Antonio Pérez Garibay se confie sur ses ambitions présidentielles
Antonio Pérez Garibay ne manque assurément pas d’ambition. Le père de Sergio « Checo » Pérez, pilote mexicain engagé avec Cadillac pour la saison 2026, a récemment suscité la surprise en révélant publiquement son rêve de briguer un jour la présidence du Mexique. Des déclarations partagées sur Instagram et reprises par plusieurs médias mexicains, qui n’ont pas manqué de provoquer des réactions en cascade.
« Il ne faut jamais dire non, mais oui, c’est mon rêve. Mon rêve est qu’un jour, je devienne président du Mexique, tout comme mon rêve était autrefois que mon fils devienne pilote de Formule 1 », a-t-il confié au journal El Siglo de Torreón. Une comparaison qui résume à elle seule l’état d’esprit de cet homme, coutumier des défis les plus audacieux et rompu à l’art de transformer ses ambitions en réalité.
Face aux sceptiques, Antonio Pérez Garibay assume pleinement ses propos : « Quand je dis que je veux être président du Mexique, les gens me traitent de fou. Alors j’assume cette folie : j’aime faire ce que les autres ne font pas. Je suis de ceux qui osent là où d’autres hésitent. »
Un parcours atypique, entre sport automobile et engagement politique
Pour saisir la singularité de ce personnage, il convient de retracer un parcours pour le moins éclectique. Antonio Pérez Garibay a d’abord embrassé une carrière de pilote professionnel à partir de 1987, s’illustrant notamment en remportant le championnat national de la Copa Marlboro. Une grave blessure dorsale, consécutive à un accident survenu lors d’une course de démonstration, a toutefois mis un terme prématuré à ses aspirations sportives.
Il a alors recentré son énergie sur l’accompagnement de son fils Sergio, lui ouvrant les portes de sponsors prestigieux, à l’instar du milliardaire Carlos Slim, afin de financer son ascension vers la Formule 1. Sans ce soutien paternel inébranlable, la trajectoire de Checo Pérez aurait sans doute emprunté un chemin bien différent.
Son engagement politique, quant à lui, s’inscrit dans la durée. En 2015, il a tenté de se faire élire maire de Guadalajara sous les couleurs du parti Nueva Alianza, avant de rejoindre Morena — le Mouvement de régénération nationale —, formation politique de l’actuelle présidente Claudia Sheinbaum. En 2018, il s’est porté candidat au Sénat pour l’État du Jalisco, sans succès. Ce n’est qu’en 2021 qu’il a finalement décroché son premier mandat, en devenant député fédéral de Morena pour le Jalisco, fonction qu’il a exercée jusqu’en juillet 2024.
Des ambitions présidentielles de longue date
Les velléités présidentielles d’Antonio Pérez Garibay ne datent pas d’hier. Dès mars 2022, lors d’un déplacement à Acapulco, dans l’État du Guerrero, il avait déclaré sans ambages : « Aujourd’hui, ici à Acapulco, j’ai reçu un signe fort. Je vais œuvrer dans tout le pays, car je veux être président du Mexique en 2024. J’essaierai, et nous irons jusqu’au bout. »
Ces aspirations ont toutefois été contrariées par les élections présidentielles mexicaines de 2024, remportées haut la main par Claudia Sheinbaum — elle-même membre de Morena —, qui est devenue la première femme à accéder à la présidence du Mexique. Fidèle à son parti, Antonio Pérez Garibay a apporté son soutien à la candidate victorieuse, tout en lui confiant ses propres ambitions présidentielles.
Dans ce contexte, ses récentes déclarations, en février 2026, relancent une question cruciale : vise-t-il une candidature pour 2030, à l’issue du mandat de Claudia Sheinbaum ? La Constitution mexicaine, qui n’autorise qu’un seul mandat présidentiel de six ans, laisse en effet entrevoir une prochaine élection ouverte à tous les possibles.
Père d’une star mondiale et figure politique controversée
La notoriété internationale de son fils constitue un atout indéniable dans sa stratégie politique. La famille Pérez entretient des relations étroites avec les plus hautes sphères du pouvoir mexicain — l’ancien président López Obrador était notamment connu pour appeler Checo après chacune de ses victoires en Grand Prix.
Cependant, cette exposition médiatique s’accompagne également de critiques acerbes. En 2022, Red Bull avait dû désactiver les commentaires sous une publication Instagram mettant en scène Checo et son père, en raison d’un déferlement de messages hostiles. Ses détracteurs l’accusent d’instrumentaliser la célébrité de son fils à des fins personnelles, une accusation qu’il balaie d’un revers de main : « Je me rends dans de nombreux endroits, et les médias ainsi que les réseaux sociaux évoquent le père de Checo, prétendant que je m’accroche à sa célébrité. Mais non, ne vous y trompez pas. Ce que j’ai accompli, je l’ai fait pour Checo. Checo Pérez ne m’a pas surpassé. Le jour où il aura un fils pilote de Formule 1, nous en reparlerons. »
Cette relation père-fils, à la fois fusionnelle et complexe, n’est pas sans évoquer d’autres figures marquantes du paddock, comme le père de Lance Stroll ou celui de Max Verstappen — des pères ayant façonné le destin de leurs fils tout en cultivant une présence remarquée dans l’univers de la Formule 1.
Un fils en pleine renaissance sportive
Pendant ce temps, Sergio Pérez entame un nouveau chapitre de sa carrière. Après une fin de saison 2024 difficile chez Red Bull, le Mexicain a signé avec Cadillac pour leur campagne d’inauguration en Formule 1 en 2026, aux côtés de Valtteri Bottas. Une opportunité qu’il a saisie avec l’enthousiasme qui le caractérise, et qui lui offre une chance de rebondir.
Le succès sportif de Checo reste le meilleur atout politique de son père — et son meilleur rempart. Tant que le nom Pérez résonne sur les circuits du monde entier, Antonio Pérez Garibay dispose d’une tribune que peu de candidats à la présidence mexicaine peuvent s’offrir.
Rêve présidentiel ou stratégie politique savamment orchestrée ? Sans doute un peu des deux. Une certitude demeure : Antonio Pérez Garibay partage avec son fils une qualité essentielle — celle de viser toujours plus haut.






