Le débat sur l'avenir des motorisations en Formule 1 prend une tournure inattendue. À peine la saison 2026 entamée avec ses unités de puissance hybrides V6, deux géants américains de l'automobile – Ford et General Motors – se prononcent ouvertement en faveur d'un retour aux moteurs V8. Un soutien qui tombe à point nommé pour Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, lequel milite activement en faveur de ce projet pour 2030-2031.
Deux Américains, une même vision
Mark Rushbrook, directeur mondial de Ford Racing, n'a pas hésité à exprimer son enthousiasme lors du Grand Prix de Miami : « Il est formidable de constater que la FIA et la Formule 1 réfléchissent déjà aux prochaines réglementations. En tant que constructeur produisant massivement des V8 atmosphériques, nous serions ravis d'en voir un en piste. » Une prise de position qui résonne avec celle de General Motors, dont la division GM Performance Power Units développe parallèlement une option V8, en sus du V6 hybride prévu pour 2029.
Ce choix n'a rien d'anodin. Les moteurs V8 constituent l'ADN commercial et sportif de ces deux marques depuis des décennies. La Mustang de Ford, les Corvette et Camaro de Chevrolet : ces modèles emblématiques reposent sur des V8 atmosphériques. La Formule 1 offrirait ainsi un terrain d'expression idéal pour cette technologie, représentant une opportunité marketing et technique majeure pour Détroit.
Le projet V8 de la FIA : ce que l'on en sait
Mohammed Ben Sulayem a progressivement levé le voile sur les contours de son initiative. Le président de la FIA a explicitement évoqué un retour des V8 dès 2030, voire 2031 : « Vous retrouverez le son, une complexité réduite et un poids allégé. Vous en entendrez davantage très prochainement, avec une électrification minimale. » Il a également qualifié ce projet de « no-brainer » (une évidence), vantant des moteurs « plus simples à concevoir, moins onéreux et plus fiables ».
Sur le plan réglementaire, la mécanique est claire : pour imposer le V8 dès 2030, quatre des six motoristes engagés dans le cycle actuel – Mercedes, Ferrari, Honda, Audi, Red Bull Ford et General Motors – devront voter en ce sens. En l'absence de majorité, la FIA pourra trancher unilatéralement à partir de 2031. Ben Sulayem l'a confirmé sans détour : « En 2031, la FIA aura le pouvoir de l'imposer, sans vote des motoristes. C'est ce que prévoit le règlement. »
Pour approfondir ce sujet, consultez notre analyse détaillée : Le retour du V8 en Formule 1 dès 2030 : Ben Sulayem défie les constructeurs.






