Max Verstappen a frôlé la pole position lors des 24 Heures du Nürburgring 2026. Analyse de sa performance remarquable en course d'endurance sur l'un des circuits les plus exigeants au monde.
Camille M est une passionnée de Formule 1 depuis son plus jeune âge et qui souhaite partager sa passion au plus grand nombre.
Verstappen frôle la pole position aux 24 Heures du Nürburgring
À seulement 345 millièmes de la pole position. Telle est l’infime marge qui a séparé Max Verstappen du meilleur temps des qualifications lors des 24 Heures du Nürburgring 2026. Un résultat qui témoigne de l’exceptionnelle adaptabilité du quadruple champion du monde de Formule 1, engagé dans l’une des épreuves d’endurance les plus redoutables de la planète.
La pole position est finalement revenue à la Lamborghini Huracán GT3 Evo2 n°84 du Red Bull Team ABT, pilotée par Luca Engstler, avec un chrono de 8’11’’123. La Mercedes-AMG GT3 n°3 de Verstappen Racing, dont la quête du meilleur temps avait été confiée à son coéquipier Daniel Juncadella, a signé un temps de 8’12’’005, lui permettant de s’élancer depuis la quatrième position sur la grille, en deuxième ligne.
Il convient de souligner le contexte : sur un tour de plus de huit minutes, les cinq premiers de la Top Qualifying 3 se sont tenus en moins d’une seconde. Un plateau d’un niveau exceptionnel, comme l’a lui-même reconnu Verstappen : « Le niveau est élevé, très élevé. »
Un parcours de qualifications en trois actes
Top Qualifying 1 : une entrée en matière convaincante
Dès la première séance de qualifications de haut niveau, Max Verstappen a démontré qu’il n’était pas venu pour figurer. Le Néerlandais a terminé troisième de la Top Qualifying 1 avec un chrono de 8’18’’539, s’emparant même de la tête du classement à 55 minutes de la fin de la séance. Une performance solide pour un pilote découvrant cette configuration de qualification unique au monde.
Top Qualifying 2 : une qualification de justesse, mais un temps de référence
La deuxième séance de Top Qualifying a failli virer au cauchemar. Verstappen a terminé sixième, à 1’’129 du meilleur temps établi par Nick Yelloly au volant de l’Audi de l’équipe ABT. Un résultat qui le plaçait en position délicate, mais suffisant pour accéder à la Top Qualifying 3.
Ce qui rend ce temps d’autant plus remarquable : le chrono de 8’11’’614 réalisé par Verstappen était plus rapide que la pole position de l’édition précédente (8’12’’741). Le Néerlandais progressait à une vitesse impressionnante. Le règlement était clair : le pilote ayant signé le meilleur temps d’une voiture lors d’une séance ne pouvait pas participer à la suivante. C’est donc Juncadella qui a pris le relais pour la phase finale.
Top Qualifying 3 : Juncadella porte les espoirs de l’équipe
Lors de la Top Qualifying 3, Daniel Juncadella a brillamment défendu les couleurs de la Mercedes n°3. Après une première tentative le plaçant provisoirement en neuvième position, l’Espagnol a réalisé un second tour pour remonter jusqu’à la deuxième place provisoire. Finalement devancé par un doublé Lamborghini et une Audi pilotée par Christopher Haase, l’équipe Verstappen Racing s’offre néanmoins une excellente deuxième ligne.
La nuit sous la pluie : un baptême du feu sur la Nordschleife
Avant même les séances décisives, Verstappen avait déjà dû relever un défi de taille. Lors de la nuit du jeudi, au cours d’une séance de Qualifications 2 perturbée par la pluie et le brouillard, le champion du monde a effectué ses premiers tours nocturnes sur la Nordschleife dans des conditions particulièrement éprouvantes.
« Hier, les conditions étaient très changeantes et, pour moi, c’était la première fois de nuit, avec probablement les pires conditions imaginables : la pluie et le brouillard qui s’installait », a-t-il confié avec le sourire. Dans ces conditions extrêmes, Verstappen n’a pu effectuer qu’un seul tour lent, mais obligatoire selon le règlement, qui impose à chaque pilote de réaliser au moins un tour dans l’obscurité, quelles que soient les conditions.
Le circuit des 24 Heures du Nürburgring est tout simplement l’un des défis les plus complexes que le sport automobile puisse offrir. La combinaison du circuit Grand Prix et de la légendaire Nordschleife donne naissance à un tracé de 25 kilomètres, jalonné de plus de 150 virages, de dénivelés impressionnants, de sections étroites sans aucune marge d’erreur, et de conditions météorologiques changeant parfois plusieurs fois au cours d’un seul tour.
Mais ce n’est pas tout. La gestion du trafic représente un défi à part entière : les GT3 de haute performance, dont la Mercedes-AMG GT3 de Verstappen, évoluent en même temps que des voitures de série bien plus lentes, imposant une vigilance constante et une gestion minutieuse des écarts de vitesse.
« Il n’existe aucun autre circuit comme celui-ci », a reconnu Verstappen, dont l’enthousiasme pour cette épreuve ne cesse de croître depuis plusieurs mois.
Une préparation méticuleuse : six sorties en douze mois
Si Verstappen a pu afficher une telle compétitivité dès ses débuts, c’est grâce à une préparation d’une rigueur exceptionnelle. Au cours des douze mois précédant la course, il a effectué pas moins de six sorties sur la Nordschleife, dont certaines particulièrement marquantes.
En septembre 2025, il avait remporté la victoire lors du NLS9 au volant d’une Ferrari 296 GT3 de l’équipe Emil Frey Racing. Puis, lors du NLS2 en mars 2026 avec la Mercedes-AMG GT3 Evo de Verstappen Racing, il avait signé la pole position et franchi la ligne d’arrivée en vainqueur, avant que le résultat ne soit annulé pour une infraction technique liée à l’allocation des pneumatiques.
« C’est là que l’on apprend le plus sur la gestion du trafic, les drapeaux et, bien sûr, les arrêts aux stands, le changement de baquet et de pilote. C’est évidemment très utile. C’est la raison pour laquelle nous participons à ces courses plus courtes ici », expliquait-il.
Un coéquipier et une équipe de haut vol
Pour relever ce défi, Verstappen peut compter sur un équipage d’exception. Aux côtés du Néerlandais dans la Mercedes n°3, on retrouve Daniel Juncadella, Jules Gounon et Lucas Auer. Trois spécialistes des courses GT, dont Juncadella et Gounon comptent notamment une victoire au classement général des 24 Heures de Spa à leur palmarès.
L’équipe Verstappen Racing, créée par le champion pour accompagner des pilotes issus du sim racing vers le sport automobile réel, incarne une vision ambitieuse. « Ce que représente principalement l’équipe, c’est aussi de créer des opportunités pour d’autres pilotes », explique-t-il. « J’ai commencé avec l’idée de courir moi-même en dehors de la Formule 1. Mais en parallèle, à travers le monde du sim racing, je voulais offrir des passerelles pour qu’un pilote virtuel puisse accéder au monde réel. »
Luca Engstler impressionné par l’approche de Verstappen
L’auteur de la pole position, Luca Engstler, n’a pas caché son admiration pour la manière dont Verstappen s’est préparé à cet événement. « C’est définitivement quelqu’un que j’admire et dont j’ai beaucoup à apprendre. Il a une passion énorme, comme beaucoup des pilotes ici, et je pense que c’est pour cela qu’on peut vraiment s’identifier à lui. »
« Cela montre qu’il comprend ce que nous faisons ici. Je ne pense pas qu’il s’attendait à débarquer et à signer la pole dès les premiers essais libres. Il savait que c’est une voiture très spécifique, une course très particulière. Si l’on observe la façon dont il s’est préparé, cela prouve qu’il prend cela au sérieux, et c’est tout simplement formidable à voir. »
Un engouement historique autour de la participation de Verstappen
L’impact médiatique et populaire de la participation de Verstappen a été immédiat et sans précédent. Pour la première fois depuis la création de la course en 1970, l’intégralité des billets pour le week-end a été écoulée avant même le début des festivités. Le plateau des engagés pour l’édition 2026 a atteint 161 voitures, soit le plus fourni depuis plus d’une décennie.
Entre endurance et Formule 1 : une carrière en pleine diversification
Cet engagement croissant dans les courses GT et d’endurance s’inscrit dans un contexte particulier pour Verstappen. Déçu par les nouvelles réglementations de la Formule 1 2026, qu’il avait comparées à « de la Formule E sous stéroïdes » lors des essais hivernaux, le Néerlandais cherche manifestement à retrouver le plaisir pur de la conduite ailleurs.
Sa clause contractuelle avec Red Bull, activable entre août et octobre 2026, ajoute une dimension supplémentaire à ce tableau. Verstappen a toujours été clair sur ses ambitions : « Dans mon esprit, je sais que si je referme le chapitre de la F1, ce sera terminé. Je ne me vois pas m’arrêter puis revenir. Une fois fini, j’arrêterai vraiment. » Les 24 Heures du Mans constituent sa grande cible en endurance, une perspective qui se précise notamment avec les discussions en cours avec Ford pour une entrée en WEC dès 2027. Nous avions d’ailleurs exploré ce projet entre Ford et Verstappen pour les 24 Heures du Mans.
En attendant, Verstappen a affirmé vouloir revenir aux 24 Heures du Nürburgring chaque année. Une promesse qui, au vu de ses qualifications impressionnantes en 2026, laisse présager de futures batailles palpitantes sur la Nordschleife. L’objectif, lui, est simple et clairement affiché : « Le succès, c’est la victoire. C’est très simple. C’est pour cela que nous sommes ici. Bien sûr, je sais que ce ne sera pas facile, mais c’est l’objectif. »