Cédric Michel-Grosjean, le pari audacieux de Ferrari pour épauler Hamilton
L’information, d’abord murmurée dans les couloirs feutrés du paddock, s’est finalement matérialisée sous les objectifs des photographes : Cédric Michel-Grosjean, fraîchement débarqué de McLaren, arborait fièrement les couleurs de Ferrari sur le circuit d’Albert Park, lors du Grand Prix d’Australie. Le Français est désormais officiellement désigné comme l’ingénieur de course attitré de Lewis Hamilton pour la saison 2026, prenant ainsi la relève de Riccardo Adami, repositionné en interne au sein de la Scuderia.
Un transfert aussi discret que lourd de conséquences, révélateur de la détermination de Ferrari à tout mettre en œuvre pour offrir au septuple champion du monde les meilleures conditions dans cette saison historique, marquée par un règlement radicalement remanié.
Un ingénieur forgé dans l’excellence de McLaren
Si le nom de Cédric Michel-Grosjean ne résonne pas immédiatement aux oreilles du grand public, son parcours suscite, en revanche, une admiration unanime au sein du paddock. Intégré chez McLaren en 2017 en tant que stagiaire en technologie de course et volontaire en stratégie, il a gravi les échelons avec une rigueur et une persévérance remarquables.
D’abord data scientist, il s’est ensuite illustré comme ingénieur performance avant d’accéder, en 2023, au poste d’ingénieur performance voiture senior – une période charnière durant laquelle McLaren a opéré un retour tonitruant au sommet de la hiérarchie. En 2025, il occupait le rôle d’ingénieur performance trackside senior aux côtés d’Oscar Piastri, contribuant, selon les observateurs avisés du milieu, à sept victoires et seize podiums, ainsi qu’au deuxième titre consécutif des constructeurs pour l’écurie de Woking.
Comme l’a souligné Craig Slater, journaliste à Sky Sports News : « Il a su établir une connexion remarquable avec Oscar Piastri la saison dernière, apparemment avec une grande efficacité – un profil capable d’exceller dans ce domaine. »
Un départ de McLaren semé d’obstacles
Si la destination finale de Michel-Grosjean ne faisait guère de doute, son parcours vers Maranello s’est révélé plus sinueux que prévu. Après avoir quitté McLaren en décembre 2025, à l’issue de la saison, il devait théoriquement observer une période de jardinage – une pratique courante dans le sport automobile de haut niveau, visant à protéger les secrets industriels des équipes, et pouvant s’étendre de trois à six mois.
Fin janvier 2026, les essais de pré-saison à Bahreïn ont mis en lumière cette situation délicate. Hamilton lui-même avait reconnu que l’arrivée tardive de son nouvel ingénieur pourrait s’avérer à ses ambitions, précisant lors de la deuxième session d’essais que ce changement interviendrait après de la nouvelle saison.






