Ces moments que l’on aimerait partager avec ceux qui nous ont quittés
Certaines victoires sportives transcendent le simple cadre du chronomètre. Certains jours de fête portent en eux une absence aussi pesante que la joie qu’ils procurent. Pour Charles Leclerc, deux événements marquants de sa vie illustrent cette dualité avec une intensité particulière : sa victoire historique au Grand Prix de Monaco en mai 2024 et son mariage avec Alexandra Saint Mleux, prévu en février 2026. Deux étapes majeures célébrées sans celui qui avait tout sacrifié pour les rendre possibles : son père, Hervé, disparu le 20 juin 2017 à l’âge de cinquante-quatre ans.
« La victoire à Monaco, c’était un rêve que mon père et moi partagions. Et mon mariage, car c’est un moment très important pour toute la famille ! » — Charles Leclerc
Ces quelques mots résument à eux seuls une facette souvent méconnue de la personnalité du pilote Ferrari : derrière le champion au casque rouge et blanc se cache un fils qui n’a jamais oublié.
Hervé Leclerc, l’architecte d’un rêve
L’histoire débute dans les années 1980, sur les circuits de karting de la région niçoise. Hervé Leclerc, ancien pilote de Formule 3, initie son fils Charles à la discipline dès l’âge de cinq ans, sur le circuit de Brignoles — propriété du père de Jules Bianchi, qui deviendra plus tard le parrain sportif du jeune prodige. La Formule 1 s’impose alors comme un projet familial, porté avec une égale passion par le père et par le fils.
Pourtant, le destin en a décidé autrement. Hervé succombe à un cancer à cinquante-quatre ans, en juin 2017, alors que Charles dispute sa saison de Formule 2. Le Monégasque n’a alors que dix-neuf ans. Il perdra également son parrain, Jules Bianchi, deux ans plus tôt, en juillet 2015, après neuf mois de coma consécutifs à son accident lors du Grand Prix du Japon d’octobre 2014. Deux figures tutélaires disparues avant même que le grand rêve ne se concrétise.
Dans un épisode du podcast On Purpose, Charles Leclerc avait partagé l’une des anecdotes les plus poignantes de son existence : pour offrir un ultime réconfort à son père mourant, il lui avait annoncé avoir signé son contrat en Formule 1, alors que rien n’était encore officiel. « Je lui avais dit : […] »






