Giovinazzi, pilier de l'ombre chez Ferrari
À quelques jours du lancement de la saison 2026 de Formule 1 à Melbourne, la Scuderia Ferrari a clarifié l'un des derniers volets de son organisation : Antonio Giovinazzi continuera d'occuper le rôle de troisième pilote et pilote de développement pour le compte du Cavallino Rampante.
C'est le pilote italien lui-même qui a confirmé la nouvelle lors de la conférence de presse de présentation de la livrée 2026 de la Ferrari 499P au Museo Enzo Ferrari de Modène, mercredi dernier.
« Oui, je continuerai à être pilote de réserve et de développement en Formule 1 cette année aussi. »
Un champion du monde en WEC au service de la F1
Giovinazzi n'est pas un simple pilote de réserve. L'Italien originaire de Martina Franca est le champion du monde en titre du FIA World Endurance Championship, titre décroché au volant de la Ferrari 499P numéro 51 aux côtés d'Alessandro Pier Guidi et James Calado. L'équipage a terminé la saison 2025 avec 133 points, scellant le sacre lors des 8 Heures de Bahreïn.
Sa saison 2025 en endurance a été remarquable, avec notamment des victoires aux 6 Heures d'Imola et aux 6 Heures de Spa-Francorchamps, ainsi qu'une troisième place aux 24 Heures du Mans. En parallèle, Ferrari a reconquis le titre Constructeurs en WEC après 53 ans d'attente.
En 2026, Giovinazzi rempilera sur la 499P numéro 51 pour défendre ses titres mondiaux, tout en assurant ses fonctions de réserve auprès de l'écurie de F1 dirigée par Frédéric Vasseur.
Pourquoi les pilotes de réserve sont essentiels
Le rôle de troisième pilote peut sembler secondaire, mais l'histoire récente de la F1 a prouvé le contraire. En 2024, Carlos Sainz avait été contraint de déclarer forfait pour le Grand Prix d'Arabie saoudite en raison d'une appendicite. C'est Oliver Bearman, alors pilote de FIA F2 chez Prema, qui avait été appelé en urgence pour le remplacer — et le Britannique avait impressionné en terminant septième.
Ce type de scénario rappelle que les pilotes de réserve doivent se tenir prêts à tout moment. En 2026, si Charles Leclerc ou Lewis Hamilton venaient à être indisponibles, Ferrari pourrait compter sur Giovinazzi pour prendre le volant de la SF-26.
Bearman en renfort, Zhou chez Cadillac
La structure de réserve de Ferrari a été simplifiée pour 2026. Après le départ de Zhou Guanyu, qui a rejoint Cadillac en tant que pilote de réserve pour la première saison de l'équipe américaine en F1, Giovinazzi est désormais le seul pilote officiellement désigné à ce poste.
Toutefois, Ferrari conserve la possibilité de faire appel à Oliver Bearman, pilote titulaire chez Haas TGR pour sa deuxième saison en F1, en cas de besoin urgent. Cette configuration permet à la Scuderia de disposer à la fois de l'expérience de Giovinazzi et de la jeunesse de Bearman.
Un double rôle exigeant mais maîtrisé
Combiner un programme complet en WEC — avec huit manches au calendrier incluant les mythiques 24 Heures du Mans — et un rôle de développement en F1 est un exercice d'équilibriste. Giovinazzi doit jongler entre le travail au simulateur pour la SF-26, les sessions de TPC (Testing of Previous Cars) et ses engagements sur la Ferrari 499P.
L'Italien, qui a couru en F1 entre 2017 et 2021 pour Sauber/Alfa Romeo, connaît parfaitement les rouages de la Scuderia. Son expérience en course, acquise tant en monoplace qu'en endurance, en fait un atout précieux pour l'équipe dans une saison 2026 marquée par une révolution réglementaire majeure.
Alors que le GP d'Australie 2026 s'apprête à ouvrir une nouvelle ère de la Formule 1, Giovinazzi sera dans l'ombre — mais prêt à bondir au moindre appel du Cheval Cabré.






