Une rumeur qui a enflammé le paddock néo-zélandais
À son retour en Nouvelle-Zélande pour profiter de la longue pause du calendrier de Formule 1, Liam Lawson a été accueilli par une surprise de taille. Son téléphone n’a cessé de vibrer sous l’afflux de messages lui annonçant qu’il devait prendre part au championnat Supercars la semaine suivante. Le problème ? Il s’agissait là de sa toute première information à ce sujet.
« À mon arrivée en Nouvelle-Zélande, mon téléphone n’arrêtait pas de recevoir des messages du type : Oh, Liam, tu cours en Supercars la semaine prochaine ! », a-t-il relaté à Speedcafe ainsi qu’à d’autres médias présents. « Et là, je me suis dit : Je ne savais même pas que je devais courir en Supercars la semaine prochaine ! Comment tout le monde peut-il être au courant que je vais piloter une Supercar alors que moi-même, j’ignore tout de la situation ? »
Cette anecdote savoureuse illustre à elle seule l’ampleur qu’a prise une rumeur, laquelle, selon PlanetF1.com, trouverait son origine dans une plaisanterie du 1er avril ayant échappé à tout contrôle. Cette dernière aurait été amplifiée par l’indisponibilité de Lawson, alors en plein voyage de retour.
D’où est partie cette rumeur ?
Cette rumeur ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans un contexte particulier : l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite en raison du conflit au Moyen-Orient a créé une fenêtre inédite dans le calendrier moderne de la F1, avec cinq semaines sans course entre le Grand Prix du Japon (29 mars) et celui de Miami (3 mai). Plusieurs pilotes en ont profité pour maintenir leur rythme de compétition : Max Verstappen et Lance Stroll se sont illustrés en GT3, tandis que d’autres ont participé à des essais avec Pirelli, notamment sur le Nürburgring — une session dont l’analyse est disponible dans notre article consacré aux tests de pneus Pirelli.
Dans ce contexte, les organisateurs du Supercars Championship ont évoqué l’hypothèse d’une participation de Lawson aux deux doubles manches néo-zélandaises de la série : le Taupo Super 440 (10-12 avril) et le Christchurch Super 440 (17-19 avril). Un porte-parole de Supercars a même confirmé au NZ Herald qu’il s’agissait d’« une idée qui avait émergé pour tenter de concrétiser quelque chose ». Toutefois, aucune discussion formelle n’a jamais eu lieu avec Lawson ou son équipe.
Un autre obstacle de taille se dressait : trouver un volant. Supercars peut théoriquement demander à une écurie de libérer une voiture, mais seule Triple Eight Racing bénéficie du soutien de Red Bull. Or, Broc Feeney et Will Brown, tous deux en lice pour le titre 2026, n’auraient sans doute pas accepté de céder leur place pour un week-end de course.
Le démenti sans équivoque de Lawson
Le pilote de Racing Bulls a été catégorique : « Il n’y a absolument rien de vrai là-dedans », a-t-il affirmé à RacingNews365. « Évidemment, lorsque ma carrière ne sera plus aussi centrée sur une seule discipline, peut-être pourrai-je me préparer correctement, et ce serait une expérience formidable. Mais pour l’instant, cette rumeur ne repose sur aucun fondement. »
Lawson ne cache pas son intérêt pour la discipline. Il a déjà pris le volant d’une Ford Mustang de Blanchard Racing Team lors du Festival de Motorsport d’Adélaïde, puis d’une Chevrolet Camaro de Triple Eight Race Engineering à Highlands Motorsport Park. Il ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur la série : « Le championnat est fantastique. Les organisateurs font un travail remarquable pour préserver l’authenticité des voitures. On y trouve toujours des V8 atmosphériques, des boîtes de vitesses séquentielles… Trois pédales, pas d’auto-blip. Ils ne renoncent pas à ces caractéristiques. »
Cependant, rêver d’y participer un jour est une chose ; s’y engager en pleine saison de Formule 1 en est une autre.
Une saison 2026 prometteuse chez Racing Bulls
Loin d’être en quête d’une alternative, Lawson traverse actuellement l’une des périodes les plus stables de sa jeune carrière en Formule 1. Après une saison 2025 particulièrement éprouvante — il avait été relégué de Red Bull à Racing Bulls après seulement deux Grands Prix au sein de l’équipe première —, le Néo-Zélandais aborde 2026 avec une confiance retrouvée.
Les résultats parlent d’eux-mêmes : une septième place au sprint et au Grand Prix de Chine, suivie d’une neuvième place au Japon. Trois courses, trois arrivées dans les points. « Honnêtement, nous n’avons pas été particulièrement rapides, mais nous parvenons tout de même à marquer des points à chaque course », a-t-il commenté pour PlanetF1.com. Avec 14 points au compteur, Racing Bulls occupe la septième place du championnat des constructeurs.
Son coéquipier Isack Hadjar contribue lui aussi aux performances de l’écurie, qui semble avoir trouvé son rythme dans cette nouvelle ère réglementaire.
La confiance de son équipe
Alan Permane, le directeur de Racing Bulls, confirme cette dynamique positive. Il voit en Lawson un talent exceptionnel qui commence enfin à s’exprimer dans des conditions optimales : « Je pense que le fait d’intégrer l’équipe dès le début a été déterminant, car on ne peut évidemment pas comparer cela à l’année dernière. »
Permane a toutefois identifié un axe d’amélioration pour le pilote de 24 ans : la régularité. « Ce qu’il doit faire, et ce qu’il est en train de réussir jusqu’à présent, c’est éliminer les erreurs. On ne peut pas se qualifier troisième sur la grille un week-end et être éliminé en Q1 le suivant. »
Lawson lui-même fait preuve de lucidité face aux exigences radicalement différentes de la F1 2026 : « La grande différence réside dans le fait qu’auparavant, nous passions l’essentiel de notre temps à optimiser l’équilibre de la voiture. Désormais, c’est la gestion de l’énergie qui occupe la majeure partie de nos discussions. Une grande partie du temps au tour en dépend. »
Un pilote serein et tourné vers l’avenir
Sous contrat avec Racing Bulls jusqu’à la fin de la saison 2026 au minimum, Lawson n’a aucune raison de regarder ailleurs. Sa position est claire, tout comme son objectif. « La situation est radicalement différente de celle de l’année dernière », a-t-il confié. « L’année dernière à la même époque, je me battais pour obtenir un volant. C’était une période très difficile, au tout début de ma carrière en F1. Aujourd’hui, en termes de stabilité, les choses sont bien meilleures, et je pense que tout le monde autour de moi est plus serein également. »
Alors, Lawson en Supercars ? Peut-être un jour, lorsque la Formule 1 ne sera plus sa priorité absolue. Mais en 2026, le Néo-Zélandais est déterminé à prouver sa valeur sur les circuits du monde entier — au volant d’une monoplace, et non d’une muscle car.






