Hadjar vs Red Bull : la gestion de la batterie au cœur de la polémique
Il n'avait pourtant rien à se reprocher. Zéro erreur de pilotage, un départ fulgurant, des qualifications bluffantes... Et pourtant, Isack Hadjar a dû ranger sa Red Bull au bord de la piste dès le douzième tour du Grand Prix d'Australie 2026, victime d'une défaillance moteur aussi brutale qu'humiliante. Mais avant même que le moteur ne rende l'âme, c'est un autre problème qui avait déjà gâché le début de course du Français : une batterie vide au moment du départ.
Partant troisième sur la grille après avoir relégué les Ferrari et les McLaren derrière lui lors des qualifications — une performance historique pour Red Bull hors Verstappen — Hadjar avait pourtant réalisé le meilleur départ du peloton. De quoi se battre pour la tête de course avec George Russell... si seulement il avait eu de l'énergie électrique à déployer.
« Une fois que j'ai pensé prendre la tête... plus de puissance »
"Le départ était incroyable — j'ai démarré la course sans batterie pour le lancement. J'avais un très bon départ, je prenais la tête facilement. C'est au moins un bon point de la journée, nous avions un très bon départ. Et une fois que j'ai pensé 'oh, je vais prendre la tête', plus de puissance — c'était super. Vous imaginez, pendant deux tours, je passais mon temps à récupérer de l'énergie.", a déclaré Hadjar après la course.
Le résultat est sans appel : le Français, qui semblait sur le point de s'emparer de la première place, s'est fait dépasser par Charles Leclerc, puis par Lewis Hamilton dès le premier tour. Sans déploiement d'énergie ERS possible, sa Red Bull était impuissante face à des adversaires bénéficiant pleinement de leurs systèmes hybrides.
Un problème de gestion ERS, pas une simple panne
Ce qui frappe dans les déclarations de Hadjar, c'est la nuance qu'il apporte : il ne s'agit pas d'une défaillance technique au sens strict du terme. "Non, ce n'est pas un problème technique. C'est juste que nous devons faire mieux pour éviter que cela se produise", a-t-il affirmé, pointant clairement la responsabilité de l'équipe dans la gestion des ressources énergétiques lors du tour de formation.
L'explication technique tient à la complexité des nouvelles réglementations 2026. Avec la nouvelle architecture des moteurs hybrides, la puissance électrique fournie par le MGU-K a été multipliée par presque trois, passant de 120 kW (161 ch) à 350 kW (469 ch). La répartition entre moteur thermique et électrique avoisine désormais le 50/50, ce qui rend la gestion de la batterie absolument critique — notamment lors du tour de formation, où la fenêtre de charge et de décharge est extrêmement contrainte.






