composé C6, testé en 2025 mais finalement écarté en raison d’un écart de performance jugé insuffisant avec le C5. Mario Isola, directeur de Pirelli Motorsport, l’avait expliqué sans détour : « La différence de performance entre la C6 et la C5 est minime, de l’ordre d’un à un demi-dixième de seconde, et la C6 offre une performance optimale dans une fenêtre de fonctionnement plus étroite. » La gamme 2026 s’étend donc désormais du C1 au C5, avec des écarts de performance délibérément élargis entre les composés afin de favoriser la diversité stratégique en course.
Miami : la chaleur floridienne, principal défi des pneumatiques
Le circuit de Miami International Autodrome, tracé de 5,41 kilomètres installé autour du Hard Rock Stadium et composé de 19 virages ainsi que de trois zones DRS, impose des contraintes très spécifiques aux pneumatiques. Si la surface lisse de son asphalte limite l’abrasion mécanique, les températures élevées de Floride engendrent une dégradation essentiellement thermique. C’est précisément pour cette raison que Pirelli reconduit la même sélection qu’en 2025.
L’année précédente, cette configuration avait réservé une belle surprise : malgré l’utilisation des gommes les plus tendres de la gamme, l’usure était restée relativement maîtrisée. Les pneus n’avaient pas sombré immédiatement dans une « falaise thermique », permettant aux pilotes de maintenir un rythme soutenu dès les premiers tours. Le résultat ? Des duels roue contre roue intenses lors des phases d’ouverture de course, plutôt que la gestion prudente souvent observée sur les circuits thermiquement exigeants. Si cette tendance se confirme en 2026, le public floridien pourrait assister à un véritable sprint dès l’extinction des feux.
Il convient de souligner que Miami accueille le format Sprint pour la troisième saison consécutive, ce qui amplifie encore les enjeux pneumatiques. La gestion immédiate du pneu primera sur la conservation à long terme lors de la course courte du samedi, avant que les équipes ne doivent adapter leur stratégie pour le Grand Prix du dimanche.






