Miami Sprint : quand le système de détection de la FIA montre ses limites
L’un de ces incidents qui ternissent l’image de la Formule 1 s’est produit lors de la qualification sprint du Grand Prix de Miami 2026. Alex Albon a franchi les limites de la piste au virage 6 lors de sa dernière tentative en SQ1, sans que quiconque ne s’en aperçoive sur le moment. Résultat : le pilote Williams a accédé à la SQ2, reléguant Liam Lawson à la 17ᵉ place et anéantissant ses espoirs de poursuivre la session. Ce n’est qu’après l’intervention de l’écurie Racing Bulls, preuves vidéo à l’appui, que la FIA a réagi.
Le temps enregistré par Albon, un 1 min 30 s 988, lui avait permis de devancer Lawson de moins d’un dixième de seconde. Pourtant, ce tour était tout bonnement invalide. Depuis l’habitacle de sa VCARB 03, le pilote néo-zélandais, visiblement frustré, a résumé la situation sans détour, tandis que son équipe attendait avec anxiété les conclusions des commissaires, alors que la SQ2 était déjà en cours.
La vérité éclate en pleine SQ2
Le communiqué officiel des commissaires sportifs résume l’affaire avec une froideur procédurale déconcertante : « Durant la SQ1, la voiture n° 23 a clairement dépassé les limites de la piste au virage 6. Toutefois, cela n’a pas été signalé aux commissaires avant le début de la SQ2. » Une phrase qui en dit long sur les failles du système de détection en temps réel.
Au moment où l’alerte a finalement été donnée, Albon était déjà en piste pour la SQ2. Placés devant une situation inédite, les commissaires ont décidé d’invoquer l’article 11.7.1.a du Code Sportif International pour annuler le temps litigieux de la SQ1. Conséquence directe : l’ensemble des chronos réalisés par Albon en SQ2 ont également été supprimés. « La voiture n° 23 n’aurait pas dû accéder à la SQ2 ; par conséquent, tous les temps enregistrés lors de cette session seront annulés », ont précisé les commissaires.
Albon est ainsi passé de la 14ᵉ à la 19ᵉ place sur la grille de départ du Sprint. Liam Lawson, quant à lui, a récupéré la 16ᵉ position, accompagné de Carlos Sainz, Arvid Lindblad, Esteban Ocon et Sergio Pérez, tous décalés d’une place vers l’avant.
Le précédent Hulkenberg à Bahreïn 2025 : un scénario déjà vécu
Ce qui rend cette affaire particulièrement gênante pour la FIA, c’est qu’elle n’est pas sans précédent. En 2025, lors du Grand Prix de Bahreïn, Nico Hülkenberg avait lui aussi bénéficié d’une infraction aux limites de piste non détectée à temps, lui permettant de progresser en Q2. La victime collatérale de l’époque ? Alex Albon, éliminé pour seulement 0,042 seconde.
La FIA avait alors reconnu son erreur avec une franchise inhabituelle : « Malheureusement, dans ce cas précis, en raison du moment où la vérification a été effectuée, il n’a pas été possible d’agir avant le début de la Q2. Dès que nous avons eu connaissance de l’incident, nous avons pris les mesures nécessaires. Nous travaillons à l’amélioration de nos ressources et de nos systèmes. Dans cette situation, nous avons commis une erreur. » L’institution avait également expliqué que le virage 11 de Bahreïn n’avait pas été considéré comme une zone prioritaire pour la surveillance des limites de piste, admettant qu’il aurait dû l’être.






