Quand le passé et l’avenir se rencontrent sur un podium
Certains moments du sport automobile transcendent le simple cadre de la compétition. Le podium du Grand Prix de Chine 2026 en est une illustration parfaite. Kimi Antonelli, debout sur la plus haute marche, George Russell en deuxième position, et Lewis Hamilton – vêtu de la célèbre livrée rouge de Ferrari – complétant ce trio d’exception. En retrait, derrière les stands, Peter Bonnington, surnommé « Bono », l’ingénieur de course du jeune Italien de dix-neuf ans, a vécu un instant rare, chargé d’histoire et d’émotion.
« Ce n’était pas si mal. Je ne vais pas me plaindre. Avoir Lewis à nos côtés, avec Kimi, c’était un moment exceptionnel. L’un de ceux que je chérirai toute ma vie », a confié Bonnington à Motorsport.com. « C’était comme si le groupe se reformait, sans pour autant être tout à fait le même… Je ne trouve pas la bonne analogie. »
Cette image – Bonnington aux côtés d’Antonelli et Hamilton réunis sur le podium – a touché bien au-delà des garages Mercedes. Toto Wolff lui-même, d’ordinaire si maître de ses émotions, a avoué : « Il est rare que je me sente submergé, mais c’est le cas aujourd’hui. »
La première victoire d’Antonelli : un exploit historique
Kimi Antonelli avait déjà marqué l’histoire en signant la pole position la plus précoce de la Formule 1, battant ainsi le record établi par Sebastian Vettel dix-sept ans plus tôt. Ce dimanche à Shanghai, il a franchi une nouvelle étape. À dix-neuf ans et deux cent deux jours, l’Italien est devenu le deuxième plus jeune vainqueur d’un Grand Prix, derrière Max Verstappen, et surtout le premier pilote italien à s’imposer en Formule 1 depuis Giancarlo Fisichella en Malaisie en 2006 – une année où Antonelli n’était même pas encore né.
La course ne s’est pas déroulée sans encombre. Au cinquante-troisième des cinquante-six tours, le jeune pilote a commis une sortie de piste au virage 14, s’attirant une légère remontrance de la part de Bonnington. Malgré cette frayeur, il a franchi la ligne d’arrivée avec 5,5 secondes d’avance sur Russell et près de vingt-cinq secondes sur la première Ferrari.
Les larmes aux yeux lors de son interview d’après-course, Antonelli a déclaré : « Je suis sans voix, au bord des larmes. Un immense merci à mon équipe, car c’est elle qui m’a permis de réaliser ce rêve. Je voulais vraiment ramener l’Italie au sommet. »






