La FFSA en pleine tourmente : Gosselin évincé par 70 % des voix
Un véritable séisme institutionnel a ébranlé le sport automobile français ce mardi 24 mars 2026. À l’issue d’une assemblée générale extraordinaire réunie dans les locaux de la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA), Pierre Gosselin, président de la fédération depuis octobre 2024, a été révoqué de ses fonctions, entraînant dans sa chute l’ensemble de son comité directeur. Le vote, sans équivoque, a recueilli 70 % des suffrages en faveur de cette destitution collective.
Cette assemblée extraordinaire avait été convoquée à la demande d’une large majorité des membres de la fédération – 31 sur 42 –, signe que l’opposition à Gosselin avait pris une ampleur considérable en quelques semaines seulement. Le choix de cette date n’est pas anodin : il intervient moins d’un mois après l’éclatement public de la crise, au début du mois de mars 2026.
Retour sur une crise latente depuis plusieurs mois
Pour saisir la portée des événements du 24 mars, il faut remonter au mois de mars 2026, lorsque Pierre Gosselin a décidé de briser le silence. Dans un communiqué au ton ferme, daté du 4 mars, il affirmait avoir "acquis la certitude d’avoir hérité d’un système de gouvernance opaque et illégal, menaçant tant notre agrément ministériel que notre probité".
Il poussait plus loin ses accusations, qualifiant ce système de "fonctionnement occulte et quasi mafieux", qu’il imputait à l’ancien président Jacques Régis. Ses attaques visaient directement deux de ses prédécesseurs : Jacques Régis, qui a dirigé la FFSA de 1997 à 2007, et Nicolas Deschaux, son successeur jusqu’en 2024. Gosselin annonçait alors avoir déposé une plainte pénale pour "agissements suspects des anciens dirigeants", ainsi qu’une plainte distincte contre Jacques Régis pour "menaces, intimidation, dénonciation calomnieuse et diffamation".
Cependant, cette offensive n’a pas produit l’effet escompté. Loin de rallier les membres de la fédération à sa cause, elle a déclenché une riposte immédiate.
Des plaintes croisées et une contre-offensive organisée
Face aux accusations portées par Gosselin, ses détracteurs au sein de la FFSA ont rapidement réagi. Une plainte collective a été déposée contre lui, l’accusant d’"abus de confiance, détournement de fonds et dénonciation calomnieuse". Selon des informations relayées par L’Équipe, ses opposants lui reprochent notamment d’avoir perçu, "sans autorisation", une rémunération au premier semestre 2025, non validée par l’assemblée générale et jamais remboursée, le plaçant ainsi "dans une situation d’illégalité manifeste".
Ces allégations prennent d’autant plus de poids qu’une assemblée générale du 26 novembre 2025 avait une résolution relative à la rémunération du président – avec 676 voix contre et aucune pour. Un signal d’alerte qui, visiblement, n’avait pas suffi à apaiser les tensions.






