Verstappen abandonne en Chine : Red Bull au cœur de la tourmente
Le Grand Prix de Chine 2026 restera gravé comme l’un des week-ends les plus sombres de l’ère Red Bull. Max Verstappen, quadruple champion du monde, a été contraint à l’abandon au 46ᵉ tour de la course, rappelé aux stands après une perte de puissance soudaine sur sa RB22. Un épilogue cruel pour un week-end qui n’avait cessé de s’enliser dans le cauchemar depuis le vendredi.
Au moment de son abandon, le Néerlandais occupait la sixième place, devancé par les deux Mercedes, les deux Ferrari et Oliver Bearman. Une position honorable au regard des performances désastreuses de la semaine, mais qui ne reflétait en rien l’ampleur des difficultés rencontrées tout au long du week-end à Shanghai.
Une perte de puissance fatale
C’est une instruction radio sans appel qui a scellé le sort de Verstappen : retour immédiat aux stands en raison d’une perte de puissance du moteur Red Bull Ford Powertrains. Le champion du monde a lui-même établi un parallèle avec les déboires de son ancien coéquipier : « Je n’avais plus aucune puissance, probablement un problème similaire à celui qu’avait connu Liam [Lawson] à Melbourne. Mais même après cela, j’avais pu remonter légèrement, bien que l’équilibre fût désastreux et la dégradation des pneus bien plus marquée que chez mes rivaux. »
Cette défaillance prend une dimension particulière dans le contexte des nouvelles réglementations 2026. L’abandon du MGU-H impose désormais au turbo de s’appuyer exclusivement sur les gaz d’échappement pour atteindre son régime optimal, ce qui nécessite de maintenir le moteur à haut régime avant le départ. Une mécanique complexe, encore perfectible, qui avait déjà causé des soucis similaires à Melbourne.
Un week-end cauchemardesque pour Red Bull
L’abandon en course n’est que l’aboutissement d’une semaine désastreuse à Shanghai. Dès le vendredi, Verstappen avait qualifié la journée de « désastre total » sur les ondes de son équipe. Le samedi, après une course sprint avortée dès le premier virage – chutant presque en dernière position à la suite d’un départ raté –, son ton s’était fait encore plus acerbe.
« La voiture est tout bonnement ingérable. Je n’arrive même pas à trouver le moindre repère », avait-il lâché après les qualifications. En Q3, il avait terminé huitième, à 1,8 seconde du poleman, un écart abyssal pour un quadruple champion du monde. La RB22 semblait incapable de s’adapter à la fenêtre de performance requise sur le circuit de Shanghai, pourtant radicalement différent de celui de Melbourne.
Une théorie technique suggère que le moteur Red Bull Ford Powertrains excelle dans la récupération d’énergie sur des tracés où les opportunités de recharge sont limitées, comme à Melbourne. En revanche, à Shanghai, avec sa longue ligne droite de 1,2 kilomètre et ses nombreuses zones de déploiement, le déficit global de puissance devient criant.






