Alan Permane : « La renaissance d'Alpine n’a rien d’une surprise »
Il a tout vu, tout vécu à Enstone. Des titres mondiaux de Michael Schumacher avec Benetton aux sacres de Fernando Alonso sous les couleurs de Renault, en passant par les années plus sombres sous l’ère Lotus puis Alpine. Alan Permane, ingénieur britannique entré en Formule 1 en 1989, occupe aujourd’hui le poste de directeur général de Racing Bulls. Pourtant, lorsqu’il observe les performances de son ancienne écurie en ce début de saison 2026, sa réaction est sans ambiguïté : il ne manifeste aucune surprise.
« Je ne crois pas que la performance d’Alpine soit une surprise, à vrai dire. Ils ont accepté de terminer derniers et ont donc consacré tout leur temps disponible à la monoplace de 2026 », a déclaré Permane, avec la lucidité de celui qui connaît Enstone mieux que quiconque.
Une stratégie de sacrifice mûrement réfléchie
La décision d’Alpine de sacrifier délibérément la saison 2025 pour tout miser sur le nouveau règlement technique de 2026 pouvait sembler périlleuse, voire téméraire aux yeux de nombreux observateurs. L’écurie avait en effet gelé le développement de sa monoplace 2025 dès les premiers mois de compétition, achevant la saison à la dernière place du championnat des constructeurs avec seulement 22 points au compteur. Une humiliation sur le papier, mais un choix assumé et stratégiquement calculé.
Flavio Briatore, conseiller exécutif d’Alpine et véritable artisan de cette renaissance, avait prévenu dès l’hiver 2025-2026 : « Nous bénéficions, selon moi, d’une avance de quatre à cinq mois, car toutes les autres équipes ont poursuivi le développement de leur voiture 2025 jusqu’à la fin de l’année. » Une longueur d’avance déterminante, dont les premiers effets se font déjà sentir sur la piste.
Alan Permane, pour sa part, avait parfaitement identifié les raisons de ce rebond annoncé : « Nous savions qu’ils allaient adopter le groupe propulseur Mercedes. Nous pensions donc qu’ils seraient très compétitifs sous cette configuration. Ils n’ont pas développé leur voiture l’an dernier et ont consacré tout leur temps à celle de 2026. »
Le moteur Mercedes, pierre angulaire de la résurrection
L’autre tournant majeur de cette renaissance réside dans le changement de motoriste. Le 30 septembre 2024, Renault avait officialisé la fin de son programme moteur après plus de quatre décennies en Formule 1. Alpine, privée de son statut de constructeur intégral, est devenue cliente de Mercedes à compter de la saison 2026. Un virage historique, symboliquement douloureux, mais techniquement salvateur.
L’Alpine A526, conçue en étroite collaboration entre Enstone et le département moteur de Mercedes à Brixworth, respecte d’ores et déjà le poids minimal réglementaire de 770 kg imposé par la FIA pour 2026, un seuil que beaucoup jugeaient inatteignable dès la première année du nouveau règlement. , comme en témoigne le travail colossal accompli chez Audi.






