Les stratégies à un seul arrêt s'imposent dès les premiers Grands Prix de 2026
La nouvelle ère réglementaire de la Formule 1 a rapidement révélé ses premiers effets sur le plan stratégique. Dès les deux premières épreuves de la saison 2026, en Australie et en Chine, les tactiques reposant sur un unique arrêt aux stands ont dominé les débats. George Russell s'est imposé lors du Grand Prix d'Australie en adoptant cette approche, avant que Kimi Antonelli ne réitère la performance en Chine, décrochant ainsi sa première victoire en Formule 1.
Un tel scénario n'a rien d'une coïncidence. La réglementation introduite en 2026 a profondément transformé la physionomie des monoplaces, et Pirelli en mesure déjà les répercussions sur l'utilisation des pneumatiques. Mario Isola, directeur de Pirelli Motorsport, a publiquement reconnu cette situation à l'issue du Grand Prix de Chine.
« L'objectif fixé pour les nouveaux pneus était similaire à celui de l'année précédente : proposer un mélange de stratégies à un et deux arrêts, avec les trois composés adaptés à la course. »
Pourquoi les nouvelles règles techniques favorisent les stratégies à un seul arrêt
Les modifications apportées en 2026 sont radicales. Les monoplaces ont été allégées d'environ 30 kg, leur largeur réduite à 1,80 mètre, et leur appui aérodynamique diminué d'environ 30 % par rapport à la génération précédente. Conséquence directe : les pneus subissent des contraintes bien moindres, en particulier dans les virages.
À ces changements s'ajoute une révolution au niveau des groupes propulseurs. La puissance thermique a été drastiquement réduite, passant de 762 ch à environ 545 ch, tandis que la contribution électrique a triplé pour atteindre 476 ch, établissant un équilibre parfait entre thermique et électrique (50-50). Ce nouveau paradigme contraint les pilotes à adopter régulièrement la technique du « lift and coast » pour préserver l'énergie, ce qui réduit encore davantage les sollicitations exercées sur les pneumatiques.
Les pneus eux-mêmes ont évolué. Pirelli a réduit la largeur de la bande de roulement de 25 mm à l'avant et de 30 mm à l'arrière, tout en supprimant le composé C6 de la gamme. Les essais avaient en effet révélé que l'écart de performance entre les prototypes C5 et C6 était trop faible pour justifier le maintien de ce dernier. La gamme se limite désormais aux composés C1 à C5.
L'impact sur les temps au tour : un indicateur révélateur
L'un des marqueurs les plus éloquents de cette transformation réside dans l'évolution des chronométrages. La pole position établie en Chine en 2025 était ainsi 1,423 seconde plus rapide que celle enregistrée en 2026 sur le même circuit. Les voitures étant plus lentes, les pneus, moins sollicités, conservent naturellement leur performance plus longtemps.






