Max Verstappen affronte la NLS2 au Nürburgring le 21 mars 2026 aux côtés de Juncadella et Gounon au volant d'une Mercedes AMG GT3. Découvrez les enjeux de ce défi hors norme sur le circuit le plus redoutable du sport automobile.
Denis D est un passionné de Formule 1 et un bloggeur amateur spécialisé en technique automobile.
Quand le quadruple champion du monde défie l'Enfer Vert
Quadruple champion du monde de Formule 1, vainqueur de multiples Grands Prix, Max Verstappen a choisi de se mesurer à l’un des défis les plus redoutables du sport automobile : la Nordschleife du Nürburgring. Ce samedi 21 mars 2026, le Néerlandais s’élancera au départ de la 58ᵉ édition de l’ADAC Barbarossapreis, deuxième manche de la Nürburgring Langstrecken-Serie (NLS2), aux commandes de la Mercedes-AMG GT3 EVO de l’écurie Mercedes-AMG Team Verstappen Racing. Les qualifications débuteront à 8 h 30 CET, tandis que le départ de cette course d’endurance de quatre heures sera donné à 12 h 00 CET.
Le spectacle promet d’être saisissant : un pilote habitué aux circuits ultramodernes de la Formule 1 confronté à ce tracé légendaire de 24,358 kilomètres, bosselé, imprévisible et impitoyable. Verstappen ne cache d’ailleurs pas son enthousiasme : « La Nordschleife est un endroit unique. Il n’existe aucun autre circuit comparable. Les 24 Heures du Nürburgring figuraient depuis longtemps sur ma liste de défis à relever, et je suis ravi que nous puissions enfin y participer. »
Une opportunité calendaire en or
Cette participation n’aurait pu voir le jour sans un heureux concours de circonstances. Initialement prévue le 28 mars – en conflit avec le Grand Prix du Japon –, la NLS2 a été avancée d’une semaine pour s’insérer entre les Grands Prix de Chine et du Japon en Formule 1. Une décision prise par les organisateurs de la NLS, conscients de l’impact médiatique positif que représenterait la présence de Verstappen pour la visibilité internationale de la série.
Il faut dire que Red Bull et Verstappen ont œuvré activement pour rendre ce programme possible, avec le soutien officiel de la marque aux ailes rouges. La livrée de la Mercedes-AMG Team Verstappen Racing, aux couleurs de Red Bull, avait d’ailleurs été dévoilée de manière spectaculaire : un saut en B.A.S.E. de 131 mètres depuis une tour de refroidissement, exécuté par Max Manow. Un coup d’éclat digne de la tradition Red Bull.
Un équipage de rêve pour dompter la Nordschleife
Si Verstappen apporte son talent brut et sa notoriété internationale, il peut compter sur deux coéquipiers d’exception pour affronter les 73 virages et les plus de 20 kilomètres de la Nordschleife.
Daniel Juncadella : le technicien de l’endurance
L’Espagnol Dani Juncadella, passé par la monoplace – où il fut pilote de réserve chez Force India après avoir remporté la F3 Euro Series – a fait de l’endurance GT son terrain de prédilection. Son palmarès est éloquent : champion du GT World Challenge Europe en 2022 et vainqueur des 24 Heures de Spa, notamment aux côtés de Jules Gounon. Il confie :
« Je suis incroyablement fier de rejoindre la Mercedes-AMG Team Verstappen Racing. J’adore les 24 Heures du Nürburgring. J’y cours depuis de nombreuses années, et j’espère enfin pouvoir prétendre à la victoire. »
Jules Gounon : le recordman de Bathurst
Le pilote andorran Jules Gounon est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes GT de sa génération. Codétenteur du record de victoires aux 12 Heures de Bathurst avec trois succès, double vainqueur des 24 Heures de Spa, champion du GT World Challenge Europe et de l’ADAC GT Masters, il fait figure de référence absolue dans ce type d’épreuves. Cette saison, il dispute également le championnat Hypercar avec Alpine. Les deux hommes ont déjà partagé des essais à Estoril, comme le rapporte Gounon : « J’ai déjà effectué deux jours d’essais incroyables avec Max à Estoril. Je suis convaincu que nous serons parfaitement préparés. »
Les règles impitoyables de la Nordschleife : même les champions doivent s’y plier
La Nordschleife n’est pas un circuit comme les autres, et ses règles de sécurité sont draconiennes. En cas de double drapeau jaune, la vitesse est limitée à 120 km/h, et peut être suivie d’une zone « Code 60 », où les pilotes ne doivent pas dépasser 60 km/h. Ces contraintes sont non négociables, quelle que soit la renommée du pilote.
Par ailleurs, le système de licences y est particulièrement strict. Pour accéder à la catégorie reine SP9 – celle des GT3 –, un pilote doit avoir accompli au moins sept tours sans incident lors d’une seule course NLS, ce qui lui permet d’obtenir le fameux « Permis A ». Verstappen a rempli ces conditions l’an dernier : il avait d’abord roulé sous un pseudonyme (« Franz Hermann ») lors de journées d’essais, disputé sa première course NLS au volant d’une Porsche 718 Cayman GT4 CS pour obtenir sa licence, avant de revenir dans une Ferrari 296 GT3 pour… remporter la victoire dès sa première participation ! Une trajectoire qui illustre parfaitement ses capacités d’adaptation.
Un plateau de 136 voitures et des adversaires de taille
La NLS2 2026 s’annonce comme un événement exceptionnel, avec 136 voitures au départ, dont 26 dans la classe SP9. Pour ce qui constitue l’ouverture effective de la saison – la NLS1 ayant été annulée en raison des conditions météorologiques hivernales –, l’élite de l’endurance mondiale sera au rendez-vous.
Rowe Racing, le grand favori
Les principaux prétendants à la victoire générale sont les BMW M4 GT3 de Rowe Racing, notamment la n°98 partagée par Augusto Farfus, Raffaele Marciello et Sheldon van der Linde. Ce trio, alliant expérience et vitesse, est considéré comme le grand favori. Et pour cause : cette même équipe avait remporté les 24 Heures du Nürburgring 2025 de manière magistrale, offrant à BMW sa 21ᵉ victoire dans l’épreuve.
Red Bull Team ABT et la Lamborghini Huracán
Autre concurrent à surveiller de près : la Lamborghini Huracán GT3 EVO II n°130 du Red Bull Team ABT, pilotée par le champion DTM Mirko Bortolotti, l’expert de la Nordschleife Marco Mapelli, Luca Engstler et Patric Niederhauser. Un équipage taillé pour la victoire.
Falken et Dunlop Motorsport : les spécialistes Porsche
Falken et Dunlop Motorsport alignent deux Porsche 911 GT3 R, avec notamment Nico Menzel et Dorian Boccolacci sur la n°17. Spécialistes incontestés de la Nordschleife, ces équipes représentent une menace constante sur leur terrain de prédilection.
Sans oublier la nouvelle Aston Martin Vantage de Walkenhorst Motorsport, avec le détenteur du record Christian Krognes, les Ford Mustang GT3 de Haupt Racing Team, ou encore la Ferrari 296 GT3 de Rinaldi Racing, pilotée notamment par Thierry Vermuelen – un Néerlandais soutenu par Verstappen Racing tout au long de sa carrière, qui se retrouvera ce week-end en compétition directe face à son mentor.
Une préparation en vue des 24 Heures
Derrière cette participation à la NLS2 se profile une ambition bien plus vaste. La Mercedes-AMG Team Verstappen Racing a officiellement annoncé son engagement pour les 24 Heures du Nürburgring 2026, prévues du 14 au 17 mai. L’équipage pour cette grande épreuve sera composé de Max Verstappen, Dani Juncadella, Jules Gounon et Lucas Auer, ce dernier n’étant pas encore intégré à l’équipage pour la NLS2.
Verstappen est très clair quant à ses objectifs pour samedi : « Le vendredi sera consacré aux essais, afin que je me remette à niveau avec la voiture. Ensuite, il s’agira d’accumuler de l’expérience en course et d’optimiser les réglages pour les 24 Heures. »
Pour Mercedes-AMG, les enjeux sont également de taille. Christoph Sagemüller, directeur de Mercedes-AMG Motorsport, ne cache pas ses ambitions : « Les 24 Heures du Nürburgring représentent l’épreuve ultime pour Mercedes-AMG Motorsport. » La marque à l’étoile entend renouer avec la victoire au classement général, dix ans après son dernier succès dans l’épreuve.
Verstappen, un champion avide de défis
Ce qui frappe dans cette aventure, c’est la détermination de Verstappen à sans cesse se surpasser, même au sommet de sa carrière en Formule 1. Alors que la saison 2026 s’annonce difficile avec une RB22 en surpoids de 19 kg, le quadruple champion choisit de s’épanouir dans d’autres formes de compétition.
Il y a quelque chose de profondément authentique dans cette démarche. L’an dernier, il s’était glissé sous le pseudonyme de « Franz Hermann » pour effectuer ses premiers tours de roue sur la Nordschleife sans pression médiatique, avant de remporter sa première course GT3. Cette humilité face à un circuit légendaire, alliée à sa compétitivité naturelle, dessine le portrait d’un champion accompli.
Avec des prévisions météorologiques favorables – 12 degrés et ensoleillé pour ce samedi –, les conditions devraient être idéales pour que l’Enfer Vert révèle ses secrets à celui qui domine déjà la Formule 1. La NLS2 2026, bien plus qu’une simple course préparatoire, est l’occasion pour Verstappen de prouver, une fois encore, que les grands champions n’hésitent jamais à sortir de leur zone de confort.