Kimi Antonelli s'impose en pole position à Miami avec un temps de 1 min 27 s 798, devant un Max Verstappen en pleine renaissance. McLaren s'effondre, la course est avancée à 13 h en raison des orages, et Hadjar est disqualifié.
Denis D est un passionné de Formule 1 et un bloggeur amateur spécialisé en technique automobile.
Antonelli confirme sa domination, mais Miami réserve son lot de surprises
Kimi Antonelli a signé sa troisième pole position consécutive de la saison 2026 lors du Grand Prix de Miami, en établissant un temps de référence de 1 min 27 s 798. Le pilote Mercedes, âgé de seulement 19 ans et leader du championnat du monde avec 72 points, a une nouvelle fois démontré pourquoi il incarne l'homme à battre dans cette nouvelle ère réglementaire. Toutefois, cette séance de qualifications en Floride n'a pas manqué de rebondissements : une météo capricieuse, un Verstappen ressuscité, une McLaren en déroute et une disqualification retentissante.
Après ses victoires consécutives en Chine et au Japon, Antonelli abordait Miami en position de force. La pole position, obtenue dès sa première tentative en Q3, s'est avérée suffisante : lors de son second tour lancé, il a commis une légère erreur et choisi de ne pas chercher à améliorer son temps. Ce dernier était tout simplement hors d'atteinte pour ses concurrents.
Verstappen ressuscité : Red Bull entrevoit enfin « la lumière au bout du tunnel »
La véritable surprise de ces qualifications arbore un casque rose et violet. Max Verstappen, que l'on avait vu abattu ces dernières semaines, s'est offert la première ligne avec une deuxième place, à seulement 166 millièmes de seconde d'Antonelli. Un résultat qui aurait semblé inenvisageable il y a encore quelques jours, alors que le Néerlandais accusait un retard de plus d'une seconde lors de la course précédente.
Le spectaculaire revirement de situation de Red Bull s'explique par un important lot d'évolutions apporté à Miami, couplé à un travail approfondi sur le comportement de la RB22. Verstappen ne cache pas sa satisfaction : « Tant de choses ne fonctionnaient pas jusqu'à ce week-end. Quelques éléments ont changé, et cela a rendu la voiture bien plus agréable à piloter. Je me sens de nouveau aux commandes, je n'ai plus l'impression d'être un simple passager. » Le champion du monde en titre a ajouté : « Être en première ligne alors que nous étions à plus d'une seconde lors de la course précédente, c'est énorme. Je sens vraiment que nous entrevoyons la lumière au bout du tunnel. »
La clé technique de cette renaissance réside notamment dans un déploiement d'énergie plus agressif avant le virage 1, procurant un gain d'environ 0,15 seconde dans les premiers mètres, ainsi qu'une récupération très dynamique entre les virages 3 et 4. — cette promesse semble désormais tenue.
Une grille idéale : quatre écuries différentes dans le top 5
Derrière la première ligne occupée par Mercedes et Red Bull, Charles Leclerc a sauvé l'honneur de Ferrari en s'emparant de la troisième place (+ 0,345 s), devant Lando Norris (McLaren, + 0,385 s) et George Russell (Mercedes, + 0,399 s). Lewis Hamilton complète le top 6 avec la seconde Ferrari (+ 0,521 s), suivi d'Oscar Piastri (McLaren, + 0,702 s) et de Franco Colapinto (Alpine, huitième).
Quatre constructeurs différents se partagent ainsi le top 4 de la grille — un tableau qui illustre parfaitement le resserrement spectaculaire de la hiérarchie à Miami. Comme l'a souligné George Russell : « Il est assez surprenant de constater le bond énorme réalisé par McLaren et Ferrari. C'est vraiment impressionnant. Nous savions qu'ils avaient probablement comblé l'écart, mais tout au long de la journée, ils ont été plus rapides que nous. » Ferrari évolue en terrain incertain concernant le choix des pneumatiques, tandis que Hamilton a révélé que le simulateur Ferrari l'avait induit en erreur dans la préparation du week-end.
McLaren : l'énigme d'une chute vertigineuse
Vingt-quatre heures plus tôt, McLaren semblait intouchable. Lando Norris avait remporté la course sprint devant Oscar Piastri, signant un doublé impeccable qui mettait fin à l'invincibilité de Mercedes. Ce sprint de Miami 2026 avait tout d'un tournant. Pourtant, lors des qualifications du Grand Prix, la même écurie s'est retrouvée reléguée aux quatrième et septième places, visiblement dépassée.
Le plus déconcertant ne réside pas seulement dans la perte de positions, mais dans le fait que les MCL39 ont objectivement ralenti entre les deux séances. Alors que Mercedes, Red Bull et Ferrari ont toutes progressé de 0,3 à 0,5 seconde entre les qualifications sprint et celles du Grand Prix, les McLaren ont perdu un temps équivalent. L'explication technique réside en partie dans la gestion du moteur hybride : Norris a révélé avoir entamé son dernier tour avec un déploiement incomplet. « Mon dernier tour a commencé avec moins de puissance que prévu pour une raison inconnue. La batterie n'était tout simplement pas chargée au maximum, donc j'étais désavantagé dès le départ. » L'Anglais a reconnu : « Ce n'était clairement pas une séance aussi aboutie de notre part, et nous devons comprendre pourquoi. »
Course avancée à 13 h locales : les orages menacent la Floride
Le drame du week-end ne se jouait pas uniquement sur la piste. Le Grand Prix de Miami a été avancé de trois heures en raison de prévisions météorologiques alarmantes. La FIA, la Formule 1 et le promoteur local ont conjointement décidé d'avancer le départ de 16 h à 13 h, heure locale — soit 19 h en France — afin d'éviter les orages violents annoncés en fin d'après-midi.
Le communiqué officiel est sans équivoque : « Cette décision a été prise pour minimiser les perturbations lors de la course et garantir une fenêtre maximale permettant de disputer le Grand Prix dans les meilleures conditions possibles, tout en privilégiant la sécurité des pilotes, des spectateurs, des équipes et du personnel. » La FIA mettait en garde contre des orages accompagnés « d'éclairs fréquents, de rafales de vent atteignant 50 à 70 km/h, et potentiellement de grêle. »
Cette perspective plonge le paddock dans une incertitude supplémentaire. Les monoplaces de 2026, nées sous un règlement technique entièrement renouvelé, n'ont pratiquement aucune expérience des conditions humides. Antonelli lui-même l'admet : « Ce sera glissant en cas de pluie, et ce ne sera pas aisé non plus, car tout le monde a si peu d'expérience, et certains d'entre nous n'en ont même aucune. Ce sera un défi inédit pour tous. » Le Grand Prix de Miami avait déjà été identifié comme potentiellement menacé par une règle méconnue sur la foudre.
Hadjar disqualifié : l'amère ironie d'une médaille trop brillante
Le délégué technique de la FIA, Jo Bauer, a constaté que les planchettes latérales gauche et droite du plancher dépassaient de 2 millimètres du volume de référence défini à l'article C3.5.5 du Règlement technique 2026. La sanction est sans appel : disqualification de la classification des qualifications, reléguant Hadjar en dernière position, en 22e place. Il sera néanmoins autorisé à prendre le départ de la course.
L'ironie cruelle de cette situation réside dans le fait que la pièce incriminée fait partie intégrante du vaste lot d'évolutions apporté par Red Bull à Miami — le même que celui utilisé avec succès par Max Verstappen pour s'emparer de la première ligne. Ces modifications majeures concernaient précisément l'avant du plancher, là où l'irrégularité a été détectée. Hadjar avait pourtant promis une remontée spectaculaire — il devra désormais la réaliser depuis le fond de la grille.
Antonelli, maître d'un championnat qui se resserre
Malgré la pénalité subie lors de la course sprint, Kimi Antonelli aborde ce Grand Prix de Miami avec une avance de sept points sur son coéquipier George Russell et de 42 points sur Lando Norris. Sa domination reste incontestable, mais elle est de plus en plus contestée.
Mercedes reconnaît être « en décalage » dans son calendrier d'évolutions par rapport à ses rivaux. Toto Wolff l'admet sans détour : « Nous savons que nos améliorations arrivent plus tard que celles des autres équipes. Nous espérions pouvoir maintenir notre avance. » La majeure partie du lot d'évolutions prévu pour Mercedes doit être déployée lors du Grand Prix du Canada, à Montréal. D'ici là, Antonelli devra défendre sa position avec les moyens du bord — et la pole position de Miami prouve qu'il en est parfaitement capable.
Le jeune pilote de 19 ans, qui affirme qu'« il est trop tôt pour penser au championnat », résume parfaitement son week-end : « C'était une journée incroyable de retrouver la pole position. Le début de journée a été difficile avec le sprint, où les choses ne se sont pas déroulées comme nous l'espérions. Mais je suis très heureux de cette remontée. » Sur la grille de Miami, sous la menace des orages, le leader du championnat est fin prêt à défendre son titre.