La victoire est loin d’être acquise pour Verstappen aux 24H du Nürburgring 2026 : Mercedes, BMW, Porsche et Audi prêts à lui barrer la route - Courses - Formule 1 FR - Formule 1 FR
La victoire est loin d’être acquise pour Verstappen aux 24H du Nürburgring 2026 : Mercedes, BMW, Porsche et Audi prêts à lui barrer la route
Max Verstappen fait ses débuts aux 24 Heures du Nürburgring 2026 au sein d'un quatuor d'exception. Mais la concurrence GT3 se montre féroce : Mercedes, BMW, Porsche et Audi sont à l'affût.
Denis D est un passionné de Formule 1 et un bloggeur amateur spécialisé en technique automobile.
Verstappen face à l'Enfer Vert : le défi ultime hors Formule 1
Max Verstappen, quadruple champion du monde de Formule 1, règne en maître sur la catégorie reine du sport automobile depuis plusieurs saisons. Pourtant, c'est en qualité de néophyte qu'il s'alignera pour la première fois au départ des 24 Heures du Nürburgring en 2026. Une aventure inédite, dans ce que les initiés surnomment « l'Enfer Vert », sur une grille de 161 voitures — la plus fournie depuis 2014 —, dont 41 GT3 en lice pour la victoire absolue.
Aux côtés du Néerlandais, au volant de la Mercedes-AMG GT3 Evo #3 de Winward Racing, prendront place trois spécialistes aguerris de l'endurance GT : l'Autrichien Lucas Auer, le Français Jules Gounon et l'Espagnol Daniel Juncadella. Un quatuor que beaucoup considèrent comme l'un des favoris. La concurrence, cependant, ne compte pas s'effacer devant la star de la Formule 1.
Comme l'a déclaré l'ancien pilote de F1 Timo Glock avec une pointe d'ironie teintée d'admiration lors de la conférence de presse : « Nous devons nous prosterner devant lui. » Interrogé sur ses attentes concernant la prestation de Verstappen, sa réponse fut sans ambiguïté : « Qu'il remporte la course. Pour ma part, je pense qu'il en a tout à fait les moyens. »
Team Verstappen : un quatuor forgé pour la victoire
Si Verstappen aborde cette épreuve en novice, ses coéquipiers, en revanche, n'ont plus rien à prouver sur ce type de compétition. Jules Gounon, en particulier, affiche un palmarès impressionnant : deux victoires aux 24 Heures de Spa, trois succès aux 12 Heures de Bathurst et une victoire de classe aux 24 Heures de Daytona en 2023. Il compte également un podium au Nürburgring — une expérience précieuse sur un circuit où chaque mètre revêt une importance capitale.
Daniel Juncadella, quant à lui, s'est illustré en remportant des titres dans la GT World Challenge Europe Endurance Cup et l'Intercontinental GT Challenge. Lucas Auer, familier du Nordschleife grâce à ses années en DTM et à ses récentes participations à la Nürburgring Langstrecken-Serie, parachève une formation solide.
Verstappen, pour sa part, n'est pas arrivé les mains vides. Il a obtenu son permis DMSB Nordschleife en 2025, remporté la NLS9 avec Emil Frey Racing et signé une victoire depuis la pole position en NLS2 avec sa propre Mercedes — victoire finalement annulée en raison d'un dépassement de l'allocation de pneus, l'une de ces cruelles ironies dont le sport automobile a le secret. Pour en savoir plus sur sa préparation ardue, consultez notre article sur Verstappen privé d'exemption de qualification aux 24H du Nürburgring.
La Mercedes #80 : l'adversaire à abattre
Lors de la première séance de qualifications, une Mercedes a dominé. Mais pas celle de Verstappen. C'est la Mercedes-AMG GT3 #80 de l'équipe RAVENOL, pilotée par Fabian Schiller, qui a réalisé le meilleur temps en 8:14.957 — soit 3,582 secondes de mieux que le temps de Verstappen (8:18.539). Une performance qui place d'emblée la #80 en rivale directe.
L'équipage de cette voiture est composé de Maro Engel, Maxime Martin, Fabian Schiller et Luca Stolz — la même formation qu'en 2025. Engel fait partie de la dernière équipe Mercedes à avoir remporté la victoire générale au Nürburgring, en 2016, et compte trois pole positions sur ce circuit. Martin, de son côté, aborde cette course avec une confiance renforcée : Mercedes-AMG mène le championnat IGTC grâce à sa victoire aux 12 Heures de Bathurst 2026, où Engel, Martin et Grenier ont dominé.
« Le podium à Daytona et la victoire à Bathurst m'ont donné une grande confiance avant cette épreuve », a déclaré Maxime Martin. Engel, quant à lui, se montre optimiste quant à la performance de la voiture : « Si la voiture se montre aussi rapide qu'elle en a l'air, c'est de bon augure. » Notons que Mercedes n'a plus remporté les 24 Heures du Nürburgring depuis 2016 — une disette de dix ans que la #80 entend absolument briser.
BMW Rowe Racing : les champions en titre en pleine confiance
Il est impossible d'évoquer le Nürburgring sans mentionner BMW. Le constructeur bavarois détient un record absolu avec 21 victoires générales sur cette épreuve, qui fête ses 55 ans d'existence. L'an passé, c'est le BMW M4 GT3 Evo de Rowe Racing, piloté par Raffaele Marciello, Kelvin van der Linde, Augusto Farfus et Jesse Krohn, qui s'est imposé devant 280 000 spectateurs.
Pour 2026, le BMW #1 de Rowe alignera trois des quatre vainqueurs de l'édition précédente — Marciello, van der Linde et Farfus — aux côtés de Jordan Pepper, venu remplacer Krohn. Une continuité qui constitue un atout indéniable. « Une performance absolument irréprochable et parfaite », avait résumé Andreas Roos, directeur de BMW M Motorsport, après la victoire de 2025.
Lors de la première séance de qualifications, le BMW #1 s'est intercalé entre les deux Mercedes, confirmant ainsi sa vélocité. La deuxième voiture de Rowe, la #99, sera pilotée par Sheldon van der Linde, Dries Vanthoor — double vainqueur du Nürburgring en 2019 et 2022 —, Max Hesse et Dan Harper. Sans oublier le BMW #77 de Schubert Motorsport, avec Marco Wittmann, Charles Weerts, Philipp Eng et Robin Frijns, qui concourra sur pneus Yokohama.
Porsche Manthey Grello : la revanche comme moteur
L'histoire du Grello — la Porsche 911 GT3 R aux couleurs jaune et vert de Manthey Racing — est indissociable du Nürburgring. L'équipe détient sept victoires générales sur ce circuit, à égalité avec Phoenix Racing pour le record absolu parmi les écuries. En 2025, ils avaient franchi la ligne d'arrivée en tête, avant d'être déclassés.
Kévin Estre avait en effet écopé d'une pénalité de 100 secondes à la suite d'une collision avec l'Aston Martin #179, privant Manthey d'une victoire méritée sur la piste. Cette frustration, l'équipe et ses pilotes la portent en eux pour 2026. L'équipage est composé d'Estre — qui a signé le meilleur temps de la Q1 en 8:12.741 —, d'Ayhancan Guven et du champion DTM 2023 Thomas Preining.
« Avec Kevin, Ayhancan et Thomas, nous nous appuyons sur des pilotes expérimentés. Nous collaborons ensemble depuis longtemps, et je crois que cette continuité représente un avantage certain », souligne Patrick Arkenau, directeur des courses de Manthey. Cette année marque par ailleurs le 30ᵉ anniversaire de l'équipe, et le Grello célèbre sa dixième saison dans cette livrée iconique — avec une décoration spéciale mêlant éléments historiques et modernes.
Audi Scherer Sport PHX : l'outsider déterminé
Christopher Haase est peut-être un nom moins médiatisé que certains de ses rivaux, mais son palmarès au Nürburgring parle de lui-même : deux victoires générales, en 2012 et 2014. Lors des qualifications des 24 Heures du Nürburgring 2026, Haase, Ben Green et Alexander Sims ont remporté la deuxième course qualificative au volant de l'Audi R8 LMS GT3 #16 de Scherer Sport PHX, avec une avance de 28 secondes.
Plus tôt dans l'année, lors de la NLS2, Haase avait livré un duel acharné contre Verstappen lui-même, prenant les commandes dès le premier tour et les défendant pendant une heure avant d'être dépassé. « C'est précisément le genre de duels pour lesquels nous vivons dans ce sport », avait déclaré Haase, qualifiant par ailleurs Verstappen de « très respectueux » sur la piste.
Même si le Team Verstappen aligne l'un des quatuors les plus compétitifs de la course, le Nordschleife possède sa propre logique — et elle ne se soumet à personne. Avec 161 voitures sur 25 kilomètres de tracé combiné, comprenant environ 73 virages officiels et 300 mètres de dénivelé par tour, les occasions de trafic, d'incidents et de surprises sont permanentes.
Le brouillard représente une menace particulière : il peut envelopper certaines sections du circuit tandis que d'autres restent dégagées, créant des conditions radicalement différentes d'un secteur à l'autre. Des drapeaux rouges pour cause de brouillard ont déjà interrompu des pans entiers d'éditions précédentes. Il n'existe pas de voiture de sécurité permanente au sens où on l'entend en F1 : les interventions sont gérées différemment, avec des zones code 60 qui complexifient encore davantage la stratégie.
L'imprévisibilité météorologique est totale : les quatre saisons peuvent théoriquement se succéder en un seul tour sur ce circuit traversant une forêt dense. Pour un débutant comme Verstappen — aussi talentueux soit-il —, cette dimension ajoute une couche de complexité que ses coéquipiers expérimentés devront impérativement gérer. Une aventure que certains comparent d'ailleurs à ce que Logan Sargeant imaginait pour Verstappen dans le monde de l'endurance — Sargeant était convaincu que Verstappen dominerait tout le monde en WEC.
Verstappen peut-il réellement l'emporter ?
La question est légitime. Mercedes n'a plus remporté les 24 Heures du Nürburgring depuis 2016, soit dix ans. BMW domine les statistiques historiques et revient avec ses champions en titre. Porsche brûle de prendre sa revanche après son déclassement de 2025. Quant à Audi, elle a prouvé, lors des qualifications, sa capacité à rivaliser avec Verstappen.
Pourtant, le contexte diffère de toute autre épreuve. L'arrivée de Verstappen a suscité un engouement commercial sans précédent : les billets pour le week-end se sont vendus en un temps record, une première dans l'histoire de l'événement, ne laissant que quelques places disponibles pour une journée. Le circuit a même invité les spectateurs à arriver tôt, confirmant qu'aucun billet ne serait vendu sur place le jour même.
Ce défi du Nürburgring s'inscrit dans une réflexion plus large sur les aventures de Verstappen hors F1 — un projet avec Ford pour les 24 Heures du Mans se précise également. Mais avant Le Mans, il y a d'abord 24 heures dans l'Enfer Vert. Et Timo Glock a tranché : « Je parie sur Max. » Une prédiction audacieuse — mais dans le sport automobile, l'audace a parfois des raisons que la prudence ignore.