Un accrochage en course, une pénalité de dix secondes infligée dans les règles, des excuses échangées entre les deux pilotes concernés. Pourtant, quelques heures plus tard, Esteban Ocon et ses proches recevaient des menaces de mort sur les réseaux sociaux. Le Grand Prix de Chine 2026 a une nouvelle fois révélé le visage le plus sombre du fanatisme moderne en Formule 1.
Un incident de course transformé en tempête numérique
Tout a débuté au trente-troisième tour du Grand Prix de Chine. Esteban Ocon, pilote de l’écurie Haas, tente une manœuvre offensive sur Franco Colapinto, dont les pneus viennent d’être changés. Le duel, engagé depuis plusieurs tours, tourne mal dans la partie finale de l’« escargot » : accrochage, tête-à-queue, et une pénalité de dix secondes qui prive Ocon de toute chance de marquer des points, le reléguant à la quatorzième place à l’arrivée.
Le Français n’a pas cherché à minimiser sa responsabilité. « Oui, l’incident avec Franco, c’est de ma faute. Je me suis excusé. De toute façon, il n’y avait qu’un point ou rien à jouer, donc il fallait tenter le coup », a-t-il déclaré sur Canal+. De son côté, Colapinto a confirmé avoir accepté ces excuses : « Il est venu me voir pour s’excuser, et tout est réglé. »
Sur le plan sportif, l’affaire était close. Sur les réseaux sociaux, elle ne faisait que commencer.
Des menaces de mort pour un dépassement raté
Dans les heures qui ont suivi la course, Ocon, sa famille et l’écurie Haas ont été submergés de messages haineux sur Instagram et X (anciennement Twitter). Parmi ceux-ci, des menaces de mort explicites, émanant d’une frange de supporters argentins ulcérés par la collision impliquant leur idole.
Face à l’ampleur des abus, Bullet Sports Management, l’agence représentant Colapinto, a dû publier un communiqué d’urgence : « Message d’intérêt public : nous vous prions de ne pas envoyer de messages haineux ni de menaces de mort à Esteban, à sa famille ou à l’équipe Haas. Cela ne changera rien à l’incident et ne fera qu’entacher l’image des supporters de Franco. Merci de continuer à lui apporter un soutien positif et respectueux. »
Le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, est personnellement intervenu pour contacter Ocon et lui apporter le soutien de l’organisation dans le cadre de son initiative United Against Online Abuse (UAOA).
Ralf Schumacher : « Triste et honteux »
L’ancien pilote et consultant pour Sky Allemagne, Ralf Schumacher, n’a pas mâché ses mots. « Nous devons également aborder le côté obscur de certains supporters argentins, et ce n’est pas la première fois », a-t-il déclaré. « C’est vraiment horrible. Je trouve cela triste et honteux, car cela n’a plus rien à voir avec le sport. »
Schumacher a également réclamé des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces menaces, comme nous l’évoquions dans . « Peut-être faudrait-il engager des poursuites pénales contre ce type d’individus. On ne peut tout simplement pas tolérer cela. La violence, ou l’incitation à la violence via Internet, n’a pas sa place dans notre monde. »






