Hamilton appelle l'Afrique à « reprendre ce qui lui appartient »

Paddock|
Lewis Hamilton lors d'une conférence de presse, portant sa combinaison Ferrari rouge

Lewis Hamilton a livré un discours puissant en conférence de presse du GP d'Australie 2026, appelant les pays africains à s'unir pour reprendre le contrôle de leurs ressources.

CM

Camille M

Camille M est une passionnée de Formule 1 depuis son plus jeune âge et qui souhaite partager sa passion au plus grand nombre.

Un plaidoyer sans détour en ouverture de saison

Lewis Hamilton n'a pas attendu longtemps pour faire parler de lui en ce début de saison 2026. Lors de la conférence de presse du Grand Prix d'Australie à Melbourne ce jeudi, le septuple champion du monde a livré des déclarations particulièrement fortes sur le continent africain, ses richesses et l'héritage du colonialisme.

Le pilote Ferrari, interrogé probablement sur son attachement à l'Afrique, n'a pas mâché ses mots : « Je pense que c'est la plus belle partie du monde et je n'aime pas que le reste du monde en possède une si grande partie et en prenne tant, et que personne n'en parle. »

« Reprenez-la aux Français, aux Espagnols, aux Portugais et aux Britanniques »

Hamilton est allé encore plus loin en nommant directement les anciennes puissances coloniales : « C'est ce que je veux voir. Reprenez-la aux Français. Reprenez-la aux Espagnols. Reprenez-la aux Portugais et aux Britanniques. »

Le Britannique a également appelé les dirigeants des pays africains à s'unir : « J'espère vraiment que les personnes qui dirigent ces différents pays s'uniront tous ensemble et reprendront l'Afrique. »

Il a souligné le potentiel immense du continent : « C'est tellement, tellement important pour l'avenir de ce continent. Ils ont toutes les ressources pour être l'endroit le plus grand et le plus puissant du monde, et c'est probablement la raison pour laquelle ils sont contrôlés de la manière dont ils le sont. »

Un combat de longue date

Ces déclarations ne sont pas une surprise pour ceux qui suivent Hamilton de près. Le pilote de 41 ans milite depuis des années pour que la Formule 1 retourne en Afrique, continent qui n'a plus accueilli de Grand Prix depuis l'édition sud-africaine de Kyalami en 1993.

En 2022, Hamilton avait voyagé en Namibie, au Rwanda, au Kenya et en Tanzanie, décrivant ces semaines comme « les meilleurs jours de toute sa vie ». En 2024, il avait poussé son exploration encore plus loin en visitant le Sénégal, le Mozambique et le Bénin, où il avait été honoré par un roi local et avait approfondi ses recherches sur ses racines familiales.

Hamilton avait déjà déclaré qu'il ne fallait plus « ignorer l'Afrique » et avait révélé travailler en coulisses avec des représentants du Rwanda et de l'Afrique du Sud pour ramener la F1 sur le continent. Le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, avait d'ailleurs salué publiquement l'engagement d'Hamilton, déclarant que « Lewis Hamilton s'est tenu debout, parfois seul, pendant des années, pour défendre l'Afrique ».

Un engagement qui dépasse la piste

Au-delà du sport, Hamilton utilise sa plateforme de plus de 37 millions d'abonnés sur Instagram pour changer la perception du continent africain. Là où beaucoup de célébrités visitent l'Afrique en mettant en avant ses difficultés, Hamilton a choisi de montrer sa beauté, sa culture et son potentiel.

Son appel de ce jeudi à Melbourne marque un nouveau cap dans son engagement. En ciblant nommément les anciennes puissances coloniales — France, Espagne, Portugal et son propre pays, le Royaume-Uni — Hamilton s'inscrit dans un discours résolument décolonial, rare dans le monde du sport de haut niveau.

Reste à savoir si ces propos, tenus dans le cadre officiel d'une conférence de presse FIA, susciteront des réactions au sein du paddock ou au-delà. Une chose est sûre : en cette ouverture de saison F1 2026, Hamilton prouve une fois de plus qu'il est bien plus qu'un pilote de course.

Un contexte favorable pour la F1 en Afrique

Les déclarations d'Hamilton interviennent alors que les discussions pour ramener un Grand Prix en Afrique se poursuivent. Le Rwanda a présenté un projet de circuit permanent, et l'Afrique du Sud a lancé un comité de pilotage officiel pour préparer une candidature. Le CEO de la F1, Stefano Domenicali, a confirmé que des pourparlers étaient en cours avec plusieurs pays du continent.

Hamilton, qui est signé sur un contrat pluriannuel avec Ferrari, aura probablement l'occasion de voir son rêve se réaliser avant la fin de sa carrière en Formule 1.