La Formule 1 s’apprête à vivre un tournant historique d’ici la fin de la décennie. Depuis le paddock de Miami, Mohammed Ben Sulayem, président de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), a annoncé sans détour le retour des moteurs V8. Plus de conditionnels, plus d’hésitations : « Le V8 arrive », a-t-il martelé, fixant l’horizon 2030 pour l’introduction de cette nouvelle génération de propulseurs.
Un calendrier ambitieux et une autorité sans équivoque
Ben Sulayem a exposé sa stratégie avec une franchise qui contraste avec les habituels discours policés du milieu. Si quatre des six motoristes engagés — Mercedes, Ferrari, Honda, General Motors (Cadillac), Audi et Red Bull — approuvent ce changement, les V8 pourraient faire leur retour dès 2030. Dans le cas contraire, la FIA dispose d’un levier réglementaire décisif.
« En 2031, la FIA aura le pouvoir de l’imposer, sans qu’un vote des constructeurs ne soit nécessaire. C’est inscrit dans le règlement. Mais nous souhaitons l’introduire un an plus tôt, comme le réclame désormais l’ensemble des acteurs », a-t-il précisé. « Je vise 2030. Cela se fera. »
Le mécanisme réglementaire est donc limpide : le prochain cycle moteur étant prévu pour 2031, la FIA peut théoriquement imposer sa vision sans obtenir l’unanimité. Ben Sulayem entend simplement anticiper cette échéance d’un an, avec l’assentiment d’une majorité qualifiée de motoristes.
Un V8 turbo, une électrification réduite à sa plus simple expression
Contrairement à une interprétation hâtive, il ne s’agit pas d’un retour pur et simple à l’ère 2006-2013. Le V8 envisagé serait un moteur turbocompressé de 2,4 litres, accompagné d’une hybridation réduite à son strict minimum.
« Vous en entendrez très bientôt parler, et ce sera avec une électrification très, très limitée », a expliqué Ben Sulayem. « Ce ne sera pas comme aujourd’hui, avec un partage 46-54. La puissance électrique sera marginale. »
La philosophie diffère radicalement de celle des unités de puissance actuelles. Le président de la FIA l’a résumé avec une formule volontairement pragmatique : « Le V8, vous le trouvez chez Ferrari, Mercedes, Audi, Cadillac. Vous le voyez chez la plupart des constructeurs, et il permet d’alléger considérablement les monoplaces. »
Cette configuration permettrait de réduire significativement le poids des batteries — actuellement comprises entre 150 et 160 kilogrammes — et de simplifier une architecture devenue d’une complexité redoutable. Les moteurs V8 turbo délivreraient une puissance globale comparable, voire supérieure, à celle des unités hybrides actuelles.






