Il y a deux ans à peine, Logan Sargeant évoluait sous les feux impitoyables des projecteurs de la Formule 1, scruté, jugé, malmené par une machine médiatique sans pitié. Aujourd’hui, l’Américain originaire de Fort Lauderdale savoure une liberté retrouvée dans les paddocks du Championnat du Monde d’Endurance (WEC). À Imola, lors de l’ouverture de la saison 2026, il effectue ses débuts officiels en FIA WEC au volant de la Ford Mustang GT3 n°88 de Proton Competition. Et force est de constater qu’il n’éprouve aucun regret.
Un départ amer de la F1, mais assumé
Le bilan de Sargeant en Formule 1 se révèle difficile à enjoliver : trente-six Grands Prix disputés avec Williams entre 2023 et 2024, un seul point inscrit – lors du Grand Prix des États-Unis, ce qui avait fait de lui le premier pilote américain à marquer en F1 depuis Michael Andretti, trente ans plus tôt – et un écart qualificatif de 35-0 face à son coéquipier Alex Albon.
Les incidents se sont succédé : une monoplace gravement endommagée au Japon, puis lors des essais libres aux Pays-Bas, où il avait détruit une précieuse nouvelle carrosserie aérodynamique. Deux jours après la course de Zandvoort, Williams met un terme à son contrat, le remplaçant par Franco Colapinto pour le reste de la saison 2024.
Une fin abrupte. Pourtant, Sargeant ne cherche pas à dissimuler son soulagement et préfère tourner la page : « Après cela, ce fut évidemment mouvementé, intense, éprouvant sur le plan émotionnel et physiquement exigeant. Mon esprit avait simplement besoin d’une pause. »
Une période de reconstruction, loin des projecteurs
Plutôt que de se ruer vers un autre volant, Sargeant a choisi de prendre du recul. Il est retourné en Floride, a passé du temps avec ses proches et s’est même adonné à la pêche. « J’ai pris le temps de réfléchir, de me poser et de me recentrer sur moi-même », confie-t-il.
Il dément par ailleurs une rumeur qui avait circulé à son sujet : « Je n’ai jamais signé quoi que ce soit avec Genesis. Il y a bien eu une annonce, mais sans le moindre contrat paraphé. J’ai donc décidé d’en profiter pour faire une pause dans ma carrière. »
En octobre 2024, il effectue un premier test en IndyCar avec Meyer Shank Racing sur le circuit du Thermal Club. Puis, à l’été 2025, il confirme son retour à la compétition avec PR1/Mathiasen Motorsports en IMSA LMP2, terminant huitième au Battle on the Bricks et quatrième au Petit Le Mans. En janvier 2026, il dispute les 24 Heures de Daytona avec Era Motorsport, aux côtés de Jacob Abel, Ferdinand Habsburg et Naveen Rao.
« Je pense que les trois courses que j’ai disputées en IMSA en LMP2 se sont très bien passées, d’autant que je n’avais pas conduit depuis un an. Cela en dit long », glisse-t-il, sans forfanterie mais avec une légitime fierté.






