Verstappen défie l'Enfer Vert : une annonce spectaculaire
C’est désormais officiel : Max Verstappen prendra part aux 24 Heures du Nürburgring 2026, qui se dérouleront du 14 au 17 mai. Le quadruple champion du monde de Formule 1 a été confirmé au volant de la Mercedes-AMG Team Verstappen Racing, dans le cadre d’un partenariat pluriannuel avec Mercedes-AMG Motorsport. L’annonce, orchestrée dans le style flamboyant de Red Bull, a pris une tournure mémorable : Max Manow a effectué un saut à l’élastique de 131 mètres depuis une tour de refroidissement pour révéler la livrée audacieuse de la Mercedes-AMG GT3 #3, parée des couleurs emblématiques de Red Bull.
Pour le Néerlandais, cette participation ne relève en rien d’un caprice. Il s’agit au contraire de l’aboutissement d’une démarche longuement mûrie, initiée dès 2025, et qui s’inscrit dans sa vision à long terme de la compétition automobile, au-delà des limites de la Formule 1.
Un quatuor d’exception aux côtés de Verstappen
Pour affronter les défis de la Nordschleife, Verstappen ne sera pas seul. Il partagera le volant de la Mercedes-AMG GT3 avec trois pilotes d’exception, tous rompus aux subtilités de ce circuit mythique :
- Lucas Auer (Autriche), finaliste du DTM et pilote Mercedes de longue date sur la Nordschleife ;
- Jules Gounon (Andorre), pilote d’usine Mercedes aguerri en endurance, déjà monté sur le podium des 24 Heures du Nürburgring en 2022 ;
- Daniel Juncadella (Espagne), proche confident de Verstappen et nouveau venu dans le programme Genesis Hypercar.
Auer, Gounon et Juncadella possèdent une connaissance approfondie des 25 kilomètres tortueux du circuit de l’Eifel, un atout précieux pour guider Verstappen dans les méandres de cette piste légendaire. « Notre équipe est extrêmement solide. Nous disposons d’une voiture très compétitive et d’un équipage de pilotes expérimentés », a déclaré Juncadella. De son côté, Gounon a confié : « Mon objectif est clairement d’obtenir un résultat encore plus probant que le podium de 2022. »
Un programme préparatoire méticuleusement élaboré
Verstappen n’abordera pas la Nordschleife sans une préparation rigoureuse. Le programme établi par Verstappen Racing est le fruit d’une planification méthodique :
- NLS1 (14 mars) : première sortie de la saison ;
- NLS2 (21 mars) : course préparatoire avec l’ensemble du quatuor ;
- Qualifications des 24 Heures du Nürburgring (18-19 avril) ;
- 24 Heures du Nürburgring (14-17 mai).
Ce calendrier n’a rien laissé au hasard. Mercedes a même négocié avec les organisateurs pour déplacer la manche NLS2, initialement prévue le 28 mars – en plein conflit avec le Grand Prix du Japon – au 21 mars. Une intervention diplomatique de haut vol, impliquant le président de Mercedes-Benz, Ola Källenius, et le directeur de Mercedes Motorsport, Toto Wolff.
Le Néerlandais peut également s’appuyer sur une expérience acquise dès 2025. En septembre dernier, il avait remporté la NLS9 dès sa première course en GT3, au volant d’une Ferrari 296 GT3 de l’équipe Emil Frey Racing, aux côtés de Chris Lulham. Il avait alors signé un tour en 7:51.514, à seulement deux secondes du record de la série. « C’était incroyable ! Remporter ma première course ici est tout simplement fantastique », avait-il déclaré après cette victoire historique.
Les motivations profondes de Verstappen
Pourquoi le quadruple champion du monde, toujours engagé en Formule 1 jusqu’en 2028, éprouve-t-il le besoin de se mesurer à la Nordschleife ?
« Le Nürburgring est un lieu unique. Il n’existe aucun autre circuit comparable. Les 24 Heures du Nürburgring figuraient depuis longtemps sur ma liste de vœux, et je suis ravi que ce projet se concrétise enfin », a-t-il expliqué.
Cette déclaration, empreinte de sincérité, révèle une passion authentique. Cependant, une autre dimension entre en jeu. En 2026, la Formule 1 évolue sous l’égide de nouvelles réglementations techniques, qui ont profondément divisé le paddock. Verstappen n’a pas caché son aversion pour ces nouvelles monoplaces, qu’il a qualifiées d’« anti-course » et de « Formule E sous stéroïdes ». Il a publiquement critiqué ces règles, déplorant notamment la gestion de la batterie, qui impose une conduite artificielle. Dans ce contexte, la liberté offerte par la Nordschleife apparaît comme un exutoire naturel. « Au moins, là-bas, on peut rouler à fond sans se soucier de sa batterie… », a-t-il glissé avec malice.
L’enthousiasme sans réserve de Red Bull
Du côté de Red Bull, cette initiative suscite un soutien unanime. Helmut Marko, conseiller de l’écurie autrichienne, a apporté son aval sans la moindre réserve : « De notre côté, c’est acté. Et je crois que du sien aussi. Je trouve formidable qu’un pilote encore en activité en Formule 1 se lance dans une telle aventure. Ceux qui se sont tournés vers l’endurance avaient tous déjà quitté la F1. »
Marko va même plus loin dans ses éloges : « L’enthousiasme qu’il manifeste montre à quel point la course représente tout pour lui. Il ne fait aucun doute qu’aux 24 Heures du Nürburgring, il sera en lice pour la victoire. »
La voiture arborera d’ailleurs les couleurs distinctives de Red Bull, avec Haribo comme sponsor supplémentaire, illustrant l’implication totale de l’empire Red Bull dans ce projet.
Un calendrier F1 qui complique la logistique
Si les 24 Heures en elles-mêmes n’entrent pas en conflit avec un Grand Prix, le programme préparatoire impose à Verstappen un marathon logistique d’une ampleur inédite. Entre le Grand Prix de Chine le 15 mars, la NLS2 le 21 mars dans l’Eifel, puis le Grand Prix du Japon le 29 mars, suivi des deux rendez-vous au Moyen-Orient avec Bahreïn le 12 avril et Djeddah, les allers-retours entre l’Europe et l’Asie s’annoncent éreintants.
Une charge de travail que Verstappen assume pleinement, fort de son expérience des contraintes du calendrier de Formule 1. Red Bull, qui entame la saison 2026 avec l’ambition de reconquérir les titres Constructeurs et Pilotes – après une saison 2025 difficile –, semble faire confiance à son pilote vedette pour gérer cette pression.
Quand les pilotes de F1 affrontent la Nordschleife
Si la démarche de Verstappen semble inédite, elle s’inscrit en réalité dans une tradition bien établie. Niki Lauda avait remporté les 24 Heures du Nürburgring en 1973 avec Alpina, bien avant sa carrière en Formule 1. Plus récemment, des pilotes comme Michael Schumacher ou Ralf Schumacher s’étaient essayés à des courses GT en marge de leur parcours en F1.
Ce qui distingue Verstappen, comme le souligne Helmut Marko, c’est qu’il relève ce défi au sommet de sa carrière, sans avoir quitté la Formule 1 au préalable. Une démarche rare, qui témoigne d’une passion inébranlable pour la compétition sous toutes ses formes.
Pour l’organisation de la course, la présence du quadruple champion a déjà des répercussions concrètes : les ventes de billets ont explosé depuis l’annonce, et les fans affluent pour assister à ce moment historique. Stefan Wendl, directeur de Mercedes-Benz Cars Customer Racing, a déclaré : « Nous sommes extrêmement fiers que Max Verstappen et son équipe fassent partie de notre engagement AMG. »
Un défi sportif de taille, loin d’une promenade de santé
Il serait toutefois erroné de sous-estimer l’ampleur du défi. La Nürburgring Nordschleife est unanimement considérée comme l’un des circuits les plus complexes et les plus périlleux au monde, avec ses 25 kilomètres de virages, de dénivelés et de changements de revêtement. Une course de 24 heures sur ce tracé représente une épreuve d’une intensité et d’une complexité hors norme, avec près de 200 voitures évoluant simultanément dans des conditions souvent nocturnes et pluvieuses.
Verstappen en est pleinement conscient, et c’est précisément pour cette raison qu’il a mis en place un programme préparatoire rigoureux dès 2025. Son meilleur tour en NLS9, en 7:51.514, témoigne déjà d’une maîtrise certaine. La victoire obtenue lors de cette même course prouve qu’il ne se contente pas de participer : il vient pour l’emporter.
Les 24 Heures du Nürburgring 2026 débuteront le samedi 16 mai à 15h00 (heure française) et seront diffusées en direct sur Viaplay, Red Bull TV et la chaîne YouTube Red Bull Motorsports. Un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte.






