Le débat autour du nouveau règlement 2026 de la Formule 1 ne cesse de prendre de l'ampleur à l'approche du Grand Prix d'Australie. Après les critiques virulentes de Max Verstappen, qui a qualifié les nouvelles monoplaces de « Formule E sous stéroïdes », c'est au tour d'une légende de la discipline de monter au créneau. Gerhard Berger, dix fois vainqueur de Grand Prix entre 1984 et 1997, exprime un profond malaise face à la direction prise par la F1.
« Quelque chose résiste en moi »
Dans un entretien accordé aux quotidiens autrichiens Salzburger Nachrichten et Tiroler Tageszeitung, l'ancien pilote Ferrari et McLaren, aujourd'hui âgé de 66 ans, n'a pas mâché ses mots. S'il reconnaît que les fondamentaux du sport n'avaient guère changé depuis son époque, le règlement 2026 représente selon lui un virage trop radical.
« Jusqu'à présent, les paramètres étaient similaires à ceux de mon époque », a-t-il confié. Mais avec la nouvelle réglementation, Berger admet avoir du mal « à suivre le tout, parce que c'est un véritable saut quantique ».
Le cœur du problème ? La gestion de l'énergie électrique, qui oblige désormais les pilotes à lever le pied dans certaines portions du circuit pour recharger les batteries et disposer de plus de puissance en ligne droite. « Quand lever le pied plus tôt est récompensé, j'ai du mal. Cela contredit mon amour du sport automobile classique », a déclaré l'Autrichien.
La surréglementation dans le viseur
Au-delà de la complexité technique des nouvelles monoplaces, Berger pointe du doigt ce qu'il qualifie de « surréglementation permanente ». L'ancien pilote estime que les décisions sont prises par des personnes « qui n'ont pas vraiment l'esprit du sport automobile ».
Une critique qui fait écho aux inquiétudes exprimées par plusieurs pilotes actuels. Verstappen avait prévenu que la F1 2026 serait « compliquée à suivre » pour les fans, tandis que Lewis Hamilton a déclaré qu'il « faudrait un diplôme universitaire pour tout comprendre ». Fernando Alonso, de son côté, a suggéré avec ironie que même le chef cuisinier d'Aston Martin pourrait piloter ces voitures dans certains virages, tant la gestion d'énergie y réduit les exigences de pilotage.






