La FIA donne son feu vert pour la mise à niveau moteur de Ferrari dans le cadre de l’ADUO : Vasseur y croyait depuis le début - Technique - Formule 1 FR - Formule 1 FR
La FIA donne son feu vert pour la mise à niveau moteur de Ferrari dans le cadre de l’ADUO : Vasseur y croyait depuis le début
La Scuderia Ferrari a reçu l'approbation officielle de la FIA pour déployer sa mise à niveau moteur ADUO en 2026, réduisant un écart d'environ 25 chevaux face à Mercedes. Le Canada ou Barcelone pourraient marquer son introduction.
Denis D est un passionné de Formule 1 et un bloggeur amateur spécialisé en technique automobile.
Ferrari franchit une étape décisive : l'aval de la FIA pour l'upgrade ADUO
Une nouvelle d'envergure émane de Maranello : Ferrari a officiellement obtenu l'approbation de la Fédération Internationale de l'Automobile (FIA) pour introduire une mise à niveau de son unité de puissance dans le cadre des règles ADUO (Additional Development and Upgrade Opportunities). Cet upgrade vise à combler un déficit estimé à environ 25 chevaux – soit approximativement 2 % – qui sépare actuellement le moteur Ferrari de la référence Mercedes pour la saison 2026.
L'annonce est intervenue après le Grand Prix de Miami, quatrième manche d'une saison 2026 déjà marquée par une domination sans partage des Flèches d'Argent. Ferrari, bien que deuxième force du plateau, accuse un retard persistant de quatre à cinq dixièmes de seconde par tour sur son rival allemand. Désormais, la Scuderia dispose d'un levier réglementaire pour inverser cette tendance.
Une introduction envisagée dès le Canada, ou reportée à Barcelone ?
Selon les informations relayées par Julianne Cerasoli, Ferrari est autorisée à déployer son moteur mis à jour à compter du Grand Prix du Canada. Toutefois, l'écurie italienne pourrait opter pour un report à la fenêtre de Barcelone (12-14 juin), si la disponibilité des nouvelles spécifications ou une opportunité de test supplémentaire le justifiait. Le Corriere della Sera évoque quant à lui une introduction « à la mi-juin, lors du Grand Prix d'Espagne ».
Cette mise à niveau concerne exclusivement la partie thermique de l'unité de puissance – soit le moteur à combustion interne (ICE) – et non le système hybride. Un choix stratégique, dicté par le diagnostic établi en début de saison : le bloc Ferrari accuse un déficit d'environ 2 % de puissance par rapport à son homologue Mercedes. Ce désavantage se traduit par une perte estimée à 15 chevaux en puissance brute, avec des répercussions sur la récupération et le déploiement d'énergie via le système hybride.
Comprendre l'ADUO : le mécanisme qui redistribue les cartes
L'ADUO constitue l'un des dispositifs les plus innovants – et complexes – introduits par la réglementation 2026. Son principe : permettre aux constructeurs en déficit de performance de bénéficier de mises à niveau supplémentaires, en dehors des fenêtres d'homologation classiques. Comme l'a souligné Lewis Hamilton avec une pointe d'ironie : « C'est d'une complexité déconcertante. J'assistais récemment à une réunion où l'on nous expliquait ce mécanisme – il faudrait presque un diplôme pour en saisir toutes les subtilités. »
Concrètement, selon l'Article 4 de l'Appendice 4 des nouvelles régulations techniques :
Si l'ICE Performance Index d'un constructeur se situe entre 2 % et 4 % en deçà du meilleur moteur, celui-ci obtient un upgrade supplémentaire en 2026 et un autre en 2027.
Si ce déficit dépasse 4 %, le constructeur se voit attribuer deux upgrades supplémentaires en 2026 et deux autres en 2027.
Ferrari, avec son retard estimé à environ 2 %, se situe dans la première fourchette. Un statut confirmé par la FIA après six courses, bien que l'annulation des Grands Prix de Bahreïn et d'Arabie Saoudite ait nécessité un ajustement du calendrier de contrôle ADUO. La FIA a ainsi proposé d'avancer la date du point de contrôle pour maintenir le dispositif après le Grand Prix de Miami.
Fred Vasseur y croyait depuis le début
Le directeur de la Scuderia n'a jamais caché son optimisme quant à ce mécanisme. Dès l'issue du Grand Prix de Chine, il avait déclaré : « Je ne suis pas convaincu que la nouvelle règle sur le taux de compression représente un bouleversement majeur. En revanche, nous aurons l'ADUO à un moment donné, et cette opportunité nous permettra de réduire l'écart. » Il avait également précisé sa stratégie globale : « Nous poussons sur tous les fronts, mais nous savons que nous devons progresser sur l'ICE. En parallèle de l'ADUO, nous travaillons d'arrache-pied sur l'énergie, le châssis, l'aérodynamique – nous mettons les bouchées doubles dans chaque domaine. »
L'impact compétitif : McLaren dans le viseur
L'upgrade ADUO de Ferrari ne vise pas directement Mercedes – la Scuderia reste consciente qu'un gain de 25 chevaux ne suffira pas à inverser immédiatement le rapport de force. La première cible sera McLaren, l'équipe championne en titre, qui accuse elle-même un retard face aux Flèches d'Argent.
Depuis le début de la saison, McLaren traîne un handicap de 0,85 seconde par tour sur Mercedes à Melbourne. Malgré des progrès notables dans la compréhension du déploiement énergétique, l'écart structurel persiste. Comme l'a reconnu Andrea Stella, le directeur de l'écurie : « Il est évident que nous devons mieux appréhender l'utilisation de l'unité de puissance dans le cadre des complexités introduites par le règlement 2026. »
Si Ferrari parvient à gagner environ 25 chevaux sur le plan thermique, l'équipe italienne pourrait dépasser McLaren dans la hiérarchie des performances pures. Cette progression s'appuierait sur une SF-26 déjà solide en termes de gestion de course. Comme l'avaient illustré les qualifications à Suzuka, la lutte entre les deux écuries est serrée, et le moindre gain de performance peut s'avérer décisif.
Mercedes et Red Bull : les réponses à venir
Du côté de Mercedes, Toto Wolff a affiché une sérénité teintée de provocation face aux critiques sur les avantages supposés du moteur W17 : « Je ne comprends tout simplement pas pourquoi certaines équipes se focalisent autant sur les autres, alors que la situation est claire et transparente. Notre communication avec la FIA a toujours été constructive. » Une déclaration qui n'a pas manqué de susciter des réactions dans les paddocks.
Chez Red Bull, en revanche, le projet RB22-Ford suscite des interrogations. Ben Hodgkinson, responsable de Red Bull Powertrains, a balayé les rumeurs de non-conformité : « Tout cela n'est que du bruit. Je sais ce que nous faisons, et je suis convaincu que notre approche est légale. » Pourtant, les difficultés rencontrées par Red Bull – comme en témoigne la performance de Verstappen à Suzuka – laissent planer un doute : l'écurie autrichienne pourrait-elle, elle aussi, bénéficier de l'ADUO ?
Le contexte 2026 : une saison sous haute tension technique
La saison 2026 s'annonce comme l'une des plus complexes sur le plan technique depuis l'introduction des moteurs hybrides en 2014. Le partage équilibré entre puissance thermique et électrique (50/50), la suppression du MGU-H et l'adoption d'un carburant 100 % durable ont rebattu les cartes pour l'ensemble des constructeurs.
La bataille pour le titre des constructeurs reste ouverte : Mercedes devance Ferrari de 31 points après seulement deux semaines de compétition, mais le championnat est encore long. Avec une mise à niveau moteur prometteuse, Maranello a de quoi nourrir des ambitions pour la seconde partie de la saison 2026.
Un signal fort pour l'avenir
L'ADUO n'est pas une solution miracle – comme l'ont souligné plusieurs analystes, il s'agit d'un « outil de correction structurelle, et non d'un correctif d'urgence ». Toutefois, pour Ferrari, qui dispose déjà d'une monoplace compétitive en termes de châssis et d'aérodynamique, combler 25 chevaux sur le plan moteur pourrait constituer le levier manquant pour défier Mercedes sur tous les circuits – et pas seulement au départ, où la SF-26 s'est déjà montrée redoutable.
Les Grands Prix du Canada et d'Espagne s'annoncent comme des rendez-vous stratégiques majeurs. Maranello tient son joker. Reste à savoir quand et comment il sera joué.