La Formule 1 face à un choix déterminant pour ses futurs moteurs
À peine la saison 2026 entamée avec ses nouvelles monoplaces et ses groupes propulseurs hybrides 50/50, les dirigeants du paddock se projettent déjà bien au-delà. Stefano Domenicali, président-directeur général de la Formule 1, a lancé un avertissement sans équivoque : la discipline doit impérativement s’accorder sur la prochaine génération de moteurs dès cette année. Ni l’an prochain, ni dans deux ans. Cette année même.
« Nous ne pouvons nous permettre de perdre davantage de temps, car il s’écoule bien plus vite qu’on ne le pense. Nous devons faire preuve de la plus grande rigueur pour éviter de nous retrouver dans une impasse. Il nous faut donc trancher au plus vite », a-t-il déclaré. « C’est une décision que nous devons prendre cette année concernant l’avenir. »
Une urgence qui peut sembler prématurée, mais qui s’explique par une réalité incontournable : le développement d’une nouvelle génération de moteurs en Formule 1 exige en moyenne trois années de travail. Sans une décision rapide, c’est l’ensemble du calendrier réglementaire pour 2031 qui risque d’être compromis.
Vers un consensus : le retour du V8 turbo ?
Au fil des mois, une tendance se dessine dans les coulisses du paddock. Un consensus croissant émerge en faveur d’un retour à une architecture moteur proche de celle d’avant 2014, avec davantage de cylindres et une hybridation considérablement simplifiée. Parmi les différentes options à l’étude, le V8 turbocompressé de 2,4 litres s’impose comme le candidat le plus crédible pour les réglementations de 2031, selon le magazine spécialisé Auto Motor und Sport.
Ce choix marquerait un retour symbolique aux sources : la dernière saison disputée avec des V8 remonte à 2013. Depuis, la Formule 1 a traversé l’ère des V6 hybrides (2014-2025), avant d’adopter en 2026 une répartition 50 % électrique et 50 % thermique – une complexité qui a autant divisé le milieu qu’elle a alourdi les budgets.
Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, s’est montré particulièrement enthousiaste à cette perspective : « Pour nous, les V8 sont en bonne voie. Je suis très optimiste : les équipes réalisent que c’est la bonne direction. » Il est même allé jusqu’à évoquer publiquement la possibilité d’un retour aux V10 fonctionnant avec des carburants durables, suscitant l’enthousiasme des puristes du paddock.
Les carburants durables, pierre angulaire de la stratégie de Domenicali
Pour le patron de la Formule 1, la clé de la prochaine révolution moteur ne réside pas dans une électrification toujours plus poussée, mais bien dans les carburants durables. Depuis 2026, toutes les monoplaces utilisent des carburants 100 % durables, issus de filières synthétiques avancées. Domenicali y voit un levier essentiel pour repenser en profondeur la philosophie des groupes propulseurs.






