Le « Flying Finn » de retour sur le Circuit Paul Ricard
L’annonce fera sans nul doute battre le cœur des amateurs de sport automobile : Mika Häkkinen, double champion du monde de Formule 1 (1998-1999), reprendra le volant de sa mythique McLaren MP4/9 à l’occasion du KENNOL Grand Prix de France Historique 2026. L’événement se déroulera du 8 au 10 mai 2026 sur le Circuit Paul Ricard, et cette apparition s’annonce comme l’un des temps forts d’un week-end déjà riche en émotions et en souvenirs.
Pour les passionnés de Formule 1 des années 1990, voir le « Flying Finn » aux commandes de cette monoplace propulsée par un moteur Peugeot V10 représente bien plus qu’une simple démonstration. C’est une plongée dans une époque charnière du sport automobile, à l’aube des deux titres mondiaux consécutifs qui allaient consacrer Häkkinen comme une légende.
Le KENNOL Grand Prix de France Historique, un rendez-vous incontournable du patrimoine automobile
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cet événement, le KENNOL Grand Prix de France Historique est le seul rendez-vous en France à proposer de véritables courses de Formule 1 historiques. Chaque édition voit s’affronter près de 225 voitures de compétition, dont plus de 60 monoplaces de Formule 1 emblématiques, couvrant les décennies 1970 à 2010.
L’édition 2026 s’annonce particulièrement exceptionnelle : plus de 200 voitures engagées, réparties en sept plateaux et douze courses au programme. Entre animations thématiques, village exposant, espaces dédiés aux familles et podium en plein air, le Grand Prix de France Historique incarne une véritable célébration du sport automobile dans toute sa splendeur.
Cette année, l’événement rendra également un hommage particulier aux 30 ans de la victoire d’Olivier Panis au Grand Prix de Monaco 1996, dernier succès en Formule 1 pour une monoplace française sous les couleurs de Ligier, coïncidant avec les 50 ans de la marque en Formule 1. Jean Alesi, président du circuit, retrouvera quant à lui le volant de la Ferrari 412 T2, celle-là même avec laquelle il remporta sa seule victoire en Formule 1 au Grand Prix du Canada 1995 — la dernière monoplace de la discipline équipée d’un moteur V12.
Et comme si ce programme n’était pas déjà suffisamment alléchant, Esteban Ocon, actuellement pilote pour la Haas F1 Team, participera pour la première fois à l’événement dans le cadre de la démonstration F1 « Fast & Famous ».
La McLaren MP4/9 : une monoplace en avance sur son temps, malgré ses défauts
Conçue par Neil Oatley et engagée par l’écurie britannique lors de la saison 1994, la McLaren MP4/9 occupe une place singulière dans l’histoire de la marque. Elle fut en effet la première Formule 1 de McLaren à être propulsée par un moteur Peugeot, un bloc V10 atmosphérique développant environ 700 chevaux dans sa version initiale (le moteur A4), avant d’atteindre 760 chevaux avec le moteur A6 introduit en cours d’année.
Le châssis en carbone se distinguait par son caractère innovant pour l’époque, tout comme l’aérodynamique de la voiture, qui tranchait avec celle de ses concurrentes. Pourtant, en dépit de ces atouts techniques indéniables, la MP4/9 souffrait d’un défaut majeur : la fiabilité désastreuse de son moteur Peugeot, surnommé « grenade à main » par les observateurs en raison de ses défaillances répétées en essais, qualifications et courses.
« Comparée aux McLaren plus récentes, la MP4/9 fut une déception, n’ayant remporté aucune course — une première pour McLaren depuis 1980 — et entravée par une fiabilité médiocre ainsi que par les performances limitées du moteur Peugeot. »
Pourtant, lorsque la voiture parvenait à franchir la ligne d’arrivée, elle se révélait redoutable. Sur les 11 courses terminées, au moins un pilote inscrivait des points à neuf reprises, et parmi ces neuf résultats, huit se soldaient par un podium. Un bilan paradoxal pour une monoplace qui n’a jamais connu la victoire. McLaren et Peugeot terminèrent quatrièmes du championnat des constructeurs avec 42 points, avant de mettre un terme prématuré à leur collaboration.
1994 : l’année où Häkkinen s’est révélé aux yeux du monde
La saison 1994 reste l’une des plus tragiques et des plus marquantes de l’histoire de la Formule 1. Le Grand Prix de Saint-Marin avait endeuillé la discipline avec la disparition d’Ayrton Senna et de Roland Ratzenberger. Dans ce contexte douloureux, et avec l’entrée en vigueur de nouvelles réglementations interdisant les aides électroniques (suspension active, ABS, contrôle de traction), Mika Häkkinen entamait sa troisième saison en Formule 1 et sa première saison complète chez McLaren, aux côtés de Martin Brundle.
Son début de saison fut laborieux : abandons dus à des problèmes moteurs au Brésil, puis à une défaillance de la boîte de vitesses lors du Grand Prix du Pacifique. Mais la suite révéla déjà le futur champion. Il décrocha une troisième place au Grand Prix de Saint-Marin — celui-là même remporté par Michael Schumacher — avant d’enchaîner les podiums avec une régularité impressionnante. Au Grand Prix de Grande-Bretagne, il monta une nouvelle fois sur le podium malgré une collision en fin de course avec Rubens Barrichello.
Au total, Häkkinen inscrivit 26 points et termina quatrième du championnat des pilotes 1994, soit le meilleur résultat possible dans ces circonstances. Avec six podiums contre seulement deux pour Brundle, le Finlandais s’imposa comme le pilote de référence de l’écurie, « malgré un châssis perfectible », comme le soulignait alors la presse spécialisée.
L’ascension vers les sommets : de la MP4/9 aux deux titres mondiaux
Cette saison 1994, bien que marquée par les déboires mécaniques, fut en réalité le tremplin discret d’une carrière exceptionnelle. Häkkinen poursuivit son aventure chez McLaren, connut deux autres saisons sans victoire (1995-1996), avant de remporter enfin son premier succès au Grand Prix d’Europe 1997. Ce ne fut que le début d’une domination sans partage : les titres mondiaux de 1998 et 1999 consacrèrent définitivement le « Flying Finn » parmi les plus grands pilotes de l’histoire.
Au cours de sa carrière, il remporta 20 Grands Prix en 11 saisons, marquant les esprits par son élégance au volant et une vitesse pure qui forçait l’admiration de ses rivaux — Michael Schumacher lui-même le désignait comme son adversaire le plus redoutable.
Revoir Häkkinen aux commandes de cette MP4/9 sur le Circuit Paul Ricard, c’est donc bien plus que revivre un simple moment de nostalgie. C’est renouer avec les origines d’une légende, bien avant les McLaren argentées championnes du monde. Il y avait cette voiture au moteur Peugeot, imparfaite mais pleine de promesses, que le Finlandais domptait avec brio malgré ses caprices. C’est cette histoire, à la fois humaine et sportive, que le KENNOL Grand Prix de France Historique 2026 s’apprête à faire revivre.
Un événement à ne pas manquer du 8 au 10 mai 2026
Que vous soyez un inconditionnel de l’ère McLaren, un passionné des moteurs V10 atmosphériques ou simplement un amoureux de la Formule 1, le KENNOL Grand Prix de France Historique 2026 s’annonce comme un rendez-vous inoubliable. Entre l’hommage à Ligier et Olivier Panis, la Ferrari V12 de Jean Alesi, la démonstration d’Esteban Ocon et le retour tant attendu de Mika Häkkinen au volant de sa MP4/9, le Circuit Paul Ricard sera le théâtre d’un week-end d’exception.
Une occasion unique de voir, d’entendre et de ressentir toute la grandeur de la Formule 1 des années 1990 — à commencer par le rugissement d’un V10 de 700 chevaux lancé à pleine vitesse sur la ligne droite du Mistral.






