Fabio Quartararo et la Formule 1 : un rêve ancré dans le temps
Champion du monde MotoGP, adulé en France et respecté dans l’ensemble du paddock moto, Fabio Quartararo porte parfois son regard vers les monoplaces, les yeux emplis d’une fascination non dissimulée. Le Niçois a maintes fois exprimé, depuis 2021, son aspiration à piloter une Formule 1. Un rêve qu’il a d’abord évoqué avec une certaine retenue, avant qu’il ne prenne progressivement de l’ampleur.
« L’un de mes rêves serait de conduire une Formule 1. Pour l’instant, je me concentre sur le MotoGP, mais dans un avenir très lointain, cela pourrait devenir une option de carrière », confiait-il en avril 2021. Une ambition d’abord discrète, presque timide, mais qui n’a cessé de grandir au fil des saisons.
En 2022, lors du Grand Prix de France, il franchit une étape supplémentaire en déclarant sur la grille de départ : « Nous œuvrons pour pouvoir essayer une F1 d’ici la fin de l’année, alors nous croisons les doigts. La F1 est très différente du MotoGP, mais j’aime beaucoup cela. J’espère pouvoir prendre le volant d’une monoplace un jour. » Une annonce qui avait suscité un véritable émoi dans les deux paddocks.
La frustration Yamaha, carburant d’une ambition grandissante
Pour saisir toute la portée de ce désir, il convient de replacer Quartararo dans son contexte sportif actuel. Depuis son titre mondial en 2021 – une saison étincelante marquée par cinq victoires et dix podiums –, le Français a vu ses performances s’effriter inexorablement, victime d’une Yamaha M1 dépassée par la concurrence, notamment Ducati.
En 2024, il a terminé le championnat à une décevante treizième place, sans le moindre podium à son actif. Lui qui avait remporté onze victoires et trente-deux podiums sur la M1 se retrouvait condamné à tourner en rond, dans l’attente vaine d’un nouveau moteur V4 promis par Yamaha pour 2026. Face à l’absence de progrès tangibles, la rupture est devenue inéluctable.
Cette frustration sportive a indéniablement alimenté son envie d’explorer d’autres horizons. Comme il l’a lui-même admis : « Je veux une moto compétitive ; c’est tout ce que je souhaite pour l’instant, une machine avec laquelle je puisse à nouveau lutter pour la victoire. » Dans son esprit, la Formule 1 incarne désormais ce que le MotoGP ne lui offre plus : l’opportunité de se battre pour les premières places.
Honda plutôt que la F1 : la réalité des contrats
Cependant, les rêves se heurtent parfois à la réalité des engagements contractuels. Quartararo quittera Yamaha à l’issue de la saison 2026 pour rejoindre HRC – Honda Racing Corporation – pour les saisons 2027 et 2028. Une décision qu’il avait évoquée avec une certaine sérénité : « Je ne peux pas vous révéler mes projets. Ce que je peux dire, c’est que mon choix est fait, et il est clair. Mentalement, cela m’aide à rester plus serein et à continuer à donner le maximum. »






