Un début de saison prometteur, puis la spirale
La saison rookie d'Oliver Bearman chez Haas en 2025 s'est terminée sur un bilan globalement positif : 13e au championnat des pilotes avec 41 points, trois de plus que son coéquipier expérimenté Esteban Ocon. Mais derrière ces chiffres encourageants se cache un passage à vide qui a failli tout remettre en question.
Invité du podcast High Performance, le jeune Britannique est revenu avec une sincérité désarmante sur cette période sombre de sa première saison complète en Formule 1. Tout a basculé lors du Grand Prix de Hongrie, un week-end cauchemardesque qui a marqué le point le plus bas de sa saison.
Dès les EL1 à Budapest, Bearman a endommagé le plancher de sa Haas en passant large au virage 4. Les réparations l'ont mis en difficulté pour les EL2, et le même problème s'est reproduit en EL3. En course, de nouveaux dommages sur le plancher arrière l'ont contraint à l'abandon, malgré un bon premier tour.
« Ces petites erreurs n'arrêtaient pas de revenir »
Sur le podcast, Bearman a décrit un cercle vicieux mental dans lequel il s'est enfermé au fil des courses. Ne parvenant pas à marquer régulièrement des points, il a voulu forcer les choses, ce qui n'a fait qu'aggraver la situation.
Le pilote a expliqué avoir voulu « pousser un peu plus, encore un peu plus » pour tenter de décrocher ces points qui lui échappaient. Mais cette approche a eu l'effet inverse, avec des erreurs qui se sont multipliées, culminant avec cet abandon à Budapest — « la pire fin possible pour la première moitié de saison ».
Le Grand Prix de Grande-Bretagne n'a pas arrangé les choses : une infraction au drapeau rouge en EL3 lui a valu une pénalité de 10 places sur la grille. Il a tout de même terminé 11e, deux places devant Ocon, mais les doutes s'accumulaient.
Une conversation brutale qui a tout changé
C'est pendant la trêve estivale que Bearman a eu une discussion décisive avec son coach mental. Le constat était sans appel.
Le Britannique a révélé qu'ils se sont assis ensemble et ont dressé un bilan cru : à ce moment-là, il était dernier parmi les pilotes ayant inscrit des points au championnat. Son coach lui a dit clairement qu'il ferait « ses valises » s'il continuait à commettre ce genre d'erreurs.
Cette franchise l'a secoué, mais c'est précisément ce dont il avait besoin. Bearman a reconnu que « quatre ou cinq courses » sans progression, c'était suffisant pour que les décideurs envisagent de le remplacer : « Quand on ne voit pas d'amélioration, qu'est-ce qu'on fait ? On se débarrasse. »
Le déclic de la seconde moitié de saison
La pause estivale a servi de catalyseur. Bearman a compris qu'il n'avait pas besoin de « retourner son monde », mais simplement d'apporter un peu de structure à son approche. Ce petit ajustement lui a permis de performer à un niveau bien supérieur.
Et les résultats ont suivi de manière spectaculaire. Après la trêve, Bearman a enchaîné les performances avec une régularité impressionnante. Il a marqué des points lors de cinq week-ends consécutifs entre Singapour et Las Vegas, devenant le premier pilote Haas à réaliser cette série dans l'histoire de l'équipe. Le point d'orgue ? Une quatrième place au Grand Prix du Mexique — le meilleur résultat de l'équipe égalant celui de Romain Grosjean en 2018.
Sur l'ensemble de la saison, Bearman a terminé devant Ocon en qualifications avec un bilan de 14-10, et a fini à égalité en course (12-12). Ayao Komatsu lui-même a reconnu avoir été davantage impressionné par la progression de Bearman que par les performances d'Ocon.
Un témoignage précieux sur la réalité de la F1
Cette confession de Bearman s'inscrit dans une prise de parole plus large du jeune pilote sur les réalités psychologiques de la vie en Formule 1. Il avait déjà évoqué la solitude qui l'a frappé lors de sa saison rookie, entre les voyages incessants, l'éloignement familial et le contraste brutal entre l'effervescence du circuit et le silence de la chambre d'hôtel.
À l'aube de la saison 2026 et du GP d'Australie, Bearman aborde sa deuxième année en F1 avec une maturité renforcée. La question est désormais de savoir jusqu'où il pourra pousser la Haas dans cette nouvelle ère réglementaire — et si son rêve de rejoindre un jour Ferrari, dont il reste un protégé, pourra se concrétiser.
Source : Motorsport.com






