Le 24 avril 2026, une annonce a fait frémir le monde de la Formule 1 : Istanbul Park fera son retour au calendrier dès 2027, pour cinq saisons consécutives, jusqu’en 2031. Une nouvelle qui ravive instantanément la nostalgie des amateurs pour ces circuits légendaires, disparus au fil des décennies. Jarama, Hockenheim, Sepang, Kyalami… Autant de noms qui font briller les yeux des passionnés. Pourtant, entre le rêve et la réalité économique, le fossé reste abyssal.
Le retour triomphal d’Istanbul Park
C’est le président Recep Tayyip Erdoğan en personne qui a officialisé le retour de la Turquie en Formule 1, aux côtés du président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, et du PDG de la F1, Stefano Domenicali. Un événement à la fois diplomatique et sportif, illustrant parfaitement la manière dont la Formule 1 est devenue un outil de rayonnement international.
« Nous sommes ravis de revenir dans cette ville incroyable et vibrante qu’est Istanbul à partir de 2027, afin d’offrir à nos fans en Turquie et dans le monde entier des émotions intenses sur l’un des circuits les plus passionnants et exigeants de la discipline », a déclaré Domenicali lors de l’annonce officielle.
Istanbul Park, ce sont 5,34 kilomètres d’asphalte, quatorze virages et, surtout, ce fameux virage 8 – une triple courbe à gauche négociée à haute vitesse, considérée par beaucoup comme l’un des défis techniques les plus emblématiques du calendrier. Hermann Tilke, son concepteur, a reconnu avoir voulu en faire un virage « très difficile, car il faut en appréhender les trois dimensions ». Les monoplaces devaient être réglées spécifiquement pour ne pas perdre d’appui aérodynamique dans cette section, ce qui influençait l’ensemble du tour.
Une histoire en dents de scie avec la F1
Le circuit turc a rejoint le calendrier en 2005 et a accueilli sept Grands Prix jusqu’en 2011, avant de disparaître en raison d’un soutien financier insuffisant et d’une fréquentation décevante. La pandémie de Covid-19 lui a offert un second souffle en 2020 et 2021 – Lewis Hamilton y a d’ailleurs décroché son septième titre mondial en 2020, sous une pluie battante, dans une atmosphère inoubliable. Puis, le silence s’est de nouveau installé.
Le véritable tournant est survenu en 2024, lorsque Can Bilim Egitim Kurumlari AS, une société partiellement détenue par Lale Cander – présidente de la filiale turque de Pirelli –, a obtenu les droits d’exploitation du circuit pour trente ans, pour un montant d’environ 117,8 millions de dollars. Avec une obligation contractuelle claire : ramener la F1 à Istanbul avant 2026. Mission accomplie, avec un contrat en bonne et due forme s’étendant jusqu’en 2031.






