Le monde de la Formule 1 et des 24 Heures du Mans est en deuil. Hermano da Silva Ramos, dernier témoin vivant d'une époque fondatrice du sport automobile, s'est éteint le 4 mai 2026 à Biarritz, en France, d'une pneumonie. Il avait 100 ans. Avec lui disparaît le dernier fil direct qui nous reliait aux courses de Grand Prix des années 1950.
Un pilote au carrefour de deux cultures
Né à Paris le 7 décembre 1925, Hermano João « Nano » da Silva Ramos était le fils d'un père brésilien et d'une mère française. Cette double identité franco-brésilienne allait marquer toute sa carrière et son rapport au sport automobile. C'est au Brésil, à l'Autodrome d'Interlagos, qu'il dispute en mars 1947 sa toute première course, au volant d'une MG TC, à seulement 21 ans. Une vocation précoce pour un homme qui allait traverser plusieurs décennies de compétition avec une élégance rare.
Son parcours est celui d'un gentleman driver au sens le plus noble du terme : compétiteur acharné sur la piste, discret et raffiné en dehors. Il incarnait cette génération de pilotes capables de passer naturellement d'un Grand Prix de Formule 1 à une course d'endurance, sans jamais perdre de vue l'essentiel — la passion de la course.
Sept Grands Prix en Formule 1, deux points précieux
Sa carrière en Championnat du monde de Formule 1 se résume à sept engagements, en 1955 et 1956, sous les couleurs de l'écurie française Gordini. Des débuts modestes en apparence, mais qui cachent une histoire bien plus riche.
Son premier Grand Prix, aux Pays-Bas en juin 1955, se conclut par une huitième place. Par la suite, des abandons mécaniques viendront ponctuer son parcours, comme au Grand Prix de Grande-Bretagne (panne moteur) ou en Italie (problèmes d'alimentation en carburant). Mais c'est lors du Grand Prix de Monaco 1956 qu'Hermano da Silva Ramos entre dans l'histoire : une magnifique cinquième place lui rapporte deux points au Championnat du monde, dans un système de l'époque qui ne récompensait que les cinq premiers.
Ces deux points font de lui, jusqu'à l'émergence d'Emerson Fittipaldi dans les années 1970, le pilote brésilien le plus performant du Championnat du monde de Formule 1. Un titre discret mais historique.
Le Mans, quatre participations et un destin de témoin
Si la Formule 1 constitue l'un des chapitres de sa vie, les 24 Heures du Mans en représentent sans doute le cœur. Hermano da Silva Ramos y participe à quatre reprises : en 1954, 1955, 1956 et 1959. Il fut ainsi le , en 1954, au volant d'une Aston Martin DB2/4 partagée avec Jean-Paul Colas.






