De Genève aux paddocks de F1 : les débuts d'un talent brut
Romain Grosjean est né le 17 avril 1986 à Genève, d'un père suisse et d'une mère française. Petit-fils du skieur olympique Fernand Grosjean et arrière-petit-fils du designer d'armes Edgar Brandt, le Franco-Suisse possède la double nationalité mais a toujours couru sous le drapeau tricolore.
C'est à 14 ans qu'il découvre le karting, une passion qui ne le quittera plus. Passé à la monoplace en 2003, Grosjean remporte le championnat suisse de Formule Renault 1600 dès sa première saison. En 2005, il est sacré champion de France de Formule Renault 2.0 avec l'écurie SG Formula, dominant la compétition avec dix victoires en seize courses.
Le jeune prodige continue son ascension fulgurante : recruté par l'écurie ASM (managée par Nicolas Todt et Frédéric Vasseur), il remporte le championnat de F3 Euro Series en 2007 au terme d'un duel acharné avec Sébastien Buemi. Ce titre lui ouvre les portes de Renault F1, qui le nomme pilote de réserve.
L'apprentissage difficile de la Formule 1 (2009-2011)
L'été 2009 marque un tournant : lorsque Nelson Piquet Jr est limogé par Renault F1, c'est Grosjean qui est appelé pour le remplacer. À seulement 23 ans, il accède enfin à son rêve. Mais l'introduction est rude : sans essais privés, il doit apprivoiser la capricieuse R29 directement en course, face à un coéquipier de la trempe de Fernando Alonso.
Après sept Grands Prix sans point, Grosjean retourne en GP2 pour parfaire son apprentissage. La patience paie : en 2011, il est couronné champion de GP2 Series et de GP2 Asia Series, prouvant qu'il était prêt pour un retour au plus haut niveau.
Le retour en force chez Lotus (2012-2015)
Le 9 décembre 2011, Lotus F1 Team (ex-Renault) annonce Grosjean comme titulaire aux côtés du champion du monde revenant, Kimi Räikkönen. Dès les qualifications du GP d'Australie 2012, il crée la surprise en se classant troisième. Au GP de Bahreïn, il décroche son premier podium en F1, le premier pour un pilote français depuis Jean Alesi au GP de Belgique 1998.
Mais la saison 2012 est aussi marquée par des accrochages répétés — notamment le carambolage spectaculaire de Spa-Francorchamps — qui lui valent une suspension d'une course et les critiques de ses pairs. L'année suivante, Grosjean métamorphosé impressionne le paddock : en 2013, il mène la course au Japon pendant une trentaine de tours et termine septième du championnat, parfois plus rapide que Räikkönen lui-même.
Au total, Grosjean inscrira 10 podiums avec Lotus, sans jamais décrocher cette première victoire qui lui a souvent échappé de peu. Son dernier podium en F1 restera le GP de Belgique 2015, où il hérite de la troisième place après la crevaison de Vettel dans les derniers tours.






