« Il m’a traité comme un déchet » : Piquet Jr. rompt enfin le silence
Des années se sont écoulées depuis le scandale du Crashgate, mais les blessures de Nelson Piquet Jr. demeurent vives. Dans plusieurs entretiens accordés entre 2023 et 2025, le pilote brésilien s’est exprimé avec une franchise désarmante pour évoquer sa relation avec Flavio Briatore, alors à la fois son manager personnel et directeur de l’écurie Renault F1. Une dualité de fonctions qui, selon Piquet, s’est révélée être une véritable bombe à retardement.
« C’est un tyran. Il m’a traité comme un déchet », a-t-il déclaré en 2023, sans ménagement. Des mots lourds de sens, porteurs d’une rancœur accumulée au fil d’années de silence relatif sur ses conditions de travail au sein de l’écurie au losange.
Ces révélations font écho à une réalité que beaucoup, dans le paddock, pressentaient : derrière les apparences policées des caméras et des conférences de presse, Nelsinho vivait une situation particulièrement éprouvante, isolé face à un homme tout-puissant qui tenait les rênes de sa carrière.
Un conflit d’intérêts au sommet de la hiérarchie
Lorsque Nelsinho Piquet rejoint Renault F1 en tant que pilote titulaire pour la saison 2008, aux côtés de Fernando Alonso, son manager n’est autre que Flavio Briatore — le même homme qui dirige l’équipe. Une concentration de pouvoir vertigineuse, d’autant plus que Briatore gérait simultanément les intérêts d’une demi-douzaine d’autres pilotes sur la grille.
« Mon père n’a assisté à aucune course durant ma première année. Je n’avais que Flavio, qui était à la fois le patron de l’équipe et mon manager », a confié Piquet. « Et sa manière de se comporter, bien plus grotesque que ce que l’on pouvait voir à la télévision, était encore pire en coulisses. J’étais seul, et il m’a déstabilisé d’une façon que peu de gens peuvent imaginer. »
L’isolement psychologique du pilote brésilien constitue l’un des éléments centraux de ce qu’il décrit comme un véritable calvaire quotidien. Sans soutien familial à ses côtés, sans représentant indépendant pour défendre ses intérêts, il se retrouvait entièrement à la merci de Briatore — à la fois juge et partie.
Singapour 2008 : le Crashgate, point de non-retour
Le 28 septembre 2008, lors du Grand Prix de Singapour, Nelson Piquet Jr. percute volontairement le mur au treizième tour, à un endroit stratégiquement choisi pour l’absence de grue, provoquant ainsi la sortie de la voiture de sécurité. Son coéquipier, Fernando Alonso, qui s’était arrêté aux stands juste avant l’incident, remporte la course dans des circonstances pour le moins suspectes.
Cet accident délibéré, qui deviendra le « Crashgate », aura des répercussions majeures sur le championnat 2008 : Lewis Hamilton, qui menait d’un point avant Singapour, repart avec sept points d’avance. La saison s’achève avec Hamilton sacré champion du monde… devant Felipe Massa, d’un seul point. Un écart qui laisse encore aujourd’hui un goût amer aux supporters brésiliens.






