Lando Norris n’est plus un simple admirateur des légendes de la Formule 1 : depuis son sacre mondial en 2025, il en fait désormais partie intégrante. Pourtant, à 26 ans, le Britannique n’a rien oublié de ses racines ni des idoles qui ont nourri sa passion pour le sport automobile. Dans une vidéo diffusée par McLaren, le champion en titre a révélé quels étaient ses quatre pilotes préférés dans l’histoire de la discipline. Une sélection touchante, cohérente et profondément personnelle.
Deux Britanniques pour commencer : Button et Hamilton
Aucune surprise ne se dégage des deux premières places : Lando Norris a choisi Jenson Button et Lewis Hamilton. Deux compatriotes britanniques, deux champions du monde, et surtout, deux pilotes McLaren. « Ce sont les pilotes que je soutenais lorsque j’étais enfant, ceux qui m’ont inspiré quand j’étais petit. Deux Britanniques, deux pilotes exceptionnels, deux pilotes McLaren, deux de mes favoris », a-t-il déclaré avec une sincérité désarmante.
Ce choix prend une dimension particulièrement symbolique lorsque l’on sait que Norris a grandi en regardant ces deux champions évoluer au volant des McLaren chromées de 2007 et des années suivantes. Ce sont précisément ces images qui ont éveillé en lui l’ambition de rejoindre un jour la catégorie reine. Ironie du sort, il a lui-même bouclé la boucle en devenant champion du monde avec McLaren en 2025, rejoignant ainsi le cercle très restreint des pilotes sacrés sous les couleurs de l’écurie de Woking.
Il convient de rappeler que Jenson Button a lui-même suivi de près la progression de Norris, allant jusqu’à encourager McLaren à le soutenir pleinement dans sa quête du titre. Un lien intergénérationnel fort, tissé dans les teintes orange et papaye de l’écurie.
Sebastian Vettel, le mentor qui s’est imposé naturellement
En troisième position, Norris a retenu Sebastian Vettel, le quadruple champion du monde allemand. Un choix qui, là encore, dépasse largement le cadre de la simple admiration sportive. Vettel a en effet joué un rôle de conseiller discret, mais déterminant, lors de la saison 2025, celle du sacre de Norris.
« Il a traversé tant d’épreuves au fil des années. C’est quelqu’un de très sympathique, et il a toujours su se montrer utile, que ce soit dans les moments difficiles ou les périodes fastes. Il m’a appris à rester concentré, à garder les pieds sur terre, à surmonter les épreuves, mais aussi à tirer profit des succès pour continuer à progresser », a confié Norris. Un témoignage qui en dit long sur la nature de leur relation.
De son côté, Vettel n’a jamais caché son admiration pour le Britannique, saluant notamment son courage et son honnêteté face au doute. Le quadruple champion estime que Norris incarne une nouvelle génération de pilotes capables d’aborder ouvertement leurs émotions, là où leurs prédécesseurs y voyaient souvent une faiblesse.
Fernando Alonso : de l’idole au collègue
En quatrième position, Norris a cité Fernando Alonso. Un choix empreint, là aussi, d’une forte charge émotionnelle. « C’est quelqu’un que j’ai admiré en grandissant, quelqu’un que j’ai côtoyé lors de mes premières années chez McLaren, alors qu’il courait encore pour l’écurie », a expliqué le champion.
Mais au-delà de son talent pur, c’est la personnalité de l’Espagnol qui a séduit Norris. « C’est quelqu’un doté d’une forte personnalité, une personne attachante, avec qui je m’entends particulièrement bien. Quand on allie une telle personnalité à un grand talent, ces quatre pilotes deviennent des références absolues. »
Leur relation est jalonnée de moments marquants. Alonso avait inscrit « You are a star. A rock star. » sur son casque à l’intention de Norris lors du Grand Prix d’Autriche 2021. Et lorsque l’Espagnol a quitté McLaren, Norris lui a adressé un message empreint de gratitude : « Merci de m’avoir tout appris lors de mes débuts chez McLaren. » Une connexion authentique, forgée dans les couloirs de l’écurie de Woking.
Norris a d’ailleurs avoué que courir contre ses propres idoles restait une expérience vertigineuse : « Je me réveillais à trois ou quatre heures du matin pour regarder certaines de leurs courses. Et aujourd’hui, c’est moi qui suis en piste. Certains d’entre eux courent encore. C’est une pensée à la fois folle et gratifiante. »
Un choix délibérément ancré dans l’expérience vécue
Ce qui frappe dans la sélection de Norris, c’est sa cohérence : il a sciemment écarté les légendes qu’il n’a pas vues évoluer en direct. Des pilotes comme Ayrton Senna, Alain Prost ou Emerson Fittipaldi – pourtant parmi les plus grands champions de l’histoire de McLaren – ne figurent pas dans sa liste.
Norris assume pleinement ce parti pris : selon lui, le sentiment d’admiration et l’attachement émotionnel ne peuvent naître que lorsqu’on a suivi une saison en temps réel, vécu les hauts et les bas, partagé les victoires et les défaites d’un pilote semaine après semaine. C’est cette connexion vivante qui confère à ses quatre choix toute leur puissance.
Il a néanmoins rejoint ces légendes dans les annales de l’histoire, devenant le onzième Britannique champion du monde de Formule 1. À l’instar de Hamilton, Häkkinen, Senna ou Prost avant lui, Norris a inscrit son nom au palmarès de McLaren avec 423 points en 2025, devançant Max Verstappen de seulement deux unités au terme d’un final haletant à Abu Dhabi.
La nouvelle génération porte l’héritage
Cette confidence de Norris illustre bien plus qu’une simple nostalgie : elle met en lumière la manière dont l’histoire de la Formule 1 se transmet d’une génération à l’autre. L’enfant qui se levait aux aurores pour regarder Hamilton et Alonso s’affronter est devenu champion du monde, arborant le numéro 1 sur sa McLaren en 2026.
La Formule 1 est ainsi faite : chaque génération de champions forge la suivante. Sebastian Vettel court désormais le marathon de Londres pour soutenir des associations liées à la F1, loin des circuits, mais toujours connecté à la communauté qu’il a tant marquée. Quant à Norris, il inspire peut-être déjà le futur champion qui se lève aujourd’hui aux petites heures pour suivre ses exploits à la télévision.
Comme il l’a lui-même résumé après son sacre : « J’ai simplement gagné à ma manière : en pilotant avec loyauté, en restant honnête. » Des mots qui auraient pu être prononcés par n’importe lequel de ses quatre pilotes préférés.






