Gasly passager de Leclerc : et si Ferrari y songeait sérieusement ?

Paddock|
Pierre Gasly en Alpine F1 rose et bleue sur le circuit de Monaco

Pierre Gasly en passager aux côtés de Charles Leclerc : une scène amusante qui soulève une hypothèse plus sérieuse. Et si le Français intégrait un jour la Scuderia ? Décryptage d’une éventualité séduisante.

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Camille M

Camille M est une passionnée de Formule 1 depuis son plus jeune âge et qui souhaite partager sa passion au plus grand nombre.

Gasly aux côtés de Leclerc : d’abord passager, puis coéquipier ?

L’image est savoureuse : Pierre Gasly, pilote Alpine, installé comme simple passager dans la Ferrari de son ami Charles Leclerc. Une expérience dépourvue de tout caractère officiel, mais qui suscite une interrogation que certains amateurs de Formule 1 formulent avec un sourire : et si, un jour, les deux Monégasques d’adoption – l’un par le cœur, l’autre par la naissance – se retrouvaient côte à côte dans le garage de Maranello ?

Avant de s’emballer, précisons-le d’emblée : il s’agit là d’une hypothèse purement spéculative, nourrie par l’amitié notoire qui unit les deux pilotes et par les interrogations entourant l’avenir des grands équipages en Formule 1. Pourtant, les plus belles histoires naissent parfois d’une boutade.

Deux amis, une histoire commune de longue date

L’amitié entre Gasly et Leclerc ne date pas de leur arrivée en Formule 1. Leurs liens remontent aux années karting, époque où le Normand avait même devancé le Monégasque lors du championnat de France. Depuis, leurs parcours professionnels ont divergé – l’un chez Ferrari, l’autre chez AlphaTauri puis Alpine –, mais leur complicité, elle, est restée intacte.

On les a vus ensemble chez le YouTubeur Squeezie, on les a croisés à Monaco lors d’événements caritatifs, et Gasly n’a jamais manqué une occasion de taquiner gentiment son ami. Autant dire que l’idée d’un duo Gasly-Leclerc dans les couloirs de Maranello ne manquerait pas de piquant.

Selon des informations relayées par plusieurs médias, Gasly avait même été informé en amont des discussions entre Ferrari et Lewis Hamilton : « J’étais au courant de certaines tractations avec Ferrari. En fin de compte, il approche de la fin de sa carrière, donc c’est maintenant ou jamais. Je pense que cela est resté secret assez longtemps. Je lui souhaite simplement le meilleur », avait-il confié.

La situation contractuelle de Gasly : Alpine jusqu’en 2028

Il serait vain de laisser libre cours à l’imagination sans rappeler la réalité contractuelle. Pierre Gasly a prolongé son engagement avec Alpine jusqu’à la fin de l’année 2028. Une signature saluée par Flavio Briatore en personne : « Nous sommes bien préparés pour la nouvelle ère de la Formule 1, qui débutera en 2026, et nous avons désormais notre pilote leader confirmé pour nous mener loin dans l’avenir. »

Aux côtés de Franco Colapinto, Gasly incarne la figure de proue d’Alpine dans cette phase de transition. Avec le passage aux moteurs Mercedes, l’écurie française espère retrouver sa compétitivité. Cependant, les résultats ne sont pas encore au rendez-vous : lors des essais de pré-saison à Bahreïn, Gasly accusait un retard de plus d’1,4 seconde sur Leclerc. Et au Grand Prix d’Australie, il a terminé 18e des essais libres 1, derrière son coéquipier Colapinto.

Pour approfondir les difficultés actuelles de Gasly chez Alpine, nous vous invitons à consulter notre article : Gasly chez Alpine : un talent entravé par une monoplace en construction.

Ferrari après Sainz : un siège attribué, un avenir encore incertain

La Scuderia a tourné la page Carlos Sainz à l’issue de la saison 2024 en recrutant Lewis Hamilton pour épauler Charles Leclerc. Un choix retentissant, mais dont les premiers résultats se sont révélés décevants : en 2025, Hamilton n’a décroché aucun podium, une première depuis de nombreuses années, et a terminé sixième du championnat, derrière son propre coéquipier.

Le départ de Sainz avait pourtant ouvert une réflexion sur le profil idéal pour accompagner Leclerc. Plusieurs noms avaient circulé. Sainz lui-même n’avait pas fermé la porte à un éventuel retour : « Ma porte restera toujours ouverte », avait-il glissé, avant d’ajouter vouloir d’abord reconstruire un projet gagnant chez Williams.

Hamilton est désormais en place pour plusieurs saisons, et la SF-26 semble plus prometteuse. Lors des EL1 du GP d’Australie, Leclerc a signé le meilleur temps en 1'20"267, avec Hamilton dans son sillage. Néanmoins, la question de l’après-Hamilton – ou d’un éventuel troisième pilote de haut niveau – reste ouverte à plus long terme.

Le profil de Gasly : atouts et limites

Sur le papier, Pierre Gasly possède des qualités indéniables. Vainqueur du Grand Prix d’Italie 2020 avec AlphaTauri – l’une des performances les plus remarquables d’un pilote de milieu de grille ces dernières années –, il a accumulé cinq podiums au total, avec une régularité qui force l’admiration. Sa capacité à tirer le meilleur d’une monoplace limitée est unanimement reconnue dans le paddock.

Son style de pilotage – à la fois agressif et propre, avec une gestion optimale des pneumatiques – pourrait s’accorder avec la philosophie de Ferrari. Toutefois, son passage chez Red Bull Racing avait révélé une facette moins reluisante : incapable d’exploiter pleinement la RB15 au niveau de son coéquipier Max Verstappen, il avait été renvoyé chez AlphaTauri après seulement quelques courses.

Cette expérience soulève une question cruciale : Gasly a-t-il le niveau requis pour évoluer au sein d’une écurie de premier plan ? Ou son talent ne s’épanouit-il que dans un environnement plus bienveillant ?

Pour approfondir les défis de la F1 en 2026, retrouvez nos analyses : Gasly : « Des situations jamais vues » au volant d’une F1 en 2026.

Et les autres prétendants ?

Dans l’hypothèse d’un futur siège disponible chez Ferrari, Gasly ne serait évidemment pas le seul candidat en lice. Le marché des transferts en Formule 1 regorge toujours de profils ambitieux.

Carlos Sainz, désormais chez Williams, reste un nom récurrent dans les spéculations autour de Ferrari. Cependant, son projet à long terme semble clairement axé sur la renaissance de l’écurie britannique. D’autres jeunes talents, issus des programmes juniors des grandes écuries, pourraient également se positionner.

La compétition pour un volant chez Ferrari est l’une des plus féroces du paddock. Comme le dit l’adage dans le milieu : « Quand Ferrari appelle, on répond présent. » Même si, pour l’instant, personne ne semble composer ce numéro pour Gasly.

Passager aujourd’hui, coéquipier demain ?

La réalité, c’est que l’image de Gasly en passager dans la Ferrari de Leclerc reste avant tout un moment de complicité entre deux amis d’enfance, unis par leur passion pour la compétition automobile. Rien de plus.

Pourtant, la Formule 1 est une discipline où les scénarios les plus improbables finissent parfois par se concrétiser. Qui aurait parié sur l’arrivée de Lewis Hamilton chez Ferrari il y a seulement trois ans ? Le marché des transferts demeure un feuilleton riche en rebondissements, et l’horizon 2026-2028 promet encore son lot de surprises.

En attendant, Gasly a une mission : démontrer qu’Alpine peut s’imposer dans cette nouvelle ère réglementaire, propulsée par les moteurs Mercedes. C’est peut-être là que se jouera, ou non, sa crédibilité pour la suite de sa carrière. Une éventuelle montée en puissance qui, qui sait, pourrait finir par attirer l’attention de Maranello.

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