Le premier pilote à découvrir le futur Grand Prix d’Espagne
Un moment historique s’est déroulé le 16 mai 2026 : Carlos Sainz est devenu le tout premier pilote de Formule 1 à accomplir un tour complet du Madring, le futur circuit du Grand Prix d’Espagne à Madrid. Aux commandes d’une Ford Mustang GT développant 450 chevaux, l’Espagnol a parcouru les 5,4 kilomètres et les 22 virages d’un tracé encore en construction, livrant au monde entier ses premières impressions sur ce qui s’annonce comme l’une des nouvelles attractions majeures du championnat.
Situé à seulement cinq minutes de l’aéroport Adolfo Suárez Madrid-Barajas et enserrant le centre d’exposition IFEMA, le circuit devrait accueillir sa première course de Formule 1 en septembre 2026, marquant ainsi le retour de Madrid dans le championnat du monde après quarante-cinq ans d’absence, depuis l’époque du circuit de Jarama.
« Je ne m’attendais pas à autant de plaisir »
Les propos de Sainz, après ses premiers tours de roue, ne laissent planer aucun doute. « C’était franchement impressionnant », a-t-il confié. « Je ne m’attendais pas à m’amuser à ce point, ni à ce que le tracé soit aussi fluide et large. Si l’on va déjà vite avec cette voiture, imaginez ce que ce sera avec une monoplace de Formule 1. »
Le Madrilène a particulièrement été surpris par la vitesse que permet le circuit. « C’est plus rapide qu’il n’y paraît », a-t-il répété à plusieurs reprises, soulignant la présence de longues courbes rapides qui lui ont évoqué certains des tracés les plus légendaires du championnat. « Cela me rappelle beaucoup Spa et Silverstone, car ce sont des virages extrêmement rapides. »
Cette comparaison avec deux temples de la Formule 1 en dit long sur le potentiel spectaculaire du nouveau tracé espagnol. La section des Esses de Valdebebas, en particulier, promet de devenir l’une des séquences les plus exigeantes et exaltantes pour les pilotes.
La Monumental : le virage qui impressionne même les plus aguerris
Si une portion du circuit a particulièrement marqué Sainz, c’est bien La Monumental, le virage emblématique du Madring. Cette courbe surélevée, longue de 550 mètres et inclinée à 24 %, s’étend sur le virage 12 du tracé. Sa ressemblance avec le célèbre virage Luyendyk de Zandvoort en fait d’emblée l’un des éléments signature du circuit.
« C’est ce qui m’a le plus impressionné », a avoué Sainz. « Je pensais que La Monumental se contentait d’un simple dévers, mais non : non seulement elle en possède un, mais elle est aussi aveugle. Vous avez créé un sacré mélange. On ne voit que le ciel. De Madrid au ciel ! »
Cette section pourra accueillir jusqu’à 45 000 spectateurs dans les tribunes disposées de part et d’autre, promettant une atmosphère électrique pour les premiers Grands Prix.
Un tracé technique qui récompense la précision
Au-delà des sensations pures, Sainz s’est également exprimé sur les aspects stratégiques et techniques du tracé. Le circuit présente un dénivelé significatif, les monoplaces s’élevant jusqu’au quartier de Las Cárcavas, point culminant à 697 mètres au virage 7, avant de redescendre par la section rapide et technique du Bunker. Certaines portions incluent même une ligne droite avec une pente de 8 %.
En matière de dépassements, l’Espagnol se montre optimiste. « Il y a deux longues lignes droites, ce qui va générer de nombreuses opportunités de dépassement, surtout avec cette génération de voitures où la gestion de l’énergie sera cruciale avant d’aborder une autre longue ligne droite », a-t-il expliqué. « Et même dans la partie intérieure du tracé, il y aura des endroits propices aux dépassements. L’élan permet de suivre de près, car on peut choisir différentes trajectoires et placer sa voiture dans l’air propre. »
La gestion énergétique sera donc un facteur clé du spectacle madrilène. Sainz a précisé qu’il faudrait « être très stratégique dans l’utilisation de la batterie pour dépasser aux virages 1 et 4 ».
Sainz, ambassadeur passionné du Madring
Carlos Sainz n’est pas seulement le premier pilote à avoir tourné sur ce circuit : il en est également l’ambassadeur officiel. Un rôle qu’il assume avec une conviction totale, ayant même participé à certains aspects de la conception du tracé.
« Madrid est la plus belle ville du monde et celle qui me manque le plus lorsque je m’en éloigne. Devenir l’ambassadeur du Madring était une évidence, car je crois sincèrement que nous pouvons construire le meilleur circuit au monde. J’ai une confiance absolue en Madrid — elle est inégalable. »
Son enthousiasme pour le projet dépasse le cadre d’un simple contrat commercial. Lors de la pose de la première pierre, il avait déjà exprimé sa fierté de représenter sa ville natale. Et face à ses collègues pilotes qui s’interrogeaient sur le circuit, il s’est voulu rassurant : « Je leur ai dit de ne pas s’inquiéter, que j’allais tout faire pour que le circuit offre un spectacle à la hauteur. »
Sainz pilotait ici pour le compte de Williams, l’écurie qu’il a rejointe en 2025 après son départ de Ferrari, et avec laquelle il espère briller devant son public.
Un tracé hybride, entre urbain et permanent
Le Madring se distingue par son caractère hybride, à mi-chemin entre un circuit urbain et un tracé permanent. Long de 5,4 kilomètres, il combine des sections empruntant des routes publiques avec des portions spécialement construites pour la Formule 1, traversant des quartiers madrilènes comme Hortaleza et passant même sous un tunnel.
Selon les promoteurs, 90 % des spectateurs pourront accéder au circuit via les transports en commun, faisant du Madring l’un des événements les plus accessibles du calendrier mondial. La capacité d’accueil est estimée à plus de 110 000 spectateurs par jour, avec une perspective de croissance jusqu’à 140 000.
Sur le plan économique, l’accord couvrant la période 2026-2035 devrait générer environ 450 millions d’euros d’impact annuel pour la région. Un investissement de 83,2 millions d’euros a été consacré à la construction du circuit, dont l’achèvement était prévu pour mai 2026 en vue de son homologation par la FIA.
Pendant ce temps, Barcelone conservera sa place au calendrier de la Formule 1 selon un principe de rotation (2028, 2030 et 2032), ce qui signifie que l’Espagne pourrait parfois accueillir deux Grands Prix la même année — un privilège dont peu de pays peuvent se prévaloir.
Un rêve devenu réalité pour le fils de Madrid
Pour Sainz, qui a grandi dans la capitale espagnole et porté les couleurs de son pays tout au long de sa carrière en Formule 1, ces premiers tours revêtent une dimension émotionnelle particulière. « C’est très difficile à décrire, car c’est un rêve que j’ai toujours caressé : avoir l’opportunité de courir dans ma ville natale », avait-il confié avant même cette première prise en main.
Et après avoir bouclé ces tours historiques, l’émotion était toujours palpable : « Cela a été une journée extrêmement émouvante, mais ce n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend en 2026. L’année prochaine sera exceptionnelle pour Madrid, lorsqu’elle deviendra une étape du championnat du monde de Formule 1, et je trépigne d’impatience ! »
Le Grand Prix d’Espagne 2026 au Madring, prévu du 11 au 13 septembre, s’annonce déjà comme l’un des rendez-vous les plus attendus de la saison. Avec un tracé ambitieux, une foule en liesse et Carlos Sainz comme figure de proue, Madrid s’apprête à écrire une nouvelle page de l’histoire de la Formule 1.






