Verstappen entre dans le vif du sujet à la Nordschleife
Le week-end des 24 Heures du Nürburgring 2026 a démarré sous les meilleurs auspices pour Max Verstappen. Le quadruple champion du monde de Formule 1 a signé le troisième temps de la première séance de qualifications avec un chrono de 8'18"539 sur la Nordschleife, au volant de la Mercedes-AMG GT3 EVO de Verstappen Racing qu'il partage avec Lucas Auer, Jules Gounon et Dani Juncadella.
Une entrée en matière solide pour l'équipage de la voiture n°3, qui s'était hissé en tête du classement à 55 minutes de la fin de la séance. Le temps de Verstappen est resté inégalé pendant une grande partie de la dernière heure, avant que la pluie ne vienne redistribuer les cartes dans les ultimes minutes.
Ce début de week-end confirme que la transition du Néerlandais vers les courses d'endurance prend forme, lui qui avait déclaré sans détour : « Le succès, ça voudrait dire gagner. C'est très simple, c'est pourquoi nous sommes ici. Je sais que ce ne sera pas facile, mais c'est l'objectif pour tout le monde. »
Le classement de la Q1 : Mercedes, BMW et Porsche aux avant-postes
C'est finalement la Mercedes n°80 de l'équipe Winward Ravenol, pilotée par Maro Engel, Maxime Martin, Fabian Schiller et Luca Stolz, qui a terminé en tête avec un temps de 8'14"957 signé par Schiller à 26 minutes du drapeau à damier. La BMW n°1 de ROWE Racing, avec Raffaele Marciello, Jordan Pepper, Kelvin van der Linde et Augusto Farfus, s'est intercalée entre les deux Mercedes avec un tour en 8'18"069.
Verstappen Racing complète donc le podium provisoire, à 3"582 du meilleur temps. La deuxième BMW de ROWE Racing (Dan Harper, Max Hesse, Sheldon van der Linde et Dries Vanthoor) pointe à la quatrième place avec 8'18"602, tandis que la Porsche 911 de Manthey Racing ferme le top 5 en 8'21"717.
Une chose est à noter : ces temps ne sont que partiellement représentatifs de la hiérarchie réelle. Cette séance baptisée "Qualifications 1" avait surtout pour vocation de permettre aux équipes de premier plan de prendre leurs marques, les drapeaux jaunes répétés ayant considérablement perturbé le roulage tout au long de la journée.
Un apprentissage méthodique sur l'Enfer Vert
Pour Verstappen, les premières minutes de la séance ont été consacrées à la mise en condition. Le Néerlandais a commencé prudemment, signant d'abord un tour de plus de neuf minutes alors qu'il était le premier à s'élancer sur le circuit. Un choix délibéré, en parfaite cohérence avec l'approche progressive qu'impose la Nordschleife.
Car le circuit est d'une complexité sans pareille : 25,378 km combinant la Nordschleife historique et le circuit Grand Prix, plus de 150 virages, des dénivelés spectaculaires et des sections étroites laissant peu de marge à l'erreur. Surnommé l'« Enfer Vert » par Jackie Stewart après le cauchemar qu'avait constitué le Grand Prix d'Allemagne 1968, le Nürburgring impose une humilité que même les meilleurs pilotes du monde ne peuvent ignorer.
La météo s'est d'ailleurs chargée de rappeler cette réalité dès la Q1. La pluie a progressivement gagné certaines portions de la Nordschleife en fin de séance, et de la grêle est même apparue dans la zone du virage 1, rendant tout chronométrage sérieux quasi impossible dans les dernières minutes. Une imprévisibilité climatique qui avait déjà joué un rôle déterminant dans les précédents passages de Verstappen sur cette piste.
Le format des qualifications : un parcours semé d'embûches
Contrairement au monde de la Formule 1, le système de qualification des 24 Heures du Nürburgring fonctionne de manière radicalement différente. La séance de jeudi avait pour objectif principal de départager les équipes qui se disputeront les places 50 à 161 sur la grille de départ de la course de samedi.
Les Top Qualifyings de vendredi constituent la véritable bataille pour les positions de tête. Quarante-quatre équipes, dont celle de Verstappen Racing, s'affronteront lors du TQ1 dès 10h15. En 30 minutes, les pilotes tentent de signer leur meilleur tour. Les 20 équipes les plus rapides avancent en TQ2, les 24 restantes étant définitivement fixées entre les places 26 et 49.
Le TQ2 introduit des contraintes supplémentaires : dans la catégorie SP9-PRO, des exigences de rotation de pilotes s'appliquent. Si Verstappen prend le volant lors du TQ1, il ne pourra pas participer au TQ2. Seules les sept équipes les plus rapides de cette deuxième manche accèdent au TQ3, une session d'une heure où douze équipes se battent pour la pole position.
L'ombre de la disqualification en NLS2
Le contexte dans lequel aborde Verstappen Racing ce week-end est particulier. Lors de la course NLS2, l'équipe avait dominé la compétition de bout en bout avant d'être disqualifiée : lors des contrôles techniques de routine, il s'est avéré que la voiture avait utilisé sept ensembles de pneus au lieu des six autorisés. Une erreur interne survenue lors des entraînements aux changements de pilotes et de pneus pendant les qualifications.
Christian Hohenadel, directeur de l'équipe Winward Racing, avait reconnu les faits avec franchise : « La disqualification est difficile à encaisser. Malheureusement, une erreur interne n'a laissé aucun autre choix aux commissaires que l'exclusion de la voiture victorieuse. »
Conséquence directe de cette mésaventure : Verstappen Racing n'a pas pu bénéficier de l'exemption de qualification habituellement accordée aux équipes ayant réalisé de bons résultats en NLS. L'équipage doit donc parcourir l'intégralité du processus qualificatif, ce qui n'est pas sans risque pour la position de départ finale.
Une compétition de très haut niveau
Si Verstappen Racing s'annonce comme l'attraction principale de cette 54e édition — les billets week-end ont été vendus pour la première fois de l'histoire de l'événement, un record sur 56 ans d'existence — la concurrence est particulièrement relevée.
BMW affiche ses ambitions avec ROWE Racing, fort d'un équipage qui inclut le champion IGTC en titre Kelvin van der Linde ainsi que Raffaele Marciello, Augusto Farfus et Jordan Pepper. La marque bavaroise totalise un record de 21 victoires sur cette épreuve. Une BMW que l'on sait capable du meilleur comme le confirme sa troisième place aux 12 Heures de Bathurst cette saison.
Portant de côté, Manthey Racing et sa Porsche 911 "Grello" constituent une autre menace sérieuse. L'équipe compte sept succès au palmarès, et le trio Kevin Estre, Ayhancan Güven et Thomas Preining — auteur d'une pole et d'une deuxième place l'an passé — est clairement venu pour reconquérir la victoire.
Sans oublier la propre voiture sœur de Verstappen Racing : la Mercedes n°80 de l'équipe Winward Ravenol, conduite par des spécialistes de la Nordschleife dont Maro Engel, vainqueur de l'épreuve en 2016. Cette configuration interne chez Mercedes-AMG illustre parfaitement les enjeux, le constructeur cherchant à renouer avec la victoire au général dix ans après son dernier succès.
La course : samedi à 15h00, 24 heures d'incertitude
La grande course s'élancera samedi à 15h00 et ne s'achèvera que dimanche après-midi, après 24 heures d'un effort collectif intense. Dans ce contexte, la position de départ revêt une importance toute relative : sur 25 kilomètres de circuit et avec 161 voitures engagées, dont 41 GT3 en classe SP9, les aléas mécaniques, météorologiques et stratégiques pèseront autant, sinon plus, que les dixièmes gagnés en qualification.
Christoph Sagemüller, directeur de Mercedes-AMG Motorsport, a clairement affiché la couleur : « Avec Ravenol et Verstappen Racing, nous envoyons un message clair : nous participons à la course avec l'objectif de remporter la victoire. »
La troisième place de la Q1 constitue donc une base de travail encourageante pour Verstappen et ses coéquipiers. Le Top Qualifying de vendredi dira si cette dynamique positive peut se transformer en véritable déclaration d'intention à l'avant de la grille. Dans l'Enfer Vert, chaque session compte, et chaque leçon se paye cash.






