Fin 2022, après vingt-sept années de loyaux services, Mattia Binotto quittait Maranello. Aujourd’hui à la tête du projet Audi en Formule 1, l’ingénieur italien n’a visiblement pas oublié ce qu’il a laissé derrière lui. Lorsque Gabriel Bortoleto a offert à la marque aux anneaux ses tout premiers points en Grand Prix dès l’édition 2026 du Grand Prix d’Australie, il a saisi l’opportunité pour adresser quelques piques savoureuses à son ancien employeur.
« Ils n’ont rien remporté depuis 2008 »
La formule, directe et presque provocatrice, en dit long. Interrogé par un journaliste sur son ambition de faire d’Audi une écurie aussi performante que Ferrari, Binotto a répondu avec un sourire en coin : « Pourquoi ferais-je cela ? Ils n’ont rien remporté depuis 2008. Moi, je veux qu’Audi gagne. » Une boutade lourde de sous-entendus. Le dernier titre mondial des constructeurs de la Scuderia remonte effectivement à 2008, soit dix-huit années de disette en matière de trophées majeurs.
Mais l’ancien patron de Ferrari ne s’est pas contenté de cette remarque. Il a également souligné les différences culturelles et organisationnelles qu’il a observées entre les deux structures. « Chez Ferrari, il n’existait pas de procédures établies ; on improvisait. Un plan n’était pas indispensable pour réussir. À l’inverse, chez Audi, où la culture est plus germanique et helvétique, les plans sont essentiels. » Ces propos résonnent comme un aveu : pendant des années, la Scuderia aurait fonctionné à l’instinct et à l’improvisation, au détriment de la rigueur méthodique.
Un début historique à Melbourne
Ces déclarations interviennent dans un contexte particulièrement symbolique. Lors du Grand Prix d’Australie 2026, première manche du championnat du monde sous l’égide des nouvelles réglementations, Gabriel Bortoleto a non seulement accédé à la Q3 lors des qualifications – une première dans l’histoire d’Audi en Formule 1 –, mais il a également terminé neuvième de la course, offrant ainsi deux précieux points au constructeur allemand.
Un résultat qui a marqué les esprits dans le paddock. Audi avait pourtant réussi à se qualifier en Q3 dès ses premières qualifications, ce qui constituait déjà une performance remarquable pour un nouveau venu. Le directeur de l’équipe, Jonathan Wheatley, n’a d’ailleurs pas caché son émotion : « Tout ce que vous voyez sur la piste est inédit – la voiture, la boîte de vitesses, tout. Marquer des points dès notre première course est un jour historique pour nous. Je suis extrêmement fier du travail accompli à Hinwil et à Neuburg. »






