Quand Lewis Hamilton a tout risqué pour s’habiller à sa guise
Aujourd’hui, on l’imagine aisément faire son entrée dans le paddock vêtu d’un manteau oversize signé par un grand couturier, coiffé d’une casquette streetwear ou chaussé de sneakers d’exception. Les tenues de Lewis Hamilton à l’abord des circuits suscitent désormais presque autant d’attention que ses performances en qualification. Pourtant, cette liberté vestimentaire n’a pas été acquise sans peine. Le septuple champion du monde l’a lui-même reconnu : il a dû enfreindre les règles pour y parvenir.
Dans un entretien accordé à Esquire, Hamilton s’est livré sans détour sur ses débuts en Formule 1 et l’environnement rigide qu’il y a découvert. « Pour être pilote de course, il fallait se conformer à un moule précis : se coucher à 22 heures, s’habiller d’une certaine manière », a-t-il expliqué. Une vision du pilote de F1 que le Britannique n’a jamais acceptée de gaieté de cœur.
Un dress code étouffant et des tenues « affreuses »
Avant que Hamilton ne bouleverse les codes du paddock, la réalité vestimentaire des pilotes de Formule 1 était bien éloignée du glamour qu’on lui associe aujourd’hui. « Pendant la majeure partie de ma carrière, chaque pilote portait des tenues d’équipe conçues par des personnes étrangères au monde de la mode. Ces vêtements étaient affreux », a-t-il confié sans ambages.
Revêtir la même tenue sponsorisée 180 jours par an, sur tous les circuits du globe, sans jamais pouvoir exprimer la moindre once de personnalité : tel était le quotidien imposé aux pilotes. « J’arrivais et je me sentais mal à l’aise dans ces vêtements, portés 180 jours par an », a résumé Hamilton. C’est cette frustration accumulée qui l’a poussé à agir.
Il a d’abord tenté la voie diplomatique, sollicitant l’autorisation d’arriver dans ses propres vêtements avant d’enfiler sa tenue d’équipe. La réponse ne fut pas immédiate. « Il m’a fallu beaucoup de temps pour convaincre les dirigeants », a-t-il admis. Las d’attendre, il a finalement franchi le pas : « J’ai fondamentalement dû transgresser les règles. Un jour, je me suis simplement présenté dans mes propres vêtements. »
Le paddock transformé en podium : la naissance du « catwalk »
Cet acte de rébellion calculée a produit un effet domino que personne n’avait anticipé. Loin d’être sanctionné, Hamilton a vu ses supérieurs changer radicalement d’avis dès que les retombées positives se sont manifestées. « Une fois qu’ils ont constaté l’attention médiatique et la presse positive générées, ainsi que la manière dont cela valorisait la marque et l’équipe, ils m’ont autorisé à le faire quotidiennement », a-t-il expliqué.






