Liam Lawson, une voix lucide au cœur d’une révolution réglementaire
Depuis le coup d’envoi de la saison 2026, une voix se distingue par sa franchise au sein du peloton : celle de Liam Lawson. Le pilote néo-zélandais de Racing Bulls n’hésite pas à pointer du doigt les lacunes d’une réglementation pourtant présentée comme l’avenir de la Formule 1. Entre optimisme affiché et critiques acerbes, il incarne mieux que quiconque les tensions auxquelles sont confrontées les écuries de milieu de grille face à ce bouleversement sans précédent.
La saison 2026 marque en effet le changement réglementaire le plus profond que la discipline ait connu depuis plus d’une décennie. Nouveau moteur hybride réparti à parts égales entre thermique et électrique, aérodynamique active, suppression du DRS, allègement des monoplaces de 30 kg… La F1 2026 a redéfini ses fondements de fond en comble, offrant théoriquement à chaque équipe l’opportunité de redistribuer les cartes.
« Ce n’est pas vraiment la course à laquelle j’ai été habitué »
Après les premiers Grands Prix à Melbourne et Shanghai, Lawson n’a pas mâché ses mots. Quinzième sur la grille en Chine, il a exprimé son malaise sans détour : « Le plaisir n’est pas au rendez-vous. » Une déclaration qui tranche avec les promesses d’un spectacle enrichi, avancées par les promoteurs de ce nouveau règlement.
Sa critique principale porte sur la nature même des dépassements engendrés par ces nouvelles monoplaces. « C’est excitant, certes, mais lorsqu’on comprend pourquoi ces dépassements surviennent, ce n’est plus tout à fait… Je ne sais pas, ce ne sont pas vraiment des dépassements, mais plutôt une question de gestion énergétique. » Pour Lawson, le pur talent cède désormais la place à une comptabilité méticuleuse de la batterie.
Le mécanisme, selon lui, est à la fois simple et brutal : « Un pilote utilise son énergie, puis, dans la ligne droite suivante, il n’en a plus et se fait doubler. Ce n’est pas la course à laquelle j’ai été habitué. » Une vision partagée par Max Verstappen, qui fustige lui aussi ces règles, estimant que les spectateurs qui les apprécient « ne comprennent pas ce qu’est véritablement la course automobile ». La différence réside dans le fait que Verstappen s’exprime depuis le sommet de la hiérarchie, là où les problèmes de la RB22, notamment ses 19 kg de surpoids, amplifient la frustration de Lawson.






