Un défi sans précédent pour les organisateurs montréalais
L’île Notre-Dame ne ressemble à aucune autre scène de la Formule 1. Chaque année, ses tribunes, ses espaces d’hospitalité et ses dizaines de milliers de mètres carrés d’infrastructures éphémères émergent du néant pour accueillir près de 300 000 spectateurs. Pourtant, en 2026, les responsables du Grand Prix du Canada ont dû relever un défi d’une ampleur inédite : achever ce chantier titanesque un mois plus tôt que de coutume, après l’un des hivers les plus impitoyables que le Québec ait connus depuis des décennies.
Traditionnellement programmée à la mi-juin depuis 1982, la course a été avancée au 24 mai 2026. La raison ? La Formule 1 a souhaité rapprocher Montréal de Miami dans le calendrier afin d’optimiser les transports logistiques et de réduire l’empreinte carbone du championnat – le fret représentant à lui seul 49 % des émissions totales de la discipline. Une décision stratégique, judicieuse sur le papier, mais dont la mise en œuvre s’est révélée d’une brutalité inattendue sous le climat québécois.
Un hiver qui a tout bouleversé
« Cet hiver fut particulièrement éprouvant. Il a débuté vers la mi-novembre, ce qui nous a pris au dépourvu, et s’est prolongé jusqu’en mars. » Ce constat, formulé par Sandrine Garneau, directrice des opérations marque et stratégie du Grand Prix du Canada, résume à lui seul l’épreuve endurée par les équipes de construction sur l’île Notre-Dame.
La glace s’est accumulée dans le bassin olympique, précisément là où devaient être ancrées les structures d’hospitalité des écuries et les installations du paddock. Pour permettre la pose des fondations, des ouvriers ont dû intervenir en pleine nuit, armés de chalumeaux, afin de faire fondre manuellement la glace. Une scène saisissante, presque surréaliste, qui illustre mieux que tout discours les contraintes imposées par les rigueurs nordiques.
« Des équipes travaillaient avec des chalumeaux dans le bassin olympique pour dégeler la glace et installer les ancrages des espaces d’hospitalité et du paddock », a précisé Sandrine Garneau.
L’anticipation, clé de la réussite
Face à cette situation, les organisateurs ont dû repenser entièrement leur stratégie de construction. La solution adoptée ? Démarrer les travaux dès l’automne précédent, bien avant les premières neiges, afin de progresser suffisamment avant que l’hiver ne rende les opérations impossibles.
« Nous sommes un pays nordique, alors nous avons entamé la construction à l’automne », a expliqué Garneau. « Sans cette anticipation et l’installation préalable de la majorité de nos échafaudages, il nous aurait été extrêmement difficile de respecter ce délai, compte tenu de la rudesse de l’hiver que nous avons subi. »
Cette décision s’est avérée déterminante. Les structures les plus lourdes – tribunes, échafaudages, armatures – ont pu être érigées avant les grands froids. Lorsque le dégel est enfin survenu, les équipes disposaient d’une base solide pour finaliser les installations dans les temps.






