Au Grand Prix de Chine 2026, Charles Leclerc a franchi un jalon historique majeur : en prenant le départ de sa 152e course sous les couleurs de la Scuderia Ferrari, le Monégasque est devenu le deuxième pilote le plus capé de l'histoire de l'équipe italienne. Il dépasse ainsi Kimi Räikkönen, avec qui il était à égalité, et ne se retrouve désormais qu'au-dessous d'un seul homme dans ce classement : le légendaire Michael Schumacher.
Un chiffre qui fait date dans l'histoire de la Scuderia
La hiérarchie est désormais clairement établie. Michael Schumacher trône en tête avec 179 départs sous les couleurs rouges de Maranello, un record colossal qui témoigne d'une décennie de domination absolue. Charles Leclerc s'installe en deuxième position avec 152 Grands Prix disputés, devant Kimi Räikkönen (151) et Felipe Massa (139). Un podium de loyauté autant que de talent.
Pour bien mesurer l'ampleur de ce moment, il faut rappeler que Leclerc dispute en 2026 sa huitième saison consécutive avec Ferrari. Arrivé en 2019 pour remplacer Kimi Räikkönen auprès de Sebastian Vettel, le Monégasque n'a jamais quitté le Cheval Cabré. Et visiblement, il n'est pas près de le faire.
Le parcours de Leclerc chez Ferrari : une histoire d'amour indéfectible
Dès sa première saison avec la Scuderia, Charles Leclerc a démontré qu'il n'était pas là pour faire de la figuration. En 2019, il décroche la pole position au Grand Prix de Bahreïn, puis enchaîne avec deux victoires consécutives en Belgique et en Italie, mettant fin à neuf ans de disette pour Ferrari à Monza. Le ton est donné : Leclerc est un pilote d'exception.
Les saisons 2020 et 2021 sont plus difficiles, la Ferrari se montrant peu compétitive. Mais le Monégasque tient bon, fidèle à son projet. Sa persévérance est récompensée en 2022, où il livre une véritable bataille pour le titre mondial face à Max Verstappen, terminant finalement deuxième du Championnat du Monde. Un résultat qui reste à ce jour son meilleur classement en fin de saison.
Au total, Leclerc affiche un bilan impressionnant avec Ferrari : 8 victoires, 51 podiums et 27 pole positions, ce qui fait de lui le détenteur du record de poles sans titre mondial — un paradoxe douloureux qui illustre à lui seul la complexité de la Formule 1.
Schumacher, Räikkönen, Leclerc : trois légendes, trois histoires différentes
Michael Schumacher : l'ère de la domination absolue
Michael Schumacher est arrivé chez Ferrari en 1996 dans le cadre d'un projet titanesque mené avec Jean Todt, Ross Brawn et Rory Byrne. Ensemble, ils ont bâti la machine de guerre la plus efficace de l'histoire de la Formule 1. Entre 2000 et 2004, Schumacher remporte cinq titres consécutifs et s'impose comme le plus grand pilote de son époque — certains diront de tous les temps.
Son bilan Ferrari est vertigineux : 72 victoires, 58 pole positions, et 179 départs. Un monument. Comme le rappelle notre article sur sa dernière victoire à Shanghai en 2006, l'Allemand a marqué au fer rouge l'histoire de la Scuderia d'une façon que peu pourront jamais approcher.
Kimi Räikkönen : le champion froid et efficace
Kimi Räikkönen a rejoint Ferrari en 2007, et quelle entrée en matière ! Dès sa première saison sous les couleurs rouges, « l'Iceman » remporte le Championnat du Monde dans un final haletant, devenant l'un des rares pilotes à décrocher le titre dès leur première année avec l'équipe italienne. Il reste chez Ferrari jusqu'en 2009, part chez Lotus, puis revient de 2014 à 2018 pour accompagner Sebastian Vettel.
Au total, Räikkönen dispute 151 Grands Prix avec Ferrari, remportant 21 victoires sur 19 saisons en Formule 1. Un palmarès solide, ancré dans l'efficacité plus que dans le spectacle.
Charles Leclerc : la continuité au service du projet
Là où Räikkönen a fait deux passages distincts chez Ferrari, et où Schumacher a connu un retour tardif avec Mercedes, Leclerc incarne une loyauté continue et affirmée. Il a choisi de prolonger son contrat avec la Scuderia au-delà des changements réglementaires de 2026, convaincu que c'est ici que son rêve peut se réaliser.
Ses mots, prononcés à l'occasion de cette prolongation, sont éloquents : « Je suis très heureux de savoir que je porterai la combinaison de la Scuderia Ferrari pendant encore plusieurs saisons. Courir pour cette équipe est mon rêve depuis l'âge de trois ans. Cette équipe est ma deuxième famille depuis que j'ai rejoint la Ferrari Driver Academy en 2016 et nous avons accompli beaucoup de choses ensemble. »
« C'est maintenant ou jamais » : l'ambition intacte
Fred Vasseur, directeur de l'équipe Ferrari, l'a dit clairement : « Le lien de Charles avec la Scuderia va au-delà de celui d'un simple pilote et d'une équipe, car il fait partie de la famille Ferrari depuis huit ans. Nous sommes déterminés à lui donner une voiture gagnante. »
Ce soutien mutuel prend tout son sens dans le contexte de la saison 2026, première année sous les nouveaux règlements techniques. Leclerc lui-même a déclaré que c'est « maintenant ou jamais » pour Ferrari de se battre pour les championnats, voyant dans cette révolution réglementaire une opportunité unique de rééquilibrer les forces.
Les premiers signes de compétitivité sont encourageants, même si Mercedes semble actuellement dominer. Lors du sprint du Grand Prix de Chine 2026, Leclerc a terminé deuxième derrière George Russell, battant son coéquipier Lewis Hamilton dans la bagarre. Ferrari réduit l'écart sur Mercedes, et Vasseur y croit fermement pour la course.
Vers les 179 de Schumacher ? Un objectif lointain mais pas impossible
Avec 152 Grands Prix à son actif et un contrat courant sur plusieurs saisons, Charles Leclerc a mathématiquement la possibilité de se rapprocher du record de Schumacher. Il lui faudrait encore 27 départs supplémentaires pour égaler l'Allemand — soit moins de deux saisons complètes.
Bien sûr, la Formule 1 est imprévisible, et rien ne garantit que Leclerc restera chez Ferrari jusqu'à dépasser ce seuil. Mais la trajectoire est là. Et si son rêve de titre mondial avec la Scuderia reste la priorité absolue, ces jalons statistiques témoignent d'une chose rare dans ce sport : la fidélité.
Dans un paddock où les transferts sont monnaie courante, où les pilotes changent d'équipe au gré des opportunités, Charles Leclerc a fait un choix différent. Un choix qui lui vaut aujourd'hui une place dans les livres d'histoire de la Scuderia Ferrari — aux côtés des plus grands.
Suivez toutes les actualités du week-end chinois sur notre site, notamment les qualifications où Leclerc s'est montré « bizarre » mais confiant, ainsi que l'analyse des gagnants et perdants du sprint.






