Un bilan 2025 en deçà des attentes
Après une première saison chez Haas jugée décevante, Esteban Ocon se retrouve sous les projecteurs à l'aube de la nouvelle ère réglementaire 2026. Le directeur d'équipe Ayao Komatsu n'a pas mâché ses mots lors d'un point presse récent, admettant ouvertement que l'écurie américaine « attendait plus » de son pilote expérimenté.
Le constat est sans appel : Ocon a terminé la saison 2025 à la 15e place du championnat avec 38 points, soit trois unités derrière son coéquipier rookie Oliver Bearman, qui l'a également devancé 14 fois en qualifications sur la saison.
Komatsu ne fait pas dans la langue de bois
Le patron de Haas a été d'une franchise rare dans son évaluation. « Si l'on regarde purement le résultat sportif, personne n'est satisfait du résultat d'Esteban l'année dernière », a-t-il déclaré. Et d'enfoncer le clou : « C'est un coéquipier face à un rookie – oui, un rookie incroyable, mais il a tout de même 10 ans de F1 à son actif. C'est un vainqueur de course, un pilote qui a connu le podium. Nous attendions plus de lui. »
Komatsu a toutefois reconnu une responsabilité partagée, estimant le bilan à « 50/50 » entre le pilote et l'équipe. L'écurie n'a pas toujours été en mesure de fournir une voiture dans laquelle Ocon se sentait à l'aise, notamment en qualifications. Le cas du Grand Prix de Bakou a été cité en exemple, où le Français souffrait de problèmes de freinage et s'est retrouvé très loin du rythme de Bearman.
« Nous ne nous attendions pas à ce que les pires journées d'Esteban soient aussi éloignées du niveau attendu », a reconnu Komatsu, tout en soulignant qu'il n'y a « pas un seul facteur commun » mais plutôt « un effet boule de neige » que l'équipe doit apprendre à enrayer plus rapidement.
Ocon se défend : « Ce n'était pas qu'une question de pilotage »
Face à ces critiques, le Français a tenu bon. « Ce n'était pas vraiment une surprise de voir les commentaires d'Ayao. Nous avons beaucoup parlé pendant l'hiver », a-t-il confié lors des essais de pré-saison. Ocon insiste sur le fait que ses difficultés n'étaient pas uniquement de son ressort, pointant un problème récurrent de blocage du train avant et d'instabilité qui l'a handicapé pendant une grande partie de la saison.
Le pilote normand a notamment évoqué le déclic tardif survenu lors du dernier Grand Prix à Abu Dhabi : « Le vendredi, j'étais à une demi-seconde de mon niveau. Et puis le samedi, après des ajustements, la voiture est soudainement revenue à la vie. Super Q3, 7e en course – c'est ce dont nous avions besoin toute la saison. »
Un regain de performance en toute fin d'année qui renforce l'idée d'un problème structurel plutôt que purement lié au pilote.
2026 : l'année de la dernière chance ?
La saison à venir s'annonce cruciale pour Ocon chez Haas. Au cours de cette campagne, le Français atteindra deux caps symboliques : ses 30 ans en septembre et potentiellement ses 200 départs en Grand Prix à Mexico. Avec des ambitions claires, il vise « des top 10 à chaque course » et rêve d'offrir à Haas son premier podium en Formule 1.
Komatsu, de son côté, attend une « contribution plus importante » de la part d'Ocon, tout en lui réaffirmant sa confiance. « Le potentiel d'Esteban est clair. Regardez ce qu'il est capable de faire à Abu Dhabi le samedi et le dimanche, après un vendredi très mauvais. C'est le talent qu'il a, c'est la capacité qu'il possède. Nous devons exploiter cela. »
Avec l'investissement croissant de Toyota dans le projet Haas et l'arrivée d'une nouvelle ère réglementaire en 2026, la pression monte pour les deux parties. Ocon et Bearman devront livrer des résultats pour sécuriser leur avenir au-delà de 2026, alors que des noms comme Jack Doohan ou les juniors Ferrari Rafael Camara et Dino Beganovic guettent la moindre place vacante.
Un duo qui doit fonctionner à plein régime
L'une des notes positives réside dans la bonne entente entre les deux pilotes. Malgré une réputation parfois tumultueuse avec ses coéquipiers par le passé, Ocon a décrit sa relation avec Bearman comme « la meilleure de toutes celles que j'ai eues avec un coéquipier ». Lors des essais hivernaux à Bahreïn, les retours des deux pilotes étaient alignés – un signe encourageant pour la saison à venir.
« Nous avons besoin de deux pilotes cette année », a martelé Komatsu. Le message est clair : Haas veut franchir un cap et ne peut se permettre de compter sur un seul pilote pour marquer des points. Pour Ocon, c'est à la fois un défi et une opportunité de prouver que sa saison 2025 n'était qu'un accident de parcours dans une carrière déjà riche de dix années en Formule 1.
La saison 2026 donnera son verdict. Le Français en est conscient : « Je suis là pour gagner. En étant réaliste, on ne va pas gagner cette année, mais je veux avoir une bien meilleure saison que l'année dernière. »






