Plus de dix ans après l’accident qui a bouleversé son existence, Michael Schumacher demeure entouré d’un cercle de proches d’une extrême discrétion. Parmi eux, Jean Todt, son ancien directeur sportif chez Ferrari et ex-président de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), occupe une place singulière. Dans un entretien accordé à l’émission « Ma Tribu » sur Canal+, diffusé ce samedi 2 mai 2026, l’ancien patron de la Scuderia s’est exprimé avec une sincérité rare sur les liens indéfectibles qui l’unissent encore au septuple champion du monde de Formule 1.
« Il faut être présent davantage lorsque les choses vont mal »
Jean Todt ne prend guère de détours pour évoquer Michael Schumacher. « Je vais le voir souvent… Nous partageons une complicité d’un autre ordre. Il faut être présent davantage lorsque les choses vont mal que lorsqu’elles vont bien », confie-t-il. Des paroles simples, mais empreintes d’une émotion palpable, qui résument à elles seules l’essence de leur relation depuis décembre 2013.
L’ancien dirigeant rend visite à Schumacher « une ou deux fois par mois », selon ses propres termes. Ces rencontres ne se limitent pas à de simples marques de courtoisie : les deux hommes continuent de regarder ensemble des Grands Prix de Formule 1, comme si une partie de leur histoire commune persistait, envers et contre tout.
« Il est là, donc il ne me manque pas », précise Todt, avant d’ajouter avec une pudeur touchante : « Mais il n’est plus le Michael d’autrefois. Il est différent, et il est admirablement entouré par son épouse et ses enfants, qui veillent sur lui avec dévouement. »
La souffrance, ciment d’une amitié hors norme
Cette « complicité d’un autre ordre » évoquée par Todt ne s’est pas forgée en un jour. Elle est le fruit d’une relation née dans l’univers impitoyable de la compétition automobile, avant de se muer en quelque chose de bien plus profond.
Tout a commencé à l’été 1995. Dans une chambre d’hôtel monégasque, Todt et Schumacher ont passé une journée entière à négocier ce qui allait devenir le transfert le plus retentissant de l’histoire de la Formule 1. Au terme de douze heures de pourparlers, le double champion du monde en titre apposait sa signature sur un accord avec Ferrari. Une alliance venait de naître, qui allait redéfinir le sport automobile pour les années à venir.
Au fil des saisons, marquées par des débuts difficiles – Ferrari peinant à concrétiser ses ambitions –, une confiance mutuelle s’est installée. « À partir de 1997, il a compris qu’il était protégé au sein de Ferrari et qu’il y était aimé », explique Todt. « Peu à peu, une relation professionnelle s’est transformée en amitié, puis en quelque chose qui ressemble à de la famille. »






